DESKTOP
TABLET (max. 1024px)
MOBILE (max. 640px)
Retourner au début
Ludwig Van
Toronto Montreal

CRITIQUE | The Turn of the Screw: un magnifique diamant noir

Par Michel Joanny-Furtin le 11 février, 2019

Le trémolo léger de la soprano Andréa Nunez, pratiquement toujours en scène, une prouesse en soi vu l’exigence du rôle, illustrait bien les appréhensions de la jeune gouvernante qui débarque dans cette demeure étrange. (Photo: OSA)

Seconde collaboration entre l’Atelier Lyrique et l’Orchestre de l’Agora, The Turn of the Screw, œuvre obsessive de Benjamin Britten mise en scène par Maxime Genois et dirigée par Nicolas Ellis, présentée le week-end dernier au Nomad Life, est une réussite à tout point de vue. Dans une histoire somme toute effrayante… que du bonheur !

L’excellente mise en scène de René-Richard Cyr au Monument-National (2006) m’avait laissé un souvenir oppressant, quasi rébarbatif pour cette œuvre pourtant magnifique. La version proposée cette fin de semaine est toujours aussi noire, évidemment, mais l’approche des créateurs permet une lecture multiple. Drame gothique, conte fantastique, opéra d’horreur, hallucinations mystiques, « psychanalyse freudienne », ajoute le chef Nicolas Ellis, le spectateur se laisse porter d’un tableau à l’autre dans ces différentes dimensions de l’œuvre.

Une production jeune, par des jeunes, pour des jeunes pourrais-je ajouter au regard d’une salle pleine d’un public qui semblait constitué de mélomanes amis. Le tout dans un espace, le Nomad Life, qui rappelle les greniers de notre enfance où l’on poussait les vieux meubles, offrant un décor et une mise en espace des scènes et de l’orchestre tout à fait judicieux et créatifs : nous, public, étions sur la terrasse de cette maison, assistant, impuissants, aux événements…

Un vrai « casting » vocal

Servi par les voix de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Montréal, le « casting » vocal était particulièrement réussi et donnait beaucoup de crédibilité aux personnages et aux événements traversés. Le trémolo léger de la soprano Andréa Nunez, pratiquement toujours en scène, une prouesse en soi vu l’exigence du rôle, illustrait bien les appréhensions de la jeune gouvernante qui débarque dans cette demeure étrange dans la première partie, puis les frayeurs qui l’étreignent dans la seconde.

La soprano Vanessa Croome, très assurée, presque hypnotique dans le rôle du jeune Miles. À la blague, je dirais que je ne sais plus quoi dire tellement elle est talentueuse !

La soprano Elisabeth Boudreau fut une bien agréable surprise, avec une voix calme et mature, sûre et enveloppante, à l’image psychologique mais aussi physique du rôle de la petite Flora.

Mrs Grose, l’intendante était interprétée par la mezzo-soprano Florence Bourget. Le grave de sa voix servait la dimension réaliste, voire terre à terre du personnage, avec juste ce qu’il faut de fragilité ou d’inquiétude dans le timbre selon les scènes. Bravo!

 

La mise en scène des voix

Spencer Britten, ténor (Peter Quint), et Élizabeth Polèse, soprano (Miss Jessel), n’avaient rien de fantomatique en termes de présence vocale, mais leurs apparitions (un peu zombie au début, mais ça passe bien vite…) ponctuées de leurs voix mises en scène d’une façon presqu’éthérée pour ajouter à cette étrangeté composée par Britten, nous entraînaient dans une nuit somnambule. Flippant à souhait, chapeau Maxime Genois !

Sa mise en place des tableaux, l’évolution discrète des éclairages amenaient peu à peu le malaise et l’effroi. Un seul bémol, la seconde partie se passe dans une nuit trop sombre à mon goût. La convention étant alors acquise quant à l’ambiance et aux personnages, un léger plus en lumière aurait aisé le regard du spectateur, même si cela ajoutait aux peurs nocturnes évoquées…

Une direction sobre et efficace

J’ai découvert la direction d’orfèvre de Nicolas Ellis. Précis, concis, soulignant avec tact certains moments de la partition. Musicalement, les effets orchestraux étaient sobres et efficaces, rien de pompeux ni de grandiloquent, même dans les moments fortement dramatiques, épousant l’émotion sans la dicter. Même si la partition est écrite pour 13 musiciens, ce jeune chef en était le 14e instrumentiste ! Nicolas Ellis donne l’impression de conduire, plus que diriger, son orchestre selon une approche collégiale où chaque musicien trouve sa place.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré !

