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CRITIQUE | If Only for a Short Time de Jane Mappin : intense et vrai

Par Jeanne Hourez le 18 septembre, 2017

Encore une fois, Jane Mappin plonge sans peur dans les sujets tabous de la société (Crédit photo: Michael Slobodian)
Encore une fois, Jane Mappin plonge sans peur dans les sujets tabous de la société (Crédit photo: Michael Slobodian)

 

Le Festival Quartiers Danses s’est terminé hier après-midi avec l’un des piliers forts de cette quinzième édition, à savoir la chorégraphe Jane Mappin qui aura eu l’occasion de présenter plusieurs de ses pièces lors de trois séances. Deux pièces ont été présentées : Ils m’ont dit et If Only for a Short Time, cette dernière étant spécialement conçue pour la salle Bourgie.

Encore une fois, Jane Mappin plonge sans peur dans les sujets tabous de la société et s’intéresse avec Ils m’ont dit, issu de la trilogie Je marche à côté de moi, à la question des troubles mentaux. En collaboration avec Daniel Firth avec qui elle partage la scène pendant une vingtaine de minutes, Jane Mappin retrace par le mouvement, la solitude de l’être malade rejeté de la société parce qu’il est différent. On y découvre deux êtres perdus, quasiment incapables de communiquer ensemble et pris entre les fers des voix qui les habitent. La danse retranscrit une lutte avec soi-même et un débat intérieur à travers une gestuelle utilisant des manies des personnes souffrant des troubles mentaux. Le tableau alterne moments de lucidité et de folie et montre les danseurs prisonniers de leur maladie sans possibilité de s’échapper.

Psychologiquement très intense, il faut souligner la grande présence des interprètes qui communiquent sans masque avec le public. La musique qui les accompagne, la plupart du temps minimaliste, soutient cette idée de folie. Comme à son habitude, c’est avec beaucoup de pudeur et de vérité que Jane Mappin s’attaque à ce difficile sujet : aucune violence, aucune rébellion n’émane de son langage corporel, car la réflexion sur ce sujet se fait bien au-delà de l’agressivité qui pourrait en résulter.

La création If only for a short time est basée sur la complicité que l’on peut retrouver entre le mouvement musical et le mouvement scénique. Cette fois-ci, c’est accompagnés de trois musiciens (Jonathan Brizuela au piano, Erich Kory au violoncelle et Stéphanie Hamelin au violon) que les deux danseurs vont évoluer sur la scène. Quatre tableaux, qui s’articulent autour de quatre musiques très pertinentes, composent cette création. Le premier, sur une musique très épurée de Arnalds, nous montre Jane Mappin seule au centre et couchée sur le dos alors que ses bras semblent imiter ses jambes et dialoguer avec elles.

Le second tableau est interprété par Daniel Firth sur la magnifique pièce Spiegel im Spiegel d’Arvo Pärt et l’on y voit un dialogue entre le danseur et la violoniste. L’avant-dernier tableau nous montre les deux interprètes en train de suivre les impulsions de la musique avec leur expression gestique sur une musique d’Arnalds et un poème en fond de Einar Georg Einarsson. Dans le dernier tableau, on retrouve cette idée de réécrire la musique avec des gestes et d’explorer un nouveau moyen de la vivre à travers une sensibilité tantôt commune tantôt différente, mais qui finit toujours par se rejoindre. Le mouvement n’est cependant jamais amolli par cette sorte de timidité qui habite les danseurs, lesquels cherchent avant tout à communiquer avec le public.

Du point de vue musical, les partitions furent interprétées correctement, mais manquaient souvent de sensibilité pour rejoindre les danseurs dans leur expression. Quelques accidents de justesse sont également à signaler, ce qui a eu pour effet de rompre parfois la magie qui se dégageait grâce aux danseurs.

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Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.

Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.
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