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Toronto Montreal

ENTRETIEN | Jean-Philippe Sylvestre: à la conquête d'André Mathieu

Par Caroline Rodgers le 28 septembre, 2017

Jean-Philippe Sylvestre lance cet automne son premier album avec ATMA Classique. C’est le compositeur québécois André Mathieu qu’il a retenu pour ce projet mené avec l’Orchestre Métropolitain, sous la direction d’Alain Trudel. (Crédit photo: Nathalie Blanchard)
Jean-Philippe Sylvestre lance cet automne son premier album avec ATMA Classique. C’est le compositeur québécois André Mathieu qu’il a retenu pour ce projet mené avec l’Orchestre Métropolitain, sous la direction d’Alain Trudel. (Crédit photo: Nathalie Blanchard)

Jean-Philippe Sylvestre aurait peut-être aimé devenir pilote d’avion. Heureusement pour les mélomanes, c’est la musique qui a fini par l’emporter dans le cœur de ce surdoué. Le pianiste de 35 ans lance cet automne son premier album avec ATMA Classique. C’est le compositeur québécois André Mathieu qu’il a retenu pour ce projet, mené avec l’Orchestre Métropolitain, sous la direction d’Alain Trudel, dans le cadre du Festival Classica.

L’album a été enregistré en concert pendant le Festival Classica, en juin dernier, à l’église de Saint-Constant, située à quelque pas d’une maison où André Mathieu lui-même a passé plusieurs étés avec sa famille. Jean-Philippe Sylvestre connaissait déjà le chef, Alain Trudel, depuis l’enfance.

Le programme comprend le Concerto no 2 de Rachmaninov et le Concerto de Québec d’André Mathieu. Il s’agit du troisième concerto de Mathieu, auquel on a enlevé des parties pour en faire la musique d’un film intitulé La Forteresse, en 1946.

« Avec mon équipe, nous allons aussi enregistrer, plus tard, le Concerto no 3 de Mathieu, ainsi que son no 4. Notre projet est d’enregistrer tous les concertos de Mathieu, du moins ceux qui nous sont restés, car son premier concerto est toujours manquant. André Mathieu n’écrivait pas toute sa musique et plusieurs choses ont été perdues. C’est un projet très motivant. »

Ce qu’il aime d’André Mathieu? « Son cœur » répond-t-il spontanément.

« Ce qui m’a amené à lui, c’est qu’à 10 ans, on m’a demandé de jouer son rôle dans un film de Jean-Claude Labrecque, André Mathieu, musicien. Puis il y a deux ans, on m’a offert d’interpréter ses pièces solos au Festival Classica. J’ai ouvert les partitions, j’ai écouté, et je suis vraiment tombé amoureux de lui et de sa musique. On en parle beaucoup dans le film L’Enfant Prodige, que j’ai vu plusieurs fois. C’était un gars viscéral, un Québécois, et je pense que je suis beaucoup comme ça. Le plus important, c’est le cœur. Il y a aussi énormément de virtuosité dans sa musique, et ça me correspond. Je me sens sur la même longueur d’onde. Je trouve qu’il a réussi à créer quelque chose de personnel, à lui, qui fait vibrer le cœur. »

À son époque, André Mathieu s’est souvent dit qu’il n’était pas assez moderne, en retard sur les compositeurs de son époque.

« Il a écouté son cœur et c’est tout, dit Sylvestre. Il faut faire ce qu’on aime et on ne peut pas faire la musique qu’on n’aime pas, ni être ce qu’on n’est pas. »

Parlant d’Alain Lefèvre, qui a passé des années à faire connaître André Mathieu, il est reconnaissant.

« C’est beaucoup grâce à son travail si André Mathieu a eu la reconnaissance qu’il méritait et nous lui en sommes redevables. Maintenant nous sommes plusieurs jeunes pianistes à jouer ses œuvres et je trouve ça formidable, car c’est un compositeur de chez nous important. »

 

Le programme comprend le Concerto no 2 de Rachmaninov et le Concerto de Québec d’André Mathieu.
Le programme comprend le Concerto no 2 de Rachmaninov et le Concerto de Québec d’André Mathieu.

La formation

Jean-Philippe Sylvestre est reconnu pour sa grande virtuosité. Celle-ci ne s’est évidemment pas construite en un jour. À quatre ans, il commençait le piano avec Ghislaine Nepveu. Son entourage constate vite qu’il a du talent.

« Très tôt, j’étais déjà en contact avec Marc Durand et j’allais prendre des cours de maître avec lui. Il a été un pilier dans mon apprentissage. Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j’ai été soutenu et j’ai eu énormément de cours de maîtres avec de grands pédagogues, entre autres Monique Deschaussées, Menahem Pressler, André Laplante. À seize ans, je suis entré directement à l’université sous la tutelle de Marc Durand. »

Par la suite, il a étudié au Royal Conservatory of Music of Toronto avec John Perry, et s’est ensuite perfectionné pendant trois ans en Italie et en Allemagne avec Louis Lortie. Il s’est perfectionné avec d’autres grands pianistes comme Michel Dalberto, Jacques Rouvier, Anton Kuerti et Leon Fleisher, entre autres.

« Ce sont tous des gens que j’admire énormément. C’est ce que j’ai toujours trouvé de plus important : il faut que le professeur t’inspire, au départ. Marc Durand m’a énormément influencé et quand on est jeune, les premiers professeurs sont très importants. Il a étudié lui-même avec Fleischer et m’a appris des leçons importantes sur le plan physique, il vient d’une lignée de professeurs qui nous ont appris à faire corps avec l’instrument, à utiliser tout le corps pour jouer. D’un autre côté, Michel Dalberto m’a beaucoup appris sur le plan du style. »

Aujourd’hui, le pianiste vit à Paris.

« Je me sens très Européen dans l’âme, dit-il. Tant de compositeurs sont européens, quelque chose m’appelle là-bas, tout simplement. Au départ, je suis parti en Europe pour me développer après des années à faire énormément de compétition au Canada. J’avais envie de me découvrir et de trouver qui je suis comme artiste. Les concours, c’est formidable, mais c’est bon, un jour, de se concentrer sur autre chose. L’Europe et Paris me font vibrer, je sors beaucoup au théâtre, au ballet, au concert. Je m’imprègne de culture le plus possible. »

En dehors de la musique classique, le pianiste aime le jazz, un peu de heavy metal de temps à autre…et le silence!

« J’adore le silence. Tout se passe dans le silence. Le matin, quand je me lève, je ne veux pas qu’on me parle trop, je ne veux pas entendre de musique. Je suis déjà en train de répéter mon piano, dans ma tête. »

Quelques concerts et projets à venir

Le 11 octobre, Jean-Philippe donnera son deuxième récital solo à la salle Cortot, à Paris, avec un programme incluant des œuvres de Mozart, Bach et Prokofiev. Il a donné plusieurs récitals en France depuis qu’il y séjourne. Il jouera également le 18 novembre à Bruxelles. En décembre, il prend congé de la scène pour préparer une saison 2018-2019 très chargée.

Le 18 janvier 2018, il jouera avec l’Orchestre symphonique de Laval, et le 17 février, donnera un récital à la salle Georges-Codling à Sorel-Tracy, Au programme: trois sonates de Beethoven. En mars, il enregistrera un nouveau disque. Le 22 juin, il donnera un concert aux Iles de la Madeleine avec le violonistes Alexandre Da Costa. Il se garde aussi des périodes sans concerts pour faire l’apprentissage de nouvelles pièces.

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

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Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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