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CRITIQUE | Une fin de saison remarquable pour l'Orchestre classique de Montréal

Par Caroline Rodgers le 22 juin 2023

Maxime Goulet, compositeur de la Symphonie de la tempête de verglas, 20 juin 2023 (Photo: Steve Gerrard)
Maxime Goulet, compositeur de la Symphonie de la tempête de verglas, 20 juin 2023 (Photo: Steve Gerrard)

Mardi soir, le 20 juin, avait lieu le concert de clôture de l’Orchestre classique de Montréal, également un gala bénéfice, sous le titre « Le feu et la glace », dont le programme avait tout pour remplir la Maison symphonique avec la création de la Symphonie de la Tempête de verglas, de Maxime Goulet, et Carmina Burana, de Carl Orff, sous la direction d’Alain Trudel.

Les quatre mouvements de la Symphonie de la tempête de verglas, commandée conjointement par cinq orchestres – Orchestre symphonique de Laval, l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et l’orchestre ROCO, de Houston – avaient déjà eu leurs premières séparément, à différentes occasions.

Cette première symphonie de Maxime Goulet a aussi été enregistrée par l’OCM sous étiquette ATMA Classique et sous la direction de Jacques Lacombe, nouveau directeur artistique de l’ensemble, mais c’était la première fois qu’on interprétait l’intégrale devant public.

L’objectif était évidemment de souligner les 25 ans de la pire catastrophe naturelle dans l’histoire du Québec, la crise du verglas de 1998, et au début du concert, Maxime Goulet est venu expliquer sa démarche, laquelle est assez simple: traduire en musique à la fois les actes de la nature, mais aussi leurs effets sur les humains, ou comme le compositeur l’a expliqué en entrevue, ce qu’il appelle « les tourments météorologiques mais aussi les tourments émotifs des personnes ».

À travers quatre mouvements intitulés Tourmente, Chaleur, Noirceur et Lumière, Maxime Goulet raconte cette histoire avec intelligence et sensibilité. Il s’est surpassé. Non seulement la Symphonie de la tempête de verglas est-elle intéressante à écouter, mais elle nous ressemble, à nous, les Québécois.

Le traitement du matériau orchestral, les textures créées par la superposition de différents timbres, l’arc de développement de chaque mouvement, le dosage dynamique, la cohérence des idées, tout cela démontre que le compositeur a atteint une maturité et s’autorise à déployer sa créativité, à approfondir davantage ses idées, prouvant ainsi de quoi il est capable. On est loin de ses œuvres plus ludiques telles que ses Chocolats symphoniques ou encore Le basson fait son cirque.

Avec son sublime solo de violoncelle (en hommage à Lotte Brott), interprété ici par Chloé Dominguez, le troisième mouvement, Noirceur, est particulièrement touchant, et c’est le plus accompli. Du début à la fin, Maxime Goulet évite également la complaisance dans l’émotion, il dose le tout avec finesse, bon goût, et ne tombe pas dans certains pièges qui auraient pu rentre le résultat superficiel.

Au contraire, dans l’ensemble, la conception et les idées développées par la Tempête de verglas en font une symphonie dotée d’un intérêt musical intrinsèque qui va bien au-delà de la narration qu’elle propose, parce que musicalement, elle constitue un univers qui donne le goût d’y revenir, et où l’on a envie de passer du temps. On pourrait d’ailleurs l’écouter sans connaître son propos historique et l’apprécier tout autant. Parions qu’elle aura une vraie vie en étant rejouée souvent, et le fait que ses mouvements présentent chacun une ambiance bien distincte risque de favoriser cette longévité.

 

Carmina Burana

Ce concert à grand déploiement nous réservait également Carmina Burana, avec le Choeur de Laval (chef: Dany Wiseman), les Petits chanteurs du Mont-Royal (directeur artistique: Andrew Gray) et des solistes hors pair, soit Antoine Bélanger, Aline Kutan et Hugo Laporte, tous trois en grande forme.

Bien que le chœur d’adultes aurait eu plus de corps avec davantage de voix masculines, le tout était de bonne tenue et dirigé de main de maître par Alain Trudel. Nous avons donc passé un bon moment avec cette œuvre foisonnante.

C’est une fin de saison remarquable pour l’OCM après ce que Taras Kulish, directeur général, a qualifié avant le concert de l’une années des plus difficiles dans l’histoire de l’orchestre, avec le décès tragique de Boris Brott, en avril 2022. Avec la nomination de Jacques Lacombe à sa tête, une nouvelle ère s’amorce pour l’Orchestre classique de Montréal, où l’on espère, d’autres projets rassembleurs comme la création de la Symphonie de la tempête de verglas seront mis de l’avant.

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