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AMSTERDAM | L'Orchestre Métropolitain réussit le test du Concertgebouw

Par Caroline Rodgers le 29 novembre, 2017

L'Orchestre Métropolitain a poursuivi sa tournée européenne au Concertgebouw d'Amsterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, le 29 novembre 2017. (Crédit: François Goupil)
L’Orchestre Métropolitain a poursuivi sa tournée européenne au Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, le 29 novembre 2017. (Crédit: François Goupil)

Les musiciens de l’OM étaient stressés pour ce concert, sans doute plus que pour les deux précédents. Le Concertgebouw, salle mythique où tant d’artistes légendaires ont joué, accueillait ce soir pour la première fois l’Orchestre Métropolitain. Le test est réussi sur tous les plans, et le public exigeant d’Amsterdam les a applaudis à tout rompre.

Le programme était le même qu’à Cologne : Exil intérieur, d’Éric Champagne, le Concerto pour la main gauche de Ravel avec Alexandre Tharaud, le Concerto pour violoncelle d’Elgar avec Stéphane Tétreault, et La Mer, de Claude Debussy. Sans oublier le toujours émouvant Nimrod extraits des Variations Enigma, d’Elgar, en rappel.

Autre pays, autre mœurs de spectateurs. Alors que les Allemands de Cologne et Dortmund applaudissaient très longtemps sans se lever, ici, on se lève, mais on ne fait pas revenir les solistes quatre fois pour des saluts. Cette fois-ci, Alexandre Tharaud n’a pas donné de rappel.

Tant l’orchestre que les solistes se sont surpassés, et la sonorité très franche et directe du Concertgebouw nous a permis d’apprécier leur prestation différemment, avec l’impression d’entendre le moindre détail et d’être plus collés à la musique, tandis que toute l’histoire de cette salle construite en 1888 semblait peser sur nous, influençant inévitablement notre perception. Le précieux violoncelle de Stéphane Tétreault sonnait merveilleusement entre ces murs, sous les doigts magiques du jeune musicien.

 

Le test est réussi sur tous les plans, et le public exigeant d’Amsterdam les a applaudis à tout rompre. (Crédit: François Goupil)
Le test est réussi sur tous les plans, et le public exigeant d’Amsterdam les a applaudis à tout rompre. (Crédit: François Goupil)

Comme à Cologne, l’œuvre percutante d’Éric Champagne a produit son effet. À l’entracte, des spectateurs venaient le féliciter. Le compositeur, d’une bonne humeur contagieuse, était ravi que son travail soit apprécié.

Après le concert, Yannick Nézet-Séguin, Stéphane Tétreault et Éric Champagne étaient réunis pour parler aux journalistes dans un salon où les portraits des anciens directeurs musicaux du Royal Concertgebouw, accrochés aux murs, semblaient nous observer : Bernard Haitink, Mariss Jansons, Riccardo Chailly et les autres. La veille, nous avions eu le privilège d’une visite du bâtiment, explorant ses salles de concert et de récital, les coulisses et différents salons, jusqu’aux vestiaires, avec une guide ne tarissant pas d’anecdotes.

Des étudiants en musique d’Amsterdam avaient aussi été invités à cette petite causerie après-concert pour poser leurs questions.

« Il y a trop d’émotions à décrire après un concert comme celui-là », lance d’emblée Yannick Nézet-Séguin.

Interrogé à savoir s’il était plus intimidant pour l’orchestre de jouer au Concertgebouw qu’ailleurs, le chef a admis que oui.

« Toutefois, dit-il, c’est mon rôle de chef de démystifier cela. En fait, comme les deux concerts ont préparé la psychologie de confiance des musiciens, je n’avais pas de doute que ce serait ici que le son de l’orchestre sortirait le mieux. Cela ne fonctionne pas, dans cette salle, quand on joue trop fort. Les orchestres typiquement américains ont parfois de la difficulté ici parce que le son est trop direct et la salle ne le prend pas. L’OM est un orchestre plus tendre. Les musiciens étaient comme transportés par la poésie qu’ils pouvaient faire. Il y aura peut-être une autre analyse à faire, mais ce ne sera possible qu’après. Il se passe quelque chose. Je souhaitais que la psychologie de l’orchestre se développe durant la tournée mais pour être franc, je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point. La transformation est exponentielle. À Montréal, on fait malheureusement plusieurs de nos répétitions dans le sous-sol de la Place des arts, et non dans la Maison symphonique. On part de très loin. Si les musiciens de l’OM pouvaient travailler dans des salles comme celles de la tournée, on verrait rapidement une différence.»

Demain, tout le monde remonte à bord des autobus et on se rend à Rotterdam, pour la prochaine étape.

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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