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CRITIQUE | Orchestre symphonique de McGill: découvertes et talent au concert inaugural

Par Jeanne Hourez le 23 septembre, 2017

L’Orchestre symphonique de McGill est à surveiller cette saison, tout comme sa programmation éclectique qui promet de belles découvertes musicales. (Crédit photo: Tam-Lan Truong)
L’Orchestre symphonique de McGill est à surveiller cette saison, tout comme sa programmation éclectique qui promet de belles découvertes musicales. (Crédit photo: Tam-Lan Truong)

Certains concerts sont des découvertes à tous points de vue : orchestre, soliste, répertoire… Ce fut le cas du beau concert de l’Orchestre symphonique de McGill (McGill Symphony Orchestra) qui lançait sa saison sous la direction d’Alexis Hauser, hier soir, devant une salle Pollack pleine à craquer. La soirée mettait en vedette la jeune Amy Hillis, gagnante du Concours de concerto classique de McGill en 2016-2017 et récipiendaire de nombreux prix et bourses.

Le concert s’est ouvert avec deux pièces du compositeur québécois Claude Champagne. Hercule et Omphale, un poème symphonique aux accents debussystes, nous a tout de suite conquis. Dès les premières notes, l’Orchestre symphonique de McGill a semblé très solide. Ce fut d’ailleurs le cas pendant tout le concert. Le chef d’orchestre, Alexis Hauser, a su faire ressortir le large spectre de matériaux thématiques s’entremêlant dans cette pièce.

La deuxième pièce de Claude Champagne, Danse villageoise, est une composition grandement imprégnée de couleurs empruntées à Stravinsky, notamment Petrouchka, avec des motifs rythmiques, strates qui servent de repères dans toute la pièce. Belle maîtrise encore une fois de cette pièce composée en 1929, 18 ans après le ballet du compositeur russe, même si la recherche de caractère rustique aurait pu être plus poussée et les contrastes mieux dessinés.

Amy Hillis possède un son ample et chaleureux et elle maîtrise le violon avec tant de facilité qu’il est impossible de décrocher de son jeu passionnant.
Amy Hillis possède un son ample et chaleureux et elle maîtrise le violon avec tant de facilité qu’il est impossible de décrocher de son jeu passionnant. (Crédit photo: Valentina Sadiul)

Suivait ensuite la Partita pour violon et orchestre avec piano obligato de Witold Lutosławski, œuvre assez peu connue et interprétée par Amy Hillis au violon et Katherine Dowling au piano. Dès les premières notes, on sent que la jeune violoniste a tout d’une grande : elle possède l’œuvre qui semble couler sous ses doigts. Elle réussit à allier sensibilité et fougue, poésie et caractère sans tomber dans la démonstration de virtuosité gratuite. Amy Hillis possède un son ample et chaleureux et elle maîtrise le violon avec tant de facilité qu’il est impossible de décrocher de son jeu passionnant. Elle entame une belle complicité avec la pianiste qui possède un son très inspiré et fut supportée par un orchestre solide, mais peut-être un peu mou par moment.

Symphonie no 1 de Brahms

Le concert s’est terminé avec la magnifique Symphonie no 1 de Johannes Brahms. Morceau audacieux pour la première sortie de l’orchestre symphonique de McGill qui nous proposa cependant une version tout à fait convaincante. L’une des grandes qualités de cet orchestre est d’avoir des pupitres de cordes stables et des solistes dans les vents sur lesquels le chef d’orchestre peut compter. On sent que les partitions sont travaillées et suffisamment intégrées pour permettre au chef de prendre quelques risques de tempo.

C’est d’ailleurs un peu le revers de la médaille, car les tempi choisis sont en général un cran au-dessus de la moyenne et la pulsation peut avoir tendance à aller un peu trop de l’avant, dans cet élan d’enthousiasme propre aux jeunes musiciens. L’énergie présente est intense, mais pourrait être parfois plus relâchée afin de donner le temps au spectateur d’apprécier les passages plus intimes. C’est le cas par exemple dans le 2e mouvement, lors du solo du premier violon, où l’on a pu regretter que la masse orchestrale en fond soit un peu trop sonore par rapport au thème du violon. Ou encore dans le 3e mouvement, où l’on a remarqué un manque de contrastes entre les différents thèmes. Le dernier mouvement fut plus réussi et il faut souligner la qualité des interventions des instrumentistes à vent, notamment les cornistes qui ont fait un sans-faute.

L’Orchestre symphonique de McGill est à surveiller cette saison, tout comme sa programmation éclectique qui promet de belles découvertes musicales. Ce programme sera de nouveau présenté ce soir, à la salle Pollack.

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Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.

Jeanne Hourez

Pianiste, Jeanne détient une licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ainsi qu'une maîtrise et un DEPA de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Elle se passionne pour la musique de chambre, la musique contemporaine et le journalisme musical. Elle est la fondatrice du Trio Benzaiten.
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