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ENTRETIEN | Maxim Bernard: l'année des conquêtes

Par Emmanuel Bernier le 28 juillet, 2019

Maxim Bernard, photo prise à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, à Québec. (Photo: Patrice Laroche)

Nous avons rencontré Maxim Bernard alors qu’il venait tout juste de poser ses valises à Québec, au retour d’un voyage de trois semaines en Europe dont le point culminant était un concert au Wigmore Hall de Londres, le 14 juillet.

On peut probablement compter sur les doigts d’une main les pianistes québécois qui ont eu l’honneur de jouer dans cette salle mythique, de surcroît à guichets fermés. Maxim a choisi un programme tout Chopin comprenant notamment la Sonate no 3, les Ballades no 1 et 3 et une sélection de mazurkas.

Alors, cela fait quoi de jouer au Wigmore Hall? Les yeux du pianiste pétillent en parlant de cette acoustique idéale, de ce Steinway à la fois feutré et brillant et du public extrêmement attentif qui lui a demandé deux rappels.

« On comprend pourquoi c’est une salle si légendaire, on peut y jouer de manière très intime, tout est perceptible dans la salle. Et c’est extraordinaire de penser à tous les pianistes légendaires qui ont joué là, je pense par exemple à Cortot, Friedman, Moiseiwitsch… »

 

Maxim Bernard à Wigmore Hall. (Photo: courtoisie)
Maxim Bernard à Wigmore Hall. (Photo: courtoisie)

Le voyage lui a également permis de revoir son maître Menahem Pressler, qui a un pied-à-terre dans la capitale britannique. L’ancien pianiste du Trio Beaux-Arts, auprès de qui Maxim Bernard a travaillé pour sa maîtrise et son doctorat à l’Université de Bloomington, en Indiana, a maintenant 95 ans. Il en a profité pour donner à son disciple son dernier disque paru l’an dernier chez Deutsche Grammophon.

Quand on lui demande ce qu’il a davantage appris auprès du vénérable musicien, Maxim n’a même pas à réfléchir une seconde : « l’expression musicale ».

 

« Pour Pressler, il faut que la musique ait un visage, une personnalité. Il faut qu’elle soit habitée. Quand il entend certains pianistes de la jeune génération plus portés sur la perfection technique que sur l’expression, il dit souvent qu’il ne ressent rien » – Maxim Bernard

 

D’André Laplante, avec qui il a travaillé à Toronto, il retient davantage la sensation physique du jeu, l’importance de la pulsation et du galbe de la phrase.

Le musicien n’en est pas à son premier séjour en Europe cette année. En mars, il a effectué une tournée aux Pays-Bas avec la Sinfonia Rotterdam, un orchestre dirigé par Conrad von Alphen, un des chefs favoris de Mikhail Pletnev, que Maxim qualifie de « chef génial, qui recrée la musique à chaque concert ».

Von Alphen l’a engagé sur recommandation de Yannick Nézet-Séguin, qui avait déjà fait appel au pianiste de Québec pour interpréter le redoutable Concerto no 2 de Ginastera en première canadienne avec l’Orchestre Métropolitain.

 

Maxim Bernard, piano
Maxim Bernard, photo prise à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, à Québec. (Photo: Patrice Laroche)

Au Concertgebouw d’Amsterdam et à De Doelen à Rotterdam, Maxim Bernard a eu la chance de jouer le Concerto no 2 de Chopin, un nouvel ajout à son répertoire qu’il avait eu l’occasion de jouer plus tôt cette année avec l’Orchestre symphonique d’Ottawa et le chef Nicolas Ellis.

Comment élaborer un programme, sans tomber dans les sempiternels récitals de type « examen de conservatoire »? Maxim Bernard essaie de trouver des thèmes accrocheurs permettant de bâtir quelque chose de cohérent.

Il y a quelques années, il a par exemple concocté un programme de musique composée pendant la Première Guerre mondiale, récital qu’il a joué à Paris avec un Alexandre Tharaud très attentif dans la salle. Il a eu l’occasion de rejouer ce programme au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Un autre programme dont il est fier est celui basé sur le récital historique d’Horowitz à Moscou en 1986, qu’il a donné à Montréal, Ottawa, Winnipeg et Bonn en Allemagne.

Quand on lui demande le souvenir le plus marquant de sa carrière, Maxim Bernard hésite. Comment oublier son récital à la salle Schubert du Konzerthaus de Vienne en 2016, où il a remplacé à pied levé la pianiste Sophie Pacini, alors indisposée? Mais il y a également sa victoire en 2006 au Tremplin international du Concours de musique du Canada à Rimouski, qui a véritablement lancé sa carrière.

Parlant de Rimouski, le pianiste y obtenu le poste de professeur de piano au Conservatoire, succédant ainsi à Sr Pauline Charron, qui a formé des musiciens comme David Jalbert, Stéphane Lemelin et Mathieu Gaudet. Il voit l’enseignement comme du « donnant-donnant », lui permettant souvent de voir certains aspects de son jeu sous un autre éclairage.

Pour lui souhaiter la bienvenue, ses collègues lui ont offert de participer deux fois plutôt qu’une aux Concerts aux Îles du Bic, ce qui lui donnera l’occasion de jouer le Concerto no 2 de Chopin et le Concerto en sol de Ravel avec des ensembles de musique de chambre, respectivement le 3 et le 10 août. Un rendez-vous à ne pas manquer!

LIRE AUSSI:

 

GUIDE LUDWIG VAN | Virée classique 2019: trois itinéraires musicaux pensés pour vous par l’équipe LvM

 

 

 

Emmanuel Bernier

Emmanuel Bernier a étudié au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, où il a obtenu un Prix avec distinction en orgue et un diplôme d’études supérieures en chant. Il a été collaborateur au quotidien Le Soleil et écrit régulièrement pour la revue L’Opéra et le site Bachtrack. Il effectue présentement des études de maîtrise en histoire à l’Université Laval.

Emmanuel Bernier

Emmanuel Bernier a étudié au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, où il a obtenu un Prix avec distinction en orgue et un diplôme d’études supérieures en chant. Il a été collaborateur au quotidien Le Soleil et écrit régulièrement pour la revue L’Opéra et le site Bachtrack. Il effectue présentement des études de maîtrise en histoire à l’Université Laval.
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