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CRITIQUE | Les Violons du Roy et Avi Avital: le charme discret de la mandoline

Par Emmanuel Bernier le 23 novembre, 2018

Avi Avital
Avi Avital, mandoliniste, est l’invité des Violons du Roy cette semaine. (Photo: courtoisie)

Pour la première fois de leur histoire, les Violons du Roy présentaient hier soir à Québec un programme mettant en vedette la mandoline, un instrument peu sollicité sur la scène classique. L’ensemble n’a pas lésiné sur les moyens en invitant le plus grand mandoliniste de notre époque, l’Israélien Avi Avital, qui a déjà quatre disques à son actif chez Deutsche Grammophon.

Deux semaines après s’être produit sur la scène du Stern Auditorium au Carnegie Hall avec l’excellent orchestre de chambre Orpheus, le musicien est arrivé à Québec avec trois des jalons du répertoire – somme toute limité pour mandoline et orchestre.

Dès son entrée sur la scène de la salle Raoul-Jobin, Avital charme par sa présence magnétique. Chemise échancrée, chevelure rebelle, l’artiste a la dégaine d’un Don Juan qui remplirait assurément son « catalogue » de conquêtes d’un pincement de corde.

Campé sur un podium entre la violon solo Pascale Giguère et le chef Jonathan Cohen, qui dirige l’orchestre à partir du clavecin, il entretient une complicité de tous les instants avec ces deux partenaires. Le lien entre le mandoliniste et son instrument, serré, pour ne pas dire bercé contre son ventre, est quasi charnel. Jouant de mémoire, il montre un sens aigu des nuances, particulièrement dans les mouvements lents des deux concertos de Vivaldi, où l’orchestre, d’une discrétion exemplaire, laisse le soliste distiller son art avec un suprême raffinement.

 

À d’autres moments, c’est le virtuose qui se révèle, comme dans le dernier mouvement du Concerto en do majeur de Vivaldi, où on peine à suivre le ballet digital balayant le manche de l’instrument. Dans l’Allegretto du Concerto en mi bémol attribué à Paisiello, on croirait presque avoir affaire à une rockstar : Avital transcende la relative pauvreté de l’œuvre par un engagement continu.

 

En formation légère – seulement 14 musiciens sur scène –, l’orchestre est loin d’être cantonné à un rôle d’accompagnateur, puisque lui et son chef ont proposé pas moins de quatre concertos grossos : deux de Haendel, un de Durante et un de Avison.

Contrairement aux musiciens, qui semblaient moins en forme qu’à leur habitude – plusieurs scories sont survenues aux violons et aux altos, notamment dans le Concerto no 4 de Haendel et dans le premier mouvement du Concerto no 8 de Durante –, le chef Jonathan Cohen est apparu sous son meilleur jour, insufflant une irrésistible vitalité dans les morceaux rapides comme le dernier mouvement du Concerto no 12 de Haendel, ou pétrissant avec tendresse les mouvements lents, entre autres dans le Largo du Concerto no 7 d’Avison ou la splendide Aria du no 12 de Haendel. Les plans dynamiques, excellement définis – des piani murmurés et des forte plein mais jamais forcés – méritent également tous les éloges.

Ce concert sera également présenté le 23 novembre, 19:30 à la salle Bourgie. DÉTAILS

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Emmanuel Bernier

Emmanuel Bernier

Emmanuel Bernier a étudié au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, où il a obtenu un Prix avec distinction en orgue et un diplôme d’études supérieures en chant. Il a été collaborateur au quotidien Le Soleil et écrit régulièrement pour la revue L’Opéra et le site Bachtrack. Il effectue présentement des études de maîtrise en histoire à l’Université Laval.
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Emmanuel Bernier a étudié au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, où il a obtenu un Prix avec distinction en orgue et un diplôme d’études supérieures en chant. Il a été collaborateur au quotidien Le Soleil et écrit régulièrement pour la revue L’Opéra et le site Bachtrack. Il effectue présentement des études de maîtrise en histoire à l’Université Laval.
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