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ENTRETIEN | Andrei Feher et l’Orchestre de la Francophonie donnent la première nord-américaine d'une œuvre retrouvée d'Enescu

Par Béatrice Cadrin le 11 juillet, 2019

Andrei Feher dirigera l’Orchestre de la Francophonie le 21 juillet au Théâtre Outremont. (Crédit photo : Mathieu Gaudet)

Cet été encore, l’Orchestre de la Francophonie réunit de jeunes instrumentistes talentueux d’à travers le monde et leur donne l’occasion d’acquérir de l’expérience d’orchestre dans un contexte professionnel. Leur saison 2019 est un savant mélange de grandes œuvres et de découvertes, présentées au public lors de deux concerts au Théâtre Outremont les 17 et 21 juillet, d’un grand concert à la Maison symphonique le 14 août et d’une participation aux Concerts populaires de Montréal pour une version concert de la célèbre comédie musicale West Side Story le 25 juillet (avec, entre autres, le baryton Hugo Laporte).

Nous nous sommes entretenus avec le chef Andrei Feher, qui dirigera l’orchestre lors du concert du 21 juillet au Théâtre Outremont. Feher vient de compléter sa première saison en tant que directeur musical de Kitchener-Waterloo Symphony, en plus d’avoir fait ses débuts cette année avec l’Orchestre de chambre I Musici ici à Montréal et avec l’orchestre de la BBC à Londres.

LvM : Vous avez choisi de programmer la Première symphonie de Sibelius pour ce concert, qui se trouve à être la première fois que vous travaillez avec l’Orchestre de la Francophonie. Qu’est-ce qui a guidé votre choix?

AF : Je cherchais une symphonie qui compléterait bien le concerto pour violoncelle joué par Noémie Raymond-Friset et je voulais aussi saisir l’occasion de diriger du répertoire que je n’ai pas encore beaucoup fait. L’idée de jouer du Sibelius comblait ces deux critères. Même s’il est relativement peu joué, Sibelius est un des grands grands grands compositeurs. Ses deux premières symphonies sont plus faciles à comprendre, moins sombres que les autres. Je trouvais que la première se combinait bien avec le Concerto de Chostakovitch que jouera Noémie en première partie.

LvM : Vous avez ajouté une œuvre qui servira d’ouverture au programme et dont ce sera la première nord-américaine. Quelle est cette œuvre et comment l’avez-vous découverte?

AF : Il s’agit de la Pastorale-Fantaisie de George Enescu, une œuvre de jeunesse. Un de mes bons amis, le chef Gabriel Bebeselea, a fait des recherches dans les archives du Musée Enescu à Bucarest et s’est rendu compte qu’il y avait plusieurs manuscrits non-publiés, oubliés dans une boîte. Le musée ne semblait pas réaliser ce qu’il y avait là-dedans.

La pièce avait été jouée aux Concerts Colonne à Paris, alors tout le matériel d’orchestre existait, mais il fallait le retranscrire, ce que Gabriel a fait. Il l’a déjà enregistrée avec le Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin (NDLR : en compagnie de l’opéra « Strigoii », Les Fantômes, un opéra également inédit d’Enescu), et il va venir la diriger à Kitchener-Waterloo au cours de la prochaine saison. Il est très content que je l’ajoute au programme du concert de l’OF, parce qu’il veut que cette musique-là soit entendue, même si ça veut dire que c’est notre prestation qui compte comme la première nord-américaine!

On entend bien que c’est une œuvre de jeunesse, ça ressemble beaucoup à du Brahms ou du Schumann : Enescu n’a pas encore développé son écriture idiomatique, dans laquelle il utilise souvent du folklore, ce qui n’est pas le cas dans la Pastorale-Fantaisie. C’est justement intéressant de percevoir le chemin qui lui reste à parcourir.

