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VIES EN MUSIQUE | Michel Léonard, musicothécaire par passion

Par Béatrice Cadrin le 4 janvier, 2018

Michel Léonard, musicothécaire de l'OSM. (Crédit: Stéphanie Dupuis)
Michel Léonard, musicothécaire de l’OSM. (Crédit: Stéphanie Dupuis)

C’est une soirée particulière à la Maison symphonique : l’Orchestre symphonique de Montréal se prépare à accompagner la projection d’un film de Buster Keaton de musiques choisies. Pourtant, nous ne nous attardons pas dans la salle, où se déroulent les derniers préparatifs avant le concert, car nous allons explorer un endroit méconnu, la musicothèque, en compagnie du musicothécaire de l’OSM, Michel Léonard.

Suivant notre guide, nous passons sous les écrans géants installés pour l’occasion, nous glissant à côté de Lorraine Desmarais en train d’improviser au piano. L’ascenseur nous mène ensuite au quatrième étage. C’est ici, dans la musicothèque, que se déroulent de multiples tâches essentielles au bon déroulement des prestations de l’OSM. Michel Léonard,  musicothécaire attitré de l’orchestre depuis 19 ans, nous servira de guide pour cette visite révélatrice.

L’objectif fondamental du travail du musicothécaire est bien celui qu’on s’imagine, c’est-à-dire de préparer les partitions d’orchestre afin que tout le monde, chef et instrumentistes, aient en main tout le matériel nécessaire lors des répétitions et des concerts.

Cela implique de se procurer les partitions que l’orchestre ne possède pas, en les achetant ou en les louant, d’obtenir les coups d’archet des chefs des sections de cordes et de les transcrire, et d’assembler tout le matériel d’un concert dans un cartable individuel pour chaque instrumentiste. Selon les cas, cela implique aussi des tâches plus étonnantes, comme de sélectionner les musiques servant de trame sonore au film de ce soir, ou de nettoyer une partition couverte d’indications à l’aide du logiciel Photoshop.

Michel Léonard est reconnu dans le milieu pour son innovation constante et ses méthodes d’avant-garde. (Crédit: Stéphanie Dupuis)
Michel Léonard est reconnu dans le milieu pour son innovation constante et ses méthodes d’avant-garde. (Crédit: Stéphanie Dupuis)

Michel Léonard est reconnu dans le milieu pour son innovation constante et ses méthodes d’avant-garde : il est d’ailleurs régulièrement invité à donner des ateliers de formation, entre autres pour les membres de la Major Orchestra Librarians’ Association (MOLA). Cette association fondée en 1983 permet à ces travailleurs spécialisés de quitter l’anonymat des coulisses pour se retrouver entre eux afin d’échanger leurs secrets lors de congrès annuels. En 2015, c’était justement au tour de Michel Léonard et de l’OSM d’accueillir à Montréal les membres de la MOLA.

Le musicothécaire doit aussi, à l’occasion, recopier lui-même à l’aide du logiciel d’édition musicale Finale une partition qui n’est pas disponible en version éditée. Au moment de notre visite, il travaillait sur un air extrait de l’opéra La Jolie Fille de Perth, de Bizet, qui sera joué lors du Bal des enfants. Il en a obtenu le matériel par l’entremise de ses contacts au Metropolitan Opera de New York. Ce genre de travail représente pour lui un retour à ses anciennes amours puisque c’est par la voie de la gravure musicale, métier qu’il a exercé pendant quatorze ans, qu’il en est venu à devenir musicothécaire :

« Je savais que le poste était ouvert, mais je ne savais pas si je voulais être musicothécaire, je ne connaissais pas trop ce que c’était. Je chantais à l’Opéra de Montréal à l’époque, et je me souviens être revenu d’une répétition, de tout de suite être allé à l’ordinateur travailler sur une partition…et trois heures plus tard, j’avais encore le manteau sur le dos! C’est ce qui m’a convaincu de poser ma candidature. »

Cette anecdote sert bien à illustrer la passion et le perfectionnisme qu’investit Michel Léonard dans l’accomplissement de ses tâches.

« Il n’y a pas grand monde qui peut m’en montrer dans mon métier, et c’est mon but que ça reste comme ça! » – Michel Léonard

 

(Crédit: Stéphanie Dupuis)
Bien qu’innovateur, le musicothécaire tient à perpétuer les traditions établies par ses prédécesseurs. (Crédit: Stéphanie Dupuis)

Autant on sent chez Léonard cette impulsion de constamment pousser vers l’avant pour innover, autant il tient à perpétuer les traditions établies par ses prédécesseurs, « des gens pour qui j’ai beaucoup de respect ». Une photo trône d’ailleurs dans la section de la musicothèque allouée à la manipulation des partitions, au-dessus des longs comptoirs en acier et des rangées d’étagères.

On y aperçoit les trois musicothécaires successifs de l’OSM : le premier, Roland Leclerc, siège à la place d’honneur, encadré de chaque côté par ses successeurs chronologiques, Giulio Masella et Michel Léonard.  La famille Masella mérite en elle-même une mention car la présence, à une certaine époque, des huit frères comme employés de l’OSM – l’un d’entre eux assistait Giulio à la musicothèque –  leur a valu un record Guinness. Aujourd’hui, l’équipe de la musicothèque compte toujours un assistant, et même un troisième membre temporaire lors des périodes de travail intense.

Passionné par son métier, Michel Léonard est un perfectionniste. (Crédit: Stéphanie Dupuis).
Passionné par son métier, Michel Léonard est un perfectionniste. (Crédit: Stéphanie Dupuis).

Constatant le niveau de compétences musicales exigé par le poste, on ne s’étonne pas d’apprendre que Léonard est lié à l’OSM par un contrat de musicien de première chaise. Il continue par ailleurs d’être actif musicalement, non plus comme flûtiste – bien qu’il détienne une maîtrise de l’Université de Montréal dans l’étude de cet instrument – mais comme chanteur. Il est aussi ténor. Au moment de notre entretien, une légère infection suscitait chez lui l’inquiétude de ne pouvoir honorer son engagement avec La Chapelle de Québec la semaine suivante. Qu’à cela ne tienne : bien qu’il manque de voix ce soir, il est clair que Michel Léonard a trouvé sa voie!

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Béatrice Cadrin

Passionnée par l’orchestre symphonique et par la médiation de la musique, Béatrice est formée en interprétation musicale (alto et direction d’orchestre) au Conservatoire de musique de Québec, à l'Université Laval et à l'École supérieure de musique et de théâtre de Hanovre (Allemagne). Elle achève cette année une maîtrise en musicologie à l’Université de Montréal.

Béatrice Cadrin

Passionnée par l’orchestre symphonique et par la médiation de la musique, Béatrice est formée en interprétation musicale (alto et direction d’orchestre) au Conservatoire de musique de Québec, à l'Université Laval et à l'École supérieure de musique et de théâtre de Hanovre (Allemagne). Elle achève cette année une maîtrise en musicologie à l’Université de Montréal.
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