LIRE AUSSI:

CRITIQUE | La Flûte enchantée par Opéra McGill : une vision renouvelée

 

 

Michel Joanny-Furtin

Michel Joanny-Furtin

Collaborateur chez Ludwig van Montréal
Journaliste et chroniqueur, cet ancien travailleur social passionné d’art lyrique et de musique classique, mais aussi contemporaine, a commencé comme attaché de presse de jeunes compagnies lyriques et théâtrales tout en poussant quelques improbables contre-uts dans un chœur d’hommes.
Avant de verser dans le journalisme culturel et social local au Québec depuis quelques années, dont une à la SMCQ, cet animateur radio a également produit "Opér’Apéritif" sur les ondes de Radio-Dreyeckland en Alsace puis de CIBL à Montréal pendant quelques années. Comme quoi, entre le micro et la plume, Michel Joanny-Furtin prend toujours… des notes !
Michel Joanny-Furtin
Michel Joanny-Furtin

Michel Joanny-Furtin

Collaborateur chez Ludwig van Montréal
Journaliste et chroniqueur, cet ancien travailleur social passionné d’art lyrique et de musique classique, mais aussi contemporaine, a commencé comme attaché de presse de jeunes compagnies lyriques et théâtrales tout en poussant quelques improbables contre-uts dans un chœur d’hommes.
Avant de verser dans le journalisme culturel et social local au Québec depuis quelques années, dont une à la SMCQ, cet animateur radio a également produit "Opér’Apéritif" sur les ondes de Radio-Dreyeckland en Alsace puis de CIBL à Montréal pendant quelques années. Comme quoi, entre le micro et la plume, Michel Joanny-Furtin prend toujours… des notes !
Michel Joanny-Furtin
Partager cet article
lv_montreal_banner_high_590x300
comments powered by Disqus

Ludwig Van Montreal

ÉVÉNEMENT | Saint-Valentin, Chocolat & Chants d’amour avec Quartom pour le MCO

Par Ludwig Van le 23 janvier, 2019

L’Orchestre de chambre McGill (MCO) vous invite à une soirée toute en romance ! Notre populaire soirée de Saint-Valentin, Chocolat & Chants d’amour, est de retour au chic Hôtel Sofitel.
Lire tout l'article Commentaires
Partager cet article
lv_montreal_banner_high_590x300

NOUVELLE | Le Concours musical international de Montréal dévoile ses concurrents 2019 en violon

Par Caroline Rodgers le 22 janvier, 2019

Le Concours musical international de Montréal (CMIM) vient de dévoiler ses 24 concurrents pour l'édition Violon 2019, qui aura lieu du 29 mai au 5 juin prochains.
Lire tout l'article Commentaires
Partager cet article

NOUVELLE | Louis Lortie donnera une intégrale des sonates pour piano de Beethoven à la salle Bourgie en 2020

Par Caroline Rodgers le 28 janvier, 2019

Arte Musica vient d'annoncer que le pianiste Louis Lortie donnera une intégrale des sonates pour piano de Beethoven à la salle Bourgie en 2020, dans le cadre du 250e anniversaire de naissance du compositeur.
Lire tout l'article Commentaires
Partager cet article
lv_montreal_banner_low_590x300
lv_montreal_ssb_atf_300x300
lv_montreal_ssb_high_300x300
lv_montreal_ssb_mid_300x300
lv_montreal_ssb_low_300x300
lv_montreal_tsb_high_300x700
lv_montreal_tsb_low_300x700
lv_montreal_ssb_atf_300x300
lv_montreal_ssb_high_300x300
lv_montreal_ssb_mid_300x300
lv_montreal_ssb_low_300x300
lv_montreal_tsb_high_300x700
lv_montreal_tsb_low_300x700

We have detected that you are using an adblocking plugin in your browser.

The revenue we earn by the advertisements is used to manage this website. Please whitelist our website in your adblocking plugin.