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CRITIQUE | David Jalbert - Stravinski Prokofiev : l’équilibre idéal entre puissance et délicatesse

Par Frédéric Cardin le 5 novembre, 2017

Stravinski Prokofiev, paru chez ATMA Classique, est un tour de force de virtuosité, de force d’impact sonore et de coloris pianistiques exceptionnels.
Stravinski Prokofiev, paru chez ATMA Classique, est un tour de force de virtuosité, de force d’impact sonore et de coloris pianistiques exceptionnels.

L’un des 15 meilleurs pianistes canadiens de tous les temps. C’est ainsi que CBC qualifiait récemment le Québécois David Jalbert. J’ai tendance à être d’accord. Et s’il fallait un album pour le prouver à ceux qui en douteraient encore, il vient d’arriver! Stravinski Prokofiev, paru chez ATMA Classique, est un tour de force de virtuosité, de force d’impact sonore et de coloris pianistiques exceptionnels.

Au programme : 3 mouvements de Petrouchka et L’oiseau de feu, de Stravinski, ainsi que Dix morceaux extraits de Roméo et Juliette, de Prokofiev. Le résultat : une articulation incisive, chirurgicalement précise comme un scalpel; une puissance sonore explosive jaillissant avec force lumière d’un instrument magnifique qui résonne somptueusement dans la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm de Québec; d’autres épisodes de tempérance, douce et subtile, vibrant délicatement d’une introspection bienfaisante.

Pétrouchka

Le Pétrouchka de Stravinski est le résultat d’une collaboration à l’origine improbable. Le génial pianiste Artur Rubinstein avouait ne pas avoir d’atomes crochus avec la musique de Stravinski. Pourtant, le compositeur prit à cœur d’écrire une version pour piano de sa célèbre partition orchestrale et de convaincre l’interprète de la jouer. Rubinstein négocia ferme son accord en imposant au compositeur une quasi-réécriture de l’œuvre dans sa version pianistique. Des rondeurs plus coussinées dans les basses, des aigus scintillants maintenus malgré tout afin d’aérer les textures, bref, le Pétrouchka pour piano de Stravinski, est un peu aussi celui de Rubinstein.

Et maintenant, il est également un peu celui de David Jalbert, car le Québécois a osé inclure dans le mouvement final la Danse de l’ours, présente dans le ballet d’origine, mais bizarrement omise par Stravinski dans sa transcription. L’audace porte ses fruits et devient ici un élément supplémentaire pour faire de cet enregistrement un ajout plus qu’intéressant à la discothèque générale de cette musique.

L’Oiseau de feu

L’Oiseau de feu est joué ici dans sa version arrangée par l’Italien Guido Agosti, un élève de Ferruccio Busoni. Stravinski avait pourtant bien réalisé sa propre transcription de l’œuvre, mais il ne la joua jamais en concert, et sa réputation de partition formelle, simple et limpide, mais manquant un peu de chaleur, stimula Agosti dans sa volonté de rendre compte du faste de cette musique légendaire.

Splendeur et flamboyance : c’est ce que visait Agosti et l’objectif est atteint. David Jalbert s’en donne à cœur joie et le résultat est infiniment séduisant.

Roméo et Juliette de Prokofiev

Au contraire, les Dix morceaux extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev apparaissent économes dans leurs affects exprimés et les couleurs appliquées aux différents tableaux du ballet.

Ce n’est pas une musique techniquement « facile », mais elle apparaît néanmoins dépourvue de velléités exhibitionnistes et spectaculaires. Tout est en finesse et en distinction, même l’archiconnue Montaigus et Capulets, pourtant dotée d’une personnalité forte et affirmée.

Encore une fois, Jalbert fait preuve d’une musicalité qui tend vers la quintessence de l’équilibre entre raffinement intellectuel et frémissement sensitif.

Magique.

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