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Toronto Montreal

CRITIQUE | Orchestre Métropolitain : Alondra de la Parra électrise la Maison symphonique

Par Caroline Rodgers le 11 octobre, 2019

La chef d'orchestre mexicaine Alondra de la Parra dirigeait l'Orchestre Métropolitain, 10 septembre 2019, Maison symphonique. (Photo: courtoisie)
La chef d’orchestre mexicaine Alondra de la Parra dirigeait l’Orchestre Métropolitain, 10 octobre 2019, Maison symphonique. (Photo : courtoisie)

Comme chef d’orchestre, l’impressionnante Alondra de la Parra a tout pour elle. Le charisme, l’autorité naturelle, la musicalité, une vision juste des oeuvres et l’éloquence du geste. Le concert de l’Orchestre Métropolitain, hier soir, 10 octobre, à la Maison symphonique, lui a permis de démontrer toutes ces qualités et de nous offrir, avec les musiciens de l’OM, un magnifique concert.

Cela dit, si quelqu’un me demandait de lui fournir une liste d’enregistrements que j’apporterais sur une île déserte, il est bien certain que la suite Appalachian Spring d’Aaron Copland n’en ferait pas partie. Même lorsque bien jouée, (ce qui fut le cas hier), j’ai toujours trouvé cette oeuvre trop longue et légèrement ennuyeuse.

Passons.

La pièce commandée par l’Orchestre Métropolitain à la compositrice de Winnipeg Karen Sunabacka, un Concerto pour cor anglais joué par l’excellente Mélanie Harel, (cor anglais solo de l’Orchestre Métropolitain depuis 2008) est d’un intérêt limité, et ce n’est en aucun cas la faute de la soliste.

Il s’agissait d’une création. L’oeuvre est écrite à la mémoire de Beverley Clouston, tante de la compositrice, une personne ayant souffert de handicaps et de problèmes de santé toute sa vie, mais malgré tout, d’humeur joyeuse et gentille avec tous.

 

Alondra de la Parra
Alondra de la Parra et Mélanie Harel dans le Concerto pour cor anglais de K. Sunabacka à l’Orchestre Métropolitain, 10 septembre 2019, Maison symphonique. (Photo : courtoisie)

Cette attention est touchante et la pièce en trois mouvements nous permet de constater que Karen Sunabacka est une compositrice expérimentée qui sait ce qu’elle fait et maîtrise parfaitement l’orchestration. Son concerto, pièce tonale écrite dans un langage assez conventionnel, me semble toutefois une demi-réussite.

Le premier mouvement, intitulé Positive and negative, est basé sur un motif répétant la même note comme un clou que l’on enfonce encore et encore, ce qui s’avère tout de même assez irritant.

Le second mouvement est une vaste et belle variation de la chanson américaine You are my sunshine, lentement déclinée à travers les sections de l’orchestre, et qui s’enchaîne sur le troisième intitulé Big John, mouvement pétillant et entraînant faisant appel à moult percussions et pizzicato. Il reste que le tout m’apparaît davantage comme un exercice de style que comme un concerto. Quant à Mélanie Harel, sa prestation est remarquable.

La Symphonie du Nouveau Monde à l’OM

Géniale, la  Symphonie no 9 « Nouveau Monde » de Dvořák est toujours un intense plaisir ininterrompu de 40 minutes. Sous la direction d’Alondra de la Parra, l’Orchestre Métropolitain est flamboyant, émouvant, virtuose et particulièrement bouleversant dans les passages doux et dans le Largo avec cet extraordinaire et magique solo de cor anglais joué ici à la perfection par Marjorie Tremblay.

À l’occasion, on entend des mélomanes dire que l’Orchestre Métropolitain joue moins bien « sans Yannick ». Un constat subjectif qui mériterait à lui seul une longue réflexion. Jusqu’à quel point est-ce la vérité, et pourquoi pense-t-on cela? S’il est vrai que les choses se passent parfois moins bien avec certains chefs invités ou dans des circonstances particulières, par exemple cette prestation décevante lors de la première d’Eugene Oneguine à l’Opéra de Montréal, en septembre dernier, rien de tel n’est perceptible avec la fantastique Alondra de la Parra, qui va chercher le meilleur de l’orchestre.

Avec les chefs d’orchestre, l’expérience et le talent comptent, mais aussi leur personnalité, leur attitude, et la relation qu’ils établissent avec l’orchestre. La perception que l’on a d’eux, aussi, est importante. Rien ne peut remplacer une relation deux décennies, c’est un fait.

Je n’étais pas aux répétitions, mais mon petit doigt me dit que la réussite éclatante de ce concert ne tient pas seulement au talent des musiciens de l’OM et au fait que la chef d’orchestre mexicaine possède son métier jusqu’au bout des doigts.

Elle s’explique aussi par son savoir-être, cette posture intelligente qui consiste à faire de la musique « avec » les musiciens de l’orchestre, c’est-à-dire en complicité avec eux, et non en se plaçant comme supérieure ou au-dessus d’eux. Une qualité qu’Alondra de la Parra a certainement en commun avec Yannick Nézet-Séguin.

Vous voulez y assister à ce concert de l’Orchestre Métropolitain dirigé par Alondra de la Parra? 

Il sera aussi présenté à Pointe-Claire, Ahuntsic-Cartierville et Rosemont-La-Petite-Patrie dans les prochains jours. DÉTAILS

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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