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RENCONTRE | Philippe Prud'homme : "Je n'ai aucun scrupule à passer d'un univers à l'autre"

Par Caroline Rodgers le 28 septembre, 2019

Philippe Prud'homme, pianiste. (Photo: Amélie Fortin)
Philippe Prud’homme, pianiste. (Photo : Amélie Fortin)

La première chose qui frappe en discutant avec Philippe Prud’homme, c’est son authenticité et son absence totale de prétention. Des qualités précieuses dans un monde artistique où les « grosses têtes » abondent.

Entretien avec le pianiste et compositeur, qui sera le soliste invité de l’Orchestre symphonique de Laval, cette semaine, pour le concert Les années folles, où il interprétera Rhapsody in Blue, de Gershwin.

LvM : Raconte-nous ton parcours. Comment es-tu devenu pianiste? 

Philippe Prud’homme : « La musique était bien présente dans ma famille, car mon père enseignait le piano, mais ce n’est que vers l’âge de onze ou douze ans que je m’y suis intéressé sérieusement et que j’ai décidé d’apprendre l’instrument.

En voyant que j’étais doué, mon père m’a présenté à son propre professeur, Gilles Manny, un ancien doyen de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il était déjà retraité et j’ai pris des cours privés avec lui. Il m’enseigne encore, je vais le voir souvent.

Quand j’avais quinze ans, Gilles Manny m’a suggéré de passer l’audition pour entrer à la Faculté, et j’ai été accepté. Je suis passé directement au baccalauréat, que j’ai terminé à 18 ans, puis j’ai fini ma maîtrise à 20 ans. J’ai étudié avec Dang Thai Son. Avec lui, sans avoir besoin étudier à l’étranger,  j’ai découvert une approche venue d’ailleurs et j’ai été en contact avec une façon d’enseigner venue d’Europe et d’Asie. Sa classe était majoritairement composée d’étudiants étrangers. Le côtoyer m’a fait le plus grand bien.

Quand j’ai terminé ma maîtrise, je me trouvais trop jeune pour commencer tout de suite mon doctorat, alors j’ai entrepris des projets personnels, j’ai fait des stages et je me suis perfectionné en musique contemporaine avec Louise Bessette. J’ai créé des oeuvres pour piano que François Morel a composées vers la fin de sa vie.

 

Philippe Prud'homme
Philippe Prud’homme, pianiste. (Photo : Donald Robitaille)

LvM : Tu as donc connu personnellement François Morel? T’a-t-il influencé?

Philippe Prud’homme : « Oui, nous sommes devenus amis. C’était un grand compositeur et il a écrit pour d’autres styles musicaux, comme la musique de film. Cela m’a inspiré à aller aussi vers cela. J’ai composé pour le cinéma et le théâtre, notamment pour le Théâtre du futur et pour une pièce intitulée Le clone est triste, qui a été présentée chez Duceppe.

En plus d’organiser moi-même des spectacles où je présente mes compositions, j’aime composer pour accompagner des narrations, comme le fait souvent Francis Battah. J’aime aussi composer pour accompagner des chants, qu’ils soient lyriques ou folkloriques. J’ai un projet avec le chanteur Simon Beaudry, du groupe traditionnel Le Vent du Nord. Nous avons formé le Duo Beaudry-Prud’homme. J’ai aussi un duo de piano quatre-mains avec Nicolas Ellis. 

Pour moi, la musique c’est UNE chose. Je n’ai aucun scrupule à passer d’un univers à l’autre. J’ai eu la chance de tomber sur des gens qui m’ont transmis des valeurs d’inclusion sociale et c’est un peu ce que Gershwin a fait, en fusionnant deux univers musicaux. »

 

Orchestre symphonique de Laval OSL
L’Orchestre symphonique de Laval. (Photo : courtoisie de l’OSL)

LvM : Justement, parlant de Gershwin, peux-tu nous parler du concert Les Années Folles, que tu donneras avec l’Orchestre symphonique de Laval et Alain Trudel?

Philippe Prud’homme : « Comme pianiste, j’adore le répertoire du début du XXe siècle. En plus de Rhapsody in Blue, l’Orchestre va aussi jouer du Satie, une pièce de Claude Champagne, le Boléro de Ravel et la Symphonie no 7 de Sibelius. Georges Nicholson m’a fait réaliser une chose: les pièces de ce programme ont toutes été composées dans un intervalle de dix ans. C’est incroyable. Ça fait un beau parcours musical dans un même concert. »

LvM : Les médias ne parlent pas souvent de toi, mais à seulement 28 ans, ta carrière semble très bien amorcée. Es-tu content de la façon dont les choses vont pour toi?

Philippe Prud’homme : « Je ne me préoccupe pas beaucoup de stratégies médiatiques pour l’instant. Je travaille énormément, je gagne ma vie comme musicien. En ce moment, je monte mon répertoire, je fais beaucoup de création, et cela me nourrit. Je fais aussi mon doctorat en interprétation et c’est évidemment une priorité. J’ai vraiment une vie musicale très passionnante. Ma passion musicale et nourrie par tous mes projets. »

VOUS AIMERIEZ L’ENTENDRE?

Concert Les Années folles, de l’Orchestre symphonique de Laval, mardi 2 octobre, 19 h 30, salle André-Mathieu. DÉTAILS

Philippe Prud’homme participera également au concert Bébé musique, le jour même, en après-midi, une formule familiale qui tient également lieu de répétition générale, à 13 h 30. 

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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