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Toronto Montreal

CRITIQUE | Cinq nouveaux disques pour égayer votre automne 2019

Par Christophe Rodriguez le 1 novembre, 2019

pochette de disque Beatrice Rana, pianiste, Stravinsky, Ravel
La pianiste italienne Beatrice Rana interprète Stravinsky et Ravel sur son plus récent disque pour Warner Classics.

Stravinsky / Ravel, Beatrice Rana, Warner classics

Bien connue du public montréalais depuis qu’elle a remporté le Concours musical international de Montréal, la pianiste Beatrice Rana est une technicienne redoutable, mais pas que cela. Avec ce nouveau disque qui comprend un fort corpus Ravel (La valse, La vallée de cloches, Une barque sur l’océan) et, comme pièce maîtresse, Petrouchka de Stravinsky, nous avons eu l’impression qu’elle franchissait un cap.

Pour Ravel, nous songeons beaucoup à ce qu’y fit Yvonne Lefébure, grande dame oubliée, ainsi qu’à Martha Argerich. Avec beaucoup de noblesse et une profondeur dans le jeu, elle fusionne la dextérité avec un certain sens de l’imagination qui nous rapproche de la poésie. Pour la pièce de Stravinsky, qu’on connait plutôt dans sa version orchestrale, Beatrice Rana offre une démarche relativement simple, qui combine une très bonne lisibilité avec des effets de gravure, un peu comme un peintre impressionniste. Est-ce réussi, oui et non, mais le jeu en vaut parfois la chandelle.

 

Dreamtime, le nouveau disque d'Emmanuel Pahud.
Dreamtime, le nouveau disque d’Emmanuel Pahud.  

Dreamtime, Emmanuel Pahud, Warner Classics

Pour ceux et celles qui aiment la flûte traversière, avouons que les nouveautés se comptent sur les doigts de la main. Nous pouvions, à une époque presque bénie, compter sur Jean-Pierre Rampal et Roger Bourdin. Depuis plusieurs années maintenant, Emmanuel Pahud, flûtiste solo de l’Orchestre philharmonique de Berlin, s’inscrit comme digne représentant de ces monstres sacrés. Dans un répertoire qui comprend des œuvres de Mozart, Busoni, Reinecke et Penderecki, le flûtiste, soutenu par l’Orchestre de la radio de Munich sous la direction d’Ivan Repusic, invite l’auditeur à une certaine forme de rêverie. Entre le sentiment pastoral et les couleurs pastel, un son s’élève au-dessus de la mêlée et pour tout vous dire, c’est délicieux !

 

pochette de Beethoven Around the World du Quatuor Ébène
Beethoven Around The World, un projet ambitieux pour souligner le 250e anniversaire de naissance du célèbre compositeur.

Beethoven Around The World, Quatuor Ébène, Erato

Depuis sa fondation en 1999, le Quatuor Ébène a connu certains changements, mais l’âme ainsi que la jeunesse d’esprit sont toujours bien présentes. Beethoven Around The World est un projet ambitieux, puisqu’il fait partie d’une tournée mondiale qui s’échelonnera jusqu’en 2020 et qui soulignera aussi le 250e anniversaire de naissance du célèbre compositeur. Pigeant dans l’intégrale des quatuors à cordes, les quatre comparses insufflent une noblesse tout européenne, les rapprochant ainsi de ce qui fit à une époque le Quatuor Alban Berg. Par une architecture claire et intense, le Quatuor Ébène exprime une vibrante sensibilité.

 

Pulsations, le nouvel album d’Angèle Dubeau et La Pietà. 

Pulsations, Angèle Dubeau & La Pietà, Analekta

Dans l’air du temps flotte un parfum de musique classique qui ne l’est pas tout à fait! Songeons à Jean-Michel Blais, Alexandra Stréliski et, dans une moindre mesure, à Chilly Gonzalez. Bien avant cette vague minimaliste, la violoniste Angèle Dubeau avait revisité les univers de Ludovico Einaudi et de Philipp Glass, ainsi que celui des jeux vidéos. Avec Pulsations, toujours avec son ensemble La Pietà, la violoniste continue dans la même veine en reprenant justement une composition de Jean-Michel Blais, Notas, à laquelle s’ajoutent Night de Ludovico Einaudi, Porz Goret du chanteur Yann Tiersen, etc. L’album Pulsations se détache progressivement de la musique classique pour aller chercher un auditoire que nous classerions dans la pop douce contemporaine. C’est bien joli, mais très moyen!

 

Mariss Jansons et l'Orchestre symphonique de la radio bavaroise dans la Symphonie no 7 de Chostakovitch.
Mariss Jansons et l’Orchestre symphonique de la radio de Munich dans la Symphonie no 7 de Chostakovitch.

Chostakovitch Symphonie no 7, Mariss Jansons, BR Klassik

Chef d’orchestre à la discographie impressionnante et souvent de très haute qualité, Mariss Jansons revisite un monument avec l’Orchestre symphonique de la radio bavaroise. La symphonie no 7, aussi connue sous le nom de Leningrad, est presque un appel à l’aide. Ensevelie sous les bombes pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Leningrad survécut tant bien que mal, tout comme ses habitants, habités d’une foi en l’avenir ainsi qu’en la résilience. Si personne ne peut arriver à la cheville de ce que fit Kirill Kondrachine avec l’Orchestre philharmonique de Moscou, Mariss Jansons, tout en gardant la tension inhérente, explore avec délicatesse le travail des différents pupitres, évitant ainsi la puissance sonore qui en est le fil conducteur. Avec conviction et intelligence, le chef offre ainsi une version tout aussi poignante.

 

LIRE AUSSI :

 

DOSSIER | Alexandra Stréliski, révélation de l’ADISQ : regard sur une pianiste-compositrice

 

 

Christophe Rodriguez

collaborateur chez Ludwig van Montréal
Chroniqueur musical et autres depuis trente ans, je navigue dans la musique depuis mon tout jeune âge. Oui, le jazz, mais aussi Prokofiev, Satie, et Beethoven. Parce que la musique classique, ce n'est pas sorcier et que la culture, il faut la vivre sans prétention.

Christophe Rodriguez

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Chroniqueur musical et autres depuis trente ans, je navigue dans la musique depuis mon tout jeune âge. Oui, le jazz, mais aussi Prokofiev, Satie, et Beethoven. Parce que la musique classique, ce n'est pas sorcier et que la culture, il faut la vivre sans prétention.
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