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CRITIQUE | Concert hommage à Joseph Rouleau réussi de l'OCM

Par Béatrice Cadrin le 21 juin 2024

Aline Kutan, Mireille Lebel, Éric Laporte et Philippe Sly, sur scène avec l'OCM et Jacques Lacombe. (Photo : Dominic Blewett, OCM)
Aline Kutan, Mireille Lebel, Éric Laporte et Philippe Sly, sur scène avec l’OCM et Jacques Lacombe. (Photo : Dominic Blewett, OCM)

L’Orchestre classique de Montréal a offert mardi soir à la Maison symphonique un concert hommage à Joseph Rouleau réussi, trouvant un bel équilibre entre concert de qualité et hommage senti. Un quatuor de nos meilleurs chanteurs solistes avait été réuni pour l’occasion : la soprano Aline Kutan, la mezzo Mireille Lebel, le ténor Éric Laporte et le baryton-basse Philippe Sly.

Sly s’est glissé consécutivement dans la peau de Leporello pour un Air du catalogue agrémenté de moultes mimiques et dans celle de Don Giovanni pour le duo Là ci darem la mano avec Mireille Lebel en Zerlina. On ne peut en vouloir à Zerlina de s’être laissée séduire par des « Andiam’! » chantés avec autant de velours. Mais c’est finalement dans l’Air du roi Philippe tiré de Don Carlos de Verdi que le baryton-basse était le plus convaincant, modelant la voix pour des « Elle ne m’aime pas » éteints par la douleur.

Éric Laporte a fait preuve de son charme et de sa présence scénique habituels, malgré des aigus coincés qui ont semblé se replacer pour la deuxième partie. Il a particulièrement brillé, vocalement et dramatiquement, dans « Va pour Kleinzach » tiré des Contes d’Hoffmann.

Le timbre chaleureux de Mireille Lebel a pu se déployer avec délectation dans « Oh, dischiuso è il firmamento » de Nabucco et bien sûr dans la Séguedille de Carmen, deux airs lui convenant parfaitement.

Aline Kutan, ayant déjà conquis la salle avec sa Violetta en première partie, s’est surpassée elle-même dans l’Air des clochettes de Lakmé, admirablement placé. Chez Kutan, la voix de tête garde un timbre robuste plus proche de la clarinette que de la flûte. Cette ampleur du ton, ainsi que leurs vibratos concordants, contribuait au jumelage réussi de sa voix avec celle de Lebel dans le Duo des fleurs.

 

Aline Kutan s'est surpassée elle-même dans l'Air des clochettes de Lakmé. (Photo : Dominic Blewett, OCM)
Aline Kutan s’est surpassée elle-même dans l’Air des clochettes de Lakmé. (Photo : Dominic Blewett, OCM)

Les quatre chanteurs se sont réunis à la fin de la première partie pour chanter le quatuor « Bella figlia » de Rigoletto et de nouveau à la toute fin, alors qu’ils et elles entonnaient avec plus ou moins de bonheur, selon les voix, deux chansons de Félix Leclerc, Moi, mes souliers et l’Hymne au printemps, dans des orchestrations exemplaires de Gilles Bellemare.

Du côté de l’orchestre, l’OCM a démontré une fois de plus que l’association avec Jacques Lacombe porte fruit : le contrôle des nuances dans l’ouverture de Don Giovanni, le fondu des violons dans le Prélude de l’Acte III de La Traviata et la bravoure impertinente de l’Aragonaise tirée de la Suite Carmen no 1 de Bizet en sont la preuve. La symbiose entre orchestre et chef était moins évidente sur la question des tempos, alors que chaque parti semblait tirer dans des directions opposées. Le chef visait des tempos de façon générale allants, parfois forçant les voix au-delà du point de confort et aplatissant occasionnellement les finesses de l’accompagnement orchestral, notamment les chromatismes et les dissonances dans les deux airs de Mozart.

On a eu l’occasion de revoir la jeune chef assistante Emmanuelle Lambert-Lemoine, de qui je suis de plus en plus fan, diriger. C’était une bonne idée de lui confier l’Intermezzo et les Toréadors de la Suite de Carmen, deux mouvements qui faisaient ressortir chez la cheffe des expressions gestuelles complètement différentes de celles requises par la Ronde villageoise de Pépin qu’elle avait dirigée au concert de février dernier.

NEXpérience

Lors de mon premier essai de la plateforme NEXpérience, j’avais trouvé l’identification des sortes d’oiseaux évoquées dans le Concerto pour violon de Louis Babin une contribution  particulièrement pertinente pour l’appréciation de l’oeuvre. Cette fois, la plateforme a démontré son utilité en fournissant les paroles des pièces chantées : plutôt que des sous- ou des surtitres, on avait accès à des « titres de poches », plus confortables à lire que les versions projetées sur un écran. Les photos de Joseph Rouleau défilant durant les présentations de Sylvia L’Écuyer au micro constituaient également un ajout apprécié.

J’ai également pu découvrir l’expérience de réalité virtuelle Joseph Rouleau : Dernier rappel, qui nous fait découvrir la vie du chanteur à travers des archives et des entrevues. Le film atteint bien son but de mieux nous faire connaître cette grande figure de l’art lyrique québécois, mais l’aspect « réalité virtuelle » ne contribue pas grand chose au contenu, qui aurait très bien pu prendre la forme d’un documentaire régulier.

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Béatrice Cadrin
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