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CRITIQUE | Fin de saison coup(s) de marteau à l'OM

Par Béatrice Cadrin le 17 juin 2024

Yannick Nézet-Séguin dirigeant l'OM dans la Sixième symphonie de Mahler. (Photo : François Goupil)
Yannick Nézet-Séguin dirigeant l’OM dans la Sixième symphonie de Mahler. (Photo : François Goupil)

L’Orchestre Métropolitain a conclu sa saison hier après-midi en assénant deux coups de marteau à un public accouru en grand nombre pour en faire l’expérience. La Sixième symphonie de Mahler a fait vibrer les coeurs et les tympans dans une démonstration de force assourdissante.

Nézet-Séguin avait choisi d’ajouter en préambule à la symphonie un hommage au compositeur Jose Evangelista, décédé en 2023. Ainsi, Alap, première partie de l’oeuvre en deux parties Alap et Gat, a été juxtaposée sans interruption au premier mouvement de la symphonie. Cette idée au premier abord légèrement saugrenue à cause de la disparité des langages musicaux s’est avérée au final très réussie. Nézet-Séguin a modelé les lignes de cordes de la fin d’Alap pour les faire tendre vers l’introduction d’un nouvel élément, et le début de la symphonie pour le faire sonner comme s’il se déployait à partir de ce qui avait précédé.

Alap et la symphonie présentaient des moments d’une grande réussite, où tous les éléments se rejoignaient dans une cohérence d’intention qui magnifiait le discours musical. La sonorité des cordes était ronde et moelleuse, les cuivres impeccablement unifiés et les bois parfaitement timbrés et équilibrés. Chez les percussions, le marteau et les cloches à vache ont mérité leur statut de vedettes désignées, mais il faut aussi mentionner le xylophone et le célesta, dont les sonorités distinctives venaient rehausser avec doigté le mélange orchestral.

 

Alexander Haupt maniant le fameux marteau. (Photo : François Goupil)
Alexander Haupt maniant le fameux marteau. (Photo : François Goupil)

Malheureusement, dans les deux oeuvres, ce degré de réussite n’était pas constant, avec des passages un peu errants, où l’intention était nettement moins claire.

Tristement, ce manque de cohésion s’est fait sentir dans le si poignant troisième mouvement, qui a pris du temps à atteindre les sommets de désir et d’effusion qu’on attendait. Le moelleux des cordes s’éteignait par moment, heureusement sans jamais manquer de se raviver éventuellement au prochain passage plus intense.

Le dernier mouvement, point culminant de cette symphonie surnommée « Tragique », a lui éclipsé toutes les attentes. L’orchestre et le chef y ont progressé de sommet en sommet, laissant croire qu’ils avaient atteint leurs dernières réserves, alors qu’ils réussissaient encore à pousser plus haut et plus loin.

Halte-garderie

L’OM proposait une halte-garderie où les enfants de 5 à 10 ans étaient invités à faire des bricolages en lien avec le concert présenté, sous condition de s’être inscrit au préalable. L’idée est si bonne, en particulier pour un concert d’après-midi, qu’il est étonnant qu’elle n’ait pas été instaurée plus tôt.

Le bambin surpris par l’accord final, brutal doit-on dire, de la symphonie était-il le frère ou la soeur plus jeune d’un aîné assez vieux pour participer à la halte-garderie, alors que les parents ont pensé pouvoir profiter de l’heure de la sieste pour garder le plus jeune avec eux dans la salle? D’un côté, on ne peut reprocher au pauvre enfant d’avoir eu la peur de sa vie tant le double coup sec des timbales était impressionnant; de l’autre, il est dommage que le public ait reçu les toutes dernières mesures de la symphonie un sourire en coin, complètement à l’opposé du sentiment qu’aurait dû éliciter la fin de cette symphonie magistrale.

Concours OMNI

Avant le concert, la directrice générale de l’OM Fabienne Voisin a pris le micro pour annoncer officiellement les gagnants de la sixième édition du Concours OMNI de l’orchestre et procéder à la remise des prix. Trois grands prix ont été remis, un dans chaque catégorie d’âge. Chez les 7-11 ans, le violoniste Sacha Jorba-Wu s’est vu remettre le prix Yannick Nézet-Séguin des mains mêmes du maestro. En tant que grand lauréat de la catégorie 12-14 ans, le pianiste Brandon Bing a reçu le prix Hydro-Québec, et le prix François Schubert, accordé au grand lauréat de la catégorie 15-17 ans, a été remis à Éli Turmel, tromboniste basse.

Tournée 2025

L’OM peut maintenant annoncer les rendez-vous de sa tournée européenne du printemps prochain, pour laquelle il sera rejoint par le pianiste Alexandre Kantorow. Le programme, justement intitulé Invitation au voyage, comprend, outre le Deuxième Concerto pour piano de Saint-Saëns, La Valse de Ravel, Eko-Bmijwang (Aussi longtemps que la rivière coule) de Barbara Assiginaak et comme pièce de résistance, une autre Sixième, soit celle de Tchaïkovski.

Cette deuxième tournée de l’orchestre le mènera au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le 23 juin, à la Philharmonie de Paris le 24, au Konzerthaus de Vienne le 25, à la Elbphilharmonie de Hambourg le 26 et se conclura par deux journées à Baden-Baden les 28 et 29 juin.

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Béatrice Cadrin
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