CRITIQUE | Arion Orchestre Baroque: un début de saison énergisé par le Diapason d'Or

Par Jeanne Hourez le 12 octobre 2018

Luca Guglielmi. (Photo: Marco Borggreve)
Luca Guglielmi. (Photo: Marco Borggreve)

Arion Orchestre Baroque lançait ce soir sa 38ème saison à la salle Bourgie, encore dans l’euphorie de son récent Diapason d’Or de la revue française Diapason, pour son dernier disque consacré à Vivaldi et ses concertos pour flûte à bec mettant en vedette Vincent Lauzer sous la direction du claveciniste Alexander Weimann.

Le programme de ce soir réunissait trois célèbres compositeurs européens de différentes origines ayant marqué la fin du 17ème siècle et le début du 18ème : Antonio Vivaldi, Georg Philipp Telemann et Johann Sebastian Bach. L’orchestre avait invité pour l’occasion le musicien italien Luca Guglielmi, claveciniste et chef d’orchestre, qui n’hésita pas à prendre le micro entre les pièces pour raconter quelques anecdotes. Le concert était précédé d’une petite présentation du cor naturel, aussi appelé cor de chasse, un instrument traditionnel qui ne possède pas de pistons et dont la main placée à l’intérieur du pavillon permet différentes hauteurs de notes.

L’orchestre a débuté son concert avec la Sinfonia d’ouverture de l’opéra Ottone in villa de Vivaldi. Tout de suite, une énergie vivante et fluide se dégage de l’ensemble et un soin particulier est porté à la conduite des phrases. L’œuvre est allègre et vivante et les musiciens semblent très connectés et à l’écoute les uns des autres. Il est particulièrement rafraîchissant d’entendre la musique baroque jouée sur instruments d’époque accordés plus bas que le tempérament auquel nous sommes habitués tout en maintenant une ligne interprétative plutôt moderne.

La deuxième œuvre au programme était signée Telemann. Il s’agissait du Concerto en mi bémol majeur pour 2 cors, 2 violons, cordes et basse continue, qui rencontra un vif succès à l’époque de sa création. Un peu en-deçà de la qualité qu’on pouvait trouver dans la première pièce, le concerto de Telemann fut légèrement déprécié par le manque de précision des solistes et leurs problèmes de justesse, voire de synchronisation. Il faut cependant souligner que l’œuvre est particulièrement virtuose pour les cors qui doivent relever toutes sortes de défis. Le pupitre des cordes ne manqua cependant pas d’entrain en relançant sans cesse une vigueur qui pouvait par moment se tasser.

Concerto Brandebourgeois

Le concert se termina par deux œuvres de Bach. Tout d’abord, le célèbre Concerto Brandebourgeois n°5 en ré majeur pour clavecin, flûte, violon, cordes et basse continue qui est l’une des premières œuvres à utiliser le clavecin comme instrument soliste et non comme seul soutien harmonique ou accompagnateur. Pour cette pièce plus intime, Luca Guglielmi avait choisi une disposition plus rapprochée entre les instrumentistes qui formaient un cercle autour de lui. Encore une fois, l’orchestre Arion a su démontrer une belle complicité entre ses instrumentistes qui ont réussi à bien respecter les prises de paroles de chacun.

C’est la Sinfonia en fa majeur pour deux cors, trois hautbois, basson, cordes et basse continue, aussi connue comme étant la première version du Concerto Brandebourgeois n°1, qui conclut le concert. Là encore, les cornistes ont semblé un peu en difficulté, amenant parfois quelques déstabilisations générales, ce qui laissa les applaudissements du public un peu réservés.

Ces petits accidents n’enlèvent cependant rien à la qualité générale de l’ensemble qui se démarque par son originalité et sa pensée artistique.

Ce programme sera de nouveau présenté par Arion Orchestre Baroque ce soir, 20 h, samedi, 16 h et dimanche, 14 h, salle Bourgie. 

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