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Toronto Montreal

ENTRETIEN | Le trésor caché de la violoniste Nuné Melik

Par Stéphanie Dupuis le 29 octobre, 2017

Au terme de plusieurs années de recherches ardues sur la musique arménienne, la violoniste Nuné Melik lance son premier opus : Hidden Treasure. (Crédit: Jan Osipyan)
Au terme de plusieurs années de recherches ardues sur la musique arménienne, la violoniste Nuné Melik lance son premier album : Hidden Treasure. (Crédit: Jan Osipyan)

Au terme de plusieurs années de recherches ardues sur la musique arménienne, la violoniste Nuné Melik lance son premier album : Hidden Treasure, sous étiquette Dom Forlane. Un retour aux sources pour l’artiste qui souhaite faire connaître cette musique encore méconnue au Canada.

« C’est un peu comme un trésor caché que je voulais rendre disponible », amorce l’artiste.

Née en Sibérie de parents à l’héritage multiple (arménien, géorgien et juif), les premiers contacts de Nuné Melik avec la musique remontent à ses quatre ans, lorsqu’elle accompagnait sa sœur aînée à ses leçons de piano.

« Je me souviens comment ma mère travaillait avec ma sœur sur l’instrument », raconte la violoniste, empreinte d’admiration pour sa mère, bonne pédagogue sans pour autant être enseignante.

Nuné Melik entre au conservatoire de musique de Moscou avant de se faire inviter, en 2009, à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Elle y complète une maîtrise en interprétation, puis poursuit au doctorat à l’Université McGill où elle continue, encore aujourd’hui, des recherches sur la musique arménienne. Entre temps, la Banque d’instruments du Conseil des arts du Canada lui a attribué, jusqu’en 2018, un violon Carolo Ferdinando Landolfi datant de 1750. Ce dernier l’a accompagné lors des débuts comme soliste au Carnegie Hall, l’an dernier.

Se sentant déracinée depuis son arrivée au Canada, elle s’est plongée dans l’univers musical qui lui rappelle ses origines. C’est ainsi qu’elle s’est découvert une réelle passion.

« C’était logique pour moi de faire un album de musique arménienne, surtout parce que c’est ce que j’entendais à la maison étant enfant », raconte-t-elle.

Après un récital accompagné du pianiste Michel-Alexandre Broekaert au Café d’art vocal de Montréal, vendredi dernier, Nuné Melik soulignait :

« On ne peut pas parler de la musique arménienne sans parler de la nation. Elle a été détruite en 1915 avec le génocide arménien, où plus d’un demi-million de personnes ont péri. Nous avons continué à faire des films, à écrire des livres, composer de la musique. »

La violoniste est d’avis que l’histoire du pays transparaît dans son art.

Nommée représentante culturelle du Canada pour souligner les 100 ans du génocide arménien en 2015, elle ajoute :

« Le style arménien est plus émotionnel et plus proche de la terre. Il y a une liberté dans la forme et le contenu ».

Contrairement à la musique européenne de l’Ouest, celle de l’Est se distingue par son anticonformisme, selon elle.

À la découverte du patrimoine musical arménien

Cette passion grandissante pour la musique arménienne l’a amenée à approfondir ses recherches. L’artiste a débuté une campagne de sociofinancement sur la plateforme Kickstarter pour défrayer les coûts de quelques voyages en Arménie qui lui ont permis de mettre la main sur des pièces jusqu’alors introuvables au Canada. L’argent recueilli a aussi servi à financer la production de l’album Hidden Treasure, enregistré à l’Université McGill et au Yamaha Artist Studio à New York.

« Je suis allée à l’Union des compositeurs en Arménie où on m’a donné accès à des endroits effrayants et très poussiéreux, à la recherche de partitions peu connues », se souvient la violoniste, qui a traversé l’Atlantique à trois reprises pour ce projet. Elle ne s’est pas contentée que des partitions. Elle a aussi rencontré sur place de nombreux compositeurs.

Chaque œuvre présentée sur cet album a son histoire. La première. L’abricotier (Apricot Tree) du compositeur Komitas Vardapet (1869-1935), est un véritable symbole de la musique arménienne rurale. Le même compositeur apparaît sur deux autres pièces de l’album, Striding Beaming et Crane.

Aram Khachaturian (1903-1978), quant à lui, s’inspire plutôt de la musique des troubadours arméniens, mais avec une approche plus poétique.

« Les références à Ravel sont nombreuses, particulièrement dans la texture du piano, précise Nuné Melik. J’essaie de choisir un répertoire  pas trop folklorique. C’est à la fois arménien et international, avec un langage que tout le monde peut comprendre. »

C’est toutefois une pièce du même compositeur, La variation de Nuné du ballet Gayane, qui attire l’attention.

« Nuné, tu as une variation à ton nom ! », lui lançait son professeur d’université, à la blague. À l’image de la violoniste, la partition se veut énergique et rythmée.

Le duo Michel-Alexandre Broekaert (piano) et Nuné Melik sera de la tournée nationale de Jeunesse Musicales Canada l’an prochain. Une tournée en Chine est aussi prévue pour 2019.

Le duo Michel-Alexandre Broekaert (piano) et Nuné Melik sera de la tournée nationale de Jeunesse musicale Canada l’an prochain. (Crédit: Gabriella Faith)
Le duo Michel-Alexandre Broekaert (piano) et Nuné Melik sera de la tournée nationale de Jeunesse musicale Canada l’an prochain. (Crédit: Gabriella Faith)

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Stéphanie Dupuis

Lauréate du Prix Lizette-Gervais 2017 de la FPJQ dans la catégorie "multimédia", Stéphanie Dupuis détient un DESS en journalisme de l'Université de Montréal. Elle a été stagiaire et surnuméraire à La Presse à l'été 2017. Stéphanie a fait onze ans de piano classique. Elle est présentement étudiante à la maîtrise en communications à l'UQAM.

Stéphanie Dupuis

Lauréate du Prix Lizette-Gervais 2017 de la FPJQ dans la catégorie "multimédia", Stéphanie Dupuis détient un DESS en journalisme de l'Université de Montréal. Elle a été stagiaire et surnuméraire à La Presse à l'été 2017. Stéphanie a fait onze ans de piano classique. Elle est présentement étudiante à la maîtrise en communications à l'UQAM.
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