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Toronto Montreal

FESTIVALS | Les 50 ans de l'Infonie et autres belles folies au Festival international Musique Actuelle de Victoriaville

Par Caroline Rodgers le 17 mai, 2018

 

Walter Boudreau (Crédit: Jacques Cabana)
Walter Boudreau (Crédit: Jacques Cabana)

Le Festival International Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), qui en est à sa 34e édition, est de retour à compter d’aujourd’hui et ce, jusqu’à dimanche. En tout, 20 concerts seront présentés en quatre jours. Cela commence ce soir avec un concert pour fêter les cinquante ans de la mythique Infonie, l’ensemble de jeunesse de Walter Boudreau. Rencontre avec le fêté et avec le directeur général et artistique du FIMAV, Michel Levasseur.

Le concert de ce soir est un hommage à Walter Boudreau, qui dirigera lui-même son oeuvre Solaris.

« C’est Philippe Hode Keyser, un percussionniste et professeur à Concordia, qui avait repiqué à l’oreille plusieurs pièces de l’Infonie, dont ma composition Paix, une oeuvre d’une grande complexité. Il l’avait fait pour un concert « Ode à l’Infonie », à la Sala Rossa, l’an dernier. Quand j’avais appris cela, j’étais allée à une répétition, puis au concert. Il a une oreille incroyable. Ils ont tout refait sans aucune partition. À la répétition, j’ai été jeté en bas de ma chaise. C’était vraiment formidable. Ils refont la pièce Paix, qui dure environ 45 minutes, au FIMAV. »

Pour Walter Boudreau, ce sera intéressant d’entendre deux de ses oeuvres composées à des décennies d’intervalle.

« Ce qui est le plus intéressant, là-dedans, c’est ce que m’a dit un jour mon ami le compositeur Jean Derome: que Paix et ce qu’on faisait à l’Infonie avait été une inspiration pour développer ce créneau de la musique actuelle. Dans l’Infonie, on faisait de tout: de la rengaine, de la pop, du heavy-metal, du contemporain, du classique, avec des bonheurs inégaux, bien sûr. Nous avons donné dans la musique actuelle. D’ailleurs, à l’époque où j’étais jazzman, en 1968, j’ai formé un trio et on s’était appelés le Trio de musique actuelle de Montréal. La carrière de ce trio a été très marginale, mais le mot « actuel » a commencé à circuler. Après, je me suis plus dirigé vers la musique contemporaine comme telle. »

À sa connaissance, au Québec, c’était la première fois que le terme était employé.

« Il ne faut pas oublier que dans ces années-là, il y avait beaucoup de « hasard » et d’improvisation dans la musique contemporaine grâce à des gens comme John Cage, Earl Brown et d’autres. Il y avait donc des points en commun entre les pratiques musicales. La musique actuelle a pris un créneau particulier, et le FIMAV s’est démarqué. Je me sens très honoré d’y être invité parce que de la musique actuelle, j’en ai fait. Je me suis plutôt dirigé vers la musique écrite, mais j’ai toujours eu une oreille attentive pour la musique actuelle. »

Interruption, ici, de la journaliste:

« Nos lecteurs sont peut-être un peu mêlés dans tout ça. Démêlons-donc les choses une fois pour toutes: comment différencier la musique actuelle de la musique contemporaine?

« On ne sera jamais capable de définir des frontières très étanches. Que ça mélange les gens, est-ce qu’il y a du mal à être mélangé? On vit sur une planète, l’univers est un trip d’acide. On vient d’envoyer une nouvelle fusée qui vient de découvrir un milliard de nouvelles étoiles dans notre galaxie. Alors oui, le monde est mélangeant! » – Walter Boudreau

« Ce qu’on pourrait dire de la musique actuelle, par rapport à la musique contemporaine, c’est qu’elle est issue du même oeuf mais qu’elle est plutôt dirigée vers la performance, plus axée sur les musiciens qui la fabriquent, avec une large part d’improvisation. Il y a beaucoup de responsabilité qui est mise entre les mains des instrumentistes la fabrication de l’oeuvre. En musique contemporaine, c’est plutôt la partition écrite, comme dans la grande tradition classique, qui détermine quoi faire. Le chef va façonner une interprétation, mais il y a des limites. Il doit respecter la partition. Tandis que si on a une oeuvre ouverte, un plus grand choix est donné à l’interprète. Cela ne veut pas dire que ce qui est contraignant est meilleur ou moins bon, mais ce sont des approches différentes. »

On pourrait certes rédiger un article de 10 000 mots à partir de cette rencontre épique. Toutefois, dans ce trip d’acide qu’est l’univers, le temps est malheureusement limité. Laissons la chance à Michel Levasseur, resté discret jusque-là, de dire son mot.

Un festival de musique actuelle à Victoriaville, comment ça se passe?

« On attire, en salle, entre 4000 et 5000 personnes, dit-il. En 2010, nous avons ajouté un circuit d’installations sonores, ce qui a vraiment redynamisé le festival et changé sa présentation, son impact. Environ 12 000 personnes viennent visiter les installations sonores. Nous avons aussi un excellent appui du milieu et de nombreux commanditaires. On a toujours eu l’appui du milieu, depuis le début. »

DÉCOUVRIR TOUTE LA PROGRAMMATION DU FIMAV

 

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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