 

 

LvM : Au cours de cette année, vous avez dirigé des ensembles de formats différents, dans des contextes différents : l’orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo, avec lequel vous travaillez régulièrement en tant que directeur musical, l’orchestre de chambre I Musici, l’orchestre de la radio de la BBC où vous avez dirigé un concert en studio et maintenant un orchestre de jeunes encore en formation. Abordez-vous le travail de façon différente selon les cas?

AF : Non. Peu importe le niveau et l’âge, il faut traiter les gens d’égal à égal, que les gens se sentent respectés. Il faut réagir à ce que les gens te donnent et ne pas réparer ce qui n’est pas brisé, c’est-à-dire que s’ils font quelque chose différemment de ce que tu imaginais, mais que ça marche, il ne faut pas intervenir pour essayer de le changer. Au niveau de ma préparation, c’est pareil, il faut faire ça avec le même sérieux. C’est sûr que de toute façon, on ne se sent jamais prêt, mais il faut essayer de réagir intelligemment et de garder une attitude positive.

Il y a quand même des différences au niveau de la nature de l’ensemble : en travaillant avec I Musici, j’ai trouvé qu’il y avait plus d’interactions entre les musiciens dans un orchestre de chambre. Avec l’orchestre de Kitchener-Waterloo, c’est plus du long terme, le défi est de savoir quand pousser pour faire monter l’intérêt technique et musical, mais sans brusquer. Cette année, on a appris à se connaître, on s’est ajusté. Je ne suis pas du genre à m’imposer : je prends le temps de prendre le pouls de la situation. Et là, j’ai très hâte de commencer le travail avec l’Orchestre de la Francophonie, parce qu’avec un orchestre de jeunes, ce qui est intéressant, c’est leur passion, c’est un peu plus facile de « mettre le feu » dans le travail et dans l’exécution.

 

Pour entendre l’Orchestre de la Francophonie :

Daniel Myssyk rencontre l’OF : Mouvement symphonique d’Éric Champagne, Symphonie no 7 de Dvorak, Concerto pour piano no 3 de Beethoven avec Jean-Michel Dubé. 17 juillet, 19h30, Théâtre Outremont. 15 $ + tx.

Andrei Feher rencontre l’OF : Symphonie no 1 de Sibelius, Concerto pour violoncelle de Chostakovitch avec Noémie Raymond-Friset et Pastorale-Fantaisie de George Enescu (première nord-américaine).  21 juillet, 14h30, Théâtre Outremont. 15 $ + tx.

L’OF à la Maison symphonique, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay : Symphonie no 6 de Bruckner, Concerto pour piano no 2 de Liszt avec Anne-Marie Dubois et Animal Machine d’Alexandre David. 14 août, 19h30, Maison symphonique. 20 $ + tx.

West Side Story, version concert sous la direction de Jean-Philippe Tremblay. Dans le cadre des Concerts populaires de Montréal. 25 juillet, 19h30, Centre Pierre-Charbonneau.

 

LIRE AUSSI :

 

NOUVELLE | Orchestre de la Francophonie: West Side Story et Bruckner 6 au programme de la saison 2019

 

 

 

 

 

Béatrice Cadrin

Béatrice Cadrin

Passionnée par l’orchestre symphonique et par la médiation de la musique, Béatrice est formée en interprétation musicale (alto et direction d’orchestre) au Conservatoire de musique de Québec, à l'Université Laval et à l'École supérieure de musique et de théâtre de Hanovre (Allemagne). Elle achève cette année une maîtrise en musicologie à l’Université de Montréal.
Béatrice Cadrin
Béatrice Cadrin

Béatrice Cadrin

Passionnée par l’orchestre symphonique et par la médiation de la musique, Béatrice est formée en interprétation musicale (alto et direction d’orchestre) au Conservatoire de musique de Québec, à l'Université Laval et à l'École supérieure de musique et de théâtre de Hanovre (Allemagne). Elle achève cette année une maîtrise en musicologie à l’Université de Montréal.
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