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CRITIQUE | OSM: Chaakapesh, un coup de maître pour lancer la saison

Par Jeanne Hourez le 7 septembre, 2018

Florent Vollant faisait la narration de l'opéra en innu. (Crédit: Antoine Saito)
Florent Vollant faisait la narration de l’opéra en innu. (Crédit: Antoine Saito)

Pour inaugurer sa 85ème saison, l’OSM n’a pas lésiné sur les moyens lors de son premier concert. Le programme, articulé autour de la thématique du conte, comprenait Chaakapesh, le périple du fripon, un opéra de chambre, accompagné par deux grands classiques du répertoire, Le sacre du printemps de Stravinsky et le Boléro de Ravel.

Fort d’une volonté de mélanger les cultures et de rassembler les peuples à travers l’art – et plus particulièrement la musique – l’OSM a commandé un opéra de chambre à Tomson Highway (livret) et Matthew Ricketts (musique) en 2017. Le résultat de cette collaboration de culture mixte est un magnifique conte narré (en innu le 6 septembre, en inuktitut le 8) et chanté par Owen McCausland dans le rôle-titre et Geoffroy Salvas dans les personnages de Mantoo et la baleine. Cet opéra fera l’objet d’une tournée dans diverses communautés autochtones du Nord du Québec.

Au-delà de l’admirable travail musical réalisé par le compositeur, qui n’hésite pas à nous plonger dans une atmosphère fantastique grâce à l’utilisation de certains timbres ou effets orchestraux, cette création mondiale est surtout l’occasion de diffuser un message de partage et de réunion de plusieurs communautés à travers l’art. Le livret a la particularité d’avoir été traduit et adapté en cinq langues, étayant cette volonté de rassembler les cultures autour de traditions issues du conte. La mise en scène et les décors plutôt épurés permettent à l’auditeur de ne pas être distrait par des détails inutiles tout en l’invitant à s’échapper d’une version exclusivement musicale qui pourrait rapidement devenir ennuyante.

 

Cet opéra présenté les 6 et 8 septembre à la Maison symphonique fera l’objet d’une tournée dans le Nord du Québec. (Crédit: Antoine Saito)
Cet opéra présenté les 6 et 8 septembre à la Maison symphonique fera l’objet d’une tournée dans le Nord du Québec. (Crédit: Antoine Saito)

Cette découverte est aussi un prétexte pour se plonger dans le monde des contes traditionnels des Premières nations, qui n’est pas sans points communs avec certaines légendes russes. Highway et Ricketts ont réussi un coup de maître en proposant une pièce moderne mariant parfaitement les différentes inspirations, très imagée autant dans la partition que dans le véritable propos du texte.

Il ne fut pas difficile de discerner, dans les inspirations musicales, quelques sonorités très stravinskiennes, chaleureuses et rythmées, tandis qu’à d’autres moments, les couleurs harmoniques comportaient plutôt des accents français, tels Ravel ou Debussy. Très intéressant également fut le mélange de voix parlée et chantée quand la narration en innu (Florent Vollant, expressif et envoûtant) alternait ou se superposait aux voix des deux chanteurs (solides et très convaincants dans leur rôle respectif).

 

L'équipe créative de Chaakapesh, le périple du fripon, avec l'OSM. (Crédit: Antoine Saito)
L’équipe créative de Chaakapesh, le périple du fripon, avec l’OSM. (Crédit: Antoine Saito)

L’intervention de l’artiste Akinisie Sivuarapik, dans son chant de gorge avec tambour, fut une parenthèse captivante, achevant ainsi de faire le pont entre les mélanges culturels et artistiques. L’OSM, dirigé par Kent Nagano, offrit à la production un support bienveillant et plutôt souple, malgré quelques petits déséquilibres au moment du climax.

Pour accompagner cette surprenante création, l’OSM avait agrémenté son programme de deux pièces phares du répertoire orchestral, destinées à rallier un public déjà conquis à sa cause. De ce fait, si le Sacre du printemps et le Boléro n’apportèrent pas de grandes surprises interprétatives, manquant parfois de dynamisme ou de contrastes, ils furent tout de même de très bons choix pour compléter musicalement et intellectuellement Chaakapesh, le périple du fripon.

 

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Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.

Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.
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