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CRITIQUE | Opéra de Montréal: un Roméo et Juliette d'excellente tenue

Par Caroline Rodgers le 20 mai, 2018

Les décors, costumes et éclairages sont absolument magnifiques, surtout dans la scène du balcon, encadrée d’une végétation luxuriante qui a l’air de sortir d’un livre de contes. (Crédit: Yves Renaud)
Les décors, costumes et éclairages sont absolument magnifiques, surtout dans la scène du balcon, encadrée d’une végétation luxuriante qui a l’air de sortir d’un livre de contes. (Crédit: Yves Renaud)

Les gens prudents qui n’osent pas aller aux premières de peur de dépenser leur argent pour un spectacle à moitié réussi peuvent être rassurés au sujet du Roméo et Juliette de Gounod à l’Opéra de Montréal : c’est excellent. Si vous aimez cette œuvre, ou même si vous ne la connaissez pas, allez-y pour la voix de Marie-Ève Munger, pour les décors somptueux, pour l’ensemble de la production qui, sans être irréprochable, vaut vraiment la peine d’être vue et entendue.

Pour une fois, les chanteurs principaux – le Roméo (Ismael Jordi) et sa Juliette (Marie-Ève Munger) sont à la hauteur de leur rôle sur le plan vocal. On annonçait en début de représentation que la soprano était « indisposée » mais qu’elle chanterait quand même. Si on ne nous l’avait pas dit, nous ne l’aurions pas remarqué. Marie-Ève Munger est tout simplement parfaite et divine dans l’air le plus célèbre de l’opéra, Je veux vivre. À peine décèle-t-on une légère fatigue, un voile quasi imperceptible dans sa voix, à la toute fin de l’opéra. La soprano originaire du Saguenay, qui faisait ses débuts à l’Opéra de Montréal hier, est une chanteuse incroyable et on espère qu’elle reviendra sur cette scène plus souvent.

Le ténor espagnol Ismael Jordi, charismatique et plein d’assurance, est doté d’une belle voix et d’une technique impeccable. Chanteur expérimenté, il maîtrise bien ce rôle difficile et son air Ah! Lève-toi soleil  est tout à fait réussi. Il semble toutefois flotter un peu à la surface des choses, peu investi émotivement dans l’interprétation, comme si sa musicalité était avant tout guidée par sa technique. On aurait souhaité qu’il s’investisse davantage dans son rôle.

 

Hugo Laporte et Ismael Jordi. (Crédit: Yves Renaud)

Débuts d’Hugo Laporte à l’Opéra de Montréal

II faut parler d’Hugo Laporte, plus qu’excellent en Mercutio. Très solide, le jeune baryton de Québec, lauréat du Grand Prix du Concours OSM Standard Life en 2014, a fait beaucoup de chemin et de progrès depuis. Il arrive à ce moment intéressant dans sa carrière où on lui propose enfin des rôles qui ont de la substance, et en ce qui concerne celui-ci, il passe le test avec brio. Sa voix est belle et placée et sa technique est solide, mais au-delà de ces deux prérequis indispensables, il impressionne par son aisance, sa présence sur scène, sa gestuelle, son jeu scénique dynamique et agréable à regarder. On devine qu’il a travaillé fort pour maîtriser son personnage, mais il fait oublier ce travail par son naturel et son assurance. C’est ce qu’on appelle le talent. On ne peut qu’avoir hâte de l’entendre chanter le rôle-titre dans Le Fantôme de l’opéra en français avec l’Orchestre de la Francophonie, en juillet. Bravo.

Le reste de la distribution est inégal. Alexandre Sylvestre, qui fait littéralement partie des meubles à l’Opéra de Montréal et se voit confier de nombreux rôles secondaires, n’était pas à son meilleur hier soir dans le rôle du comte Capulet. La voix semblait fatiguée. On l’a déjà entendu mieux chanter, notamment dans La Bohème, l’an dernier. Peut-être n’était-ce qu’un mauvais soir.

Le ténor Sebastian Haboczki, qui fait Tybalt, le cousin de Juliette, a des difficultés avec le rôle, sa voix, ou les deux. Sa prestation ne passera pas à l’histoire. Alain Coulombe est le chanteur de la situation en Frère Laurent, et la jeune mezzo Katie Miller chante et joue bien le petit page Stéfano. Les autres (Alexandra Beley en Gertrude, Scott Brooks en duc de Vérone) sont assez bons. Quant au chœur, il est fantastique.

Mise en scène

Le metteur en scène Tom Diamond nous avait dit en entrevue qu’il ne prendrait pas de libertés. Il a si bien travaillé avec l’œuvre, les chanteurs et le matériel scénographique qui lui ont été confiés que l’on en oublie pratiquement la mise en scène pour se concentrer sur la musique. Toutefois, le tout n’est pas statique, un défaut courant des mises en scène traditionnelles. Il y a suffisamment de mouvement pour tenir en haleine. Les acteurs sont bien dirigés et leurs déplacements sur scène sont fluides, cohérents et justifiés.

Les décors, costumes et éclairages sont absolument magnifiques, surtout dans la scène du balcon, encadrée d’une végétation luxuriante qui a l’air de sortir d’un livre de contes.

À part quelques fausses notes disgracieuses aux cordes venues gâcher le plus beau passage de la transition orchestrale suivant le premier chœur de la première scène, l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Giuliano Carella, est très présent et sonne magnifiquement.

Si une critique a le devoir de souligner les hauts et les bas d’une production, malgré les quelques failles énumérées ci-haut, ce Roméo et Juliette est tout à fait recommandé.

Vous voulez y aller? Il reste des représentations les 22, 24 et 26 mai, 19 h 30, salle Wilfrid-Pelletier. 

 

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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