We have detected that you are using an adblocking plugin in your browser.

The revenue we earn by the advertisements is used to manage this website. Please whitelist our website in your adblocking plugin.

ENTREVUE | L'organiste virtuose Salvatore Pronestì en récital à Maisonneuve

Par Béatrice Cadrin le 20 juin 2024

L'organiste Salvatore Pronesti offrira un récital le 27 juin dans le cadre du lancement de l'exposition Opus 600 -Orgues d'exception de la Société des orgues de Maisonneuve. (Photo : courtoisie)
L’organiste Salvatore Pronesti offrira un récital le 27 juin dans le cadre du lancement de l’exposition Opus 600 -Orgues d’exception de la Société des orgues de Maisonneuve. (Photo : courtoisie)

La Société des orgues de Maisonneuve, dont la mission est la mise en valeur des orgues Casavant de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, propose tout au long de l’été une exposition visant à faire connaître ces instruments uniques, ainsi que l’environnement dans lequel ils ont été installés et la vie citoyenne dans laquelle ils ont baigné. Le lancement de l’exposition sera souligné par un récital gratuit de l’organiste virtuose italien Salvatore Pronestì le jeudi 27 juin à 17 h.

Salvatore Pronestì poursuit une carrière internationale de concertiste qui le mène à se produire régulièrement dans les salles les plus prestigieuses, que ce soit à Leipzig (Thomaskirche, Nikolaikirche), Atlantic City, West Point, Washington et New York, ainsi qu’en Belgique, France, Allemagne, à Malte, en République tchèque et au Canada. Il a fait et continue de faire de multiples tournées en Ukraine, un pays pour lequel il a développé un fort attachement.

À travers ses activités de concert, Pronestì trouve le temps de s’impliquer également dans la facture d’orgue et dans la restauration d’orgues anciens, par l’entremise de la société qu’il a fondée, Bottega Organaria Pronestì.

À l’occasion de sa venue au Canada, Salvatore Pronestì a accepté de répondre à quelques questions par courriel. L’échange s’étant produit en anglais, il a été traduit et légèrement édité pour éviter les redites.

Salvatore Pronesti à Brno, en République tchèque. (Photo : courtoisie)
Salvatore Pronesti à Brno, en République tchèque. (Photo : courtoisie)

LvM : Où jouerez-vous au cours de cette tournée canadienne?

SP : Tout d’abord, je suis très heureux de revenir au Canada pour ma deuxième tournée de concerts d’orgue. La première tournée a eu lieu en 2017 avec un concert très important à la Cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil. Cette deuxième tournée comprend les villes suivantes : à Montréal, je jouerai le concert d’ouverture du prestigieux Festival MusOrgue à l’église unie Saint-James [le 23 juin]. Ensuite je vais me rendre à Ottawa pour prendre part à la série Music at the Sanctuary de l’église Saint Andrew’s. Puis je vais jouer à Guelph, suivi d’un concert à la Cathédrale anglicane de Toronto. Mais le concert que je considère le plus important est celui que je vais donner à l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus pour la Société des orgues de Maisonneuve [le 27 juin].

LvM : Quel répertoire allez-vous interpréter sur l’orgue Casavant de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus?

SP : Ce sera merveilleux de découvrir le magnifique orgue Casavant de cette église. Personnellement, je dois admettre que j’ai une affection particulière pour les orgues Casavant. Selon mon idéal, ils combinent toutes les sonorités symphoniques avec des registres d’un caractère romantique. Cette combinaison de voix me donne beaucoup de liberté pour mes improvisations de styles différents. Je commence par explorer par moi-même les possibilités de l’instrument, pour pouvoir ensuite déployer pour le public toutes les couleurs et les nuances de la présentation sonore de cet instrument. Je vais jouer entre autres des transcription de musique symphonique et opératique italienne dans des transcriptions pour orgue. Parmi les compositeurs représentés, un point focal sera la musique de Giuseppe Verdi. Sans être familier avec l’instrument de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus, je me réjouis de découvrir toutes les caractéristiques techniques et tonales de cet orgue.

LvM : Vous construisez et restaurez également des orgues – quels sont certains des projets sur lesquels vous avez travaillé? Comment réussissez-vous à combiner cette activité avec votre horaire de concerts chargé?

SP : Ma vie est divisée entre la facture d’orgue et les tournées de concerts. Je ne pourrais laisser tomber ni l’un ni l’autre. On peut dire que ce sont pour moi deux priorités de même importance, qui se complètent. Bien sûr, mon horaire doit être bien organisé et mon agenda géré soigneusement!
Actuellement, nous concevons un orgue pour l’église San Lorenzo in Lucina de Rome, ainsi qu’un nouvel instrument qui sera envoyé en Catalonie. Mais notre compagnie s’occupe également beaucoup d’entretien et de réparation sur plusieurs instruments variés, en plus de nouvelles constructions.

LvM : Pouvez-vous nous parler de vos liens avec l’Ukraine et de vos improvisations Fantasies Without Borders qui incorporent de la musique ukrainienne et italienne?

SP : Je ressens une connexion très forte avec l’Ukraine. J’y ai fait pas moins de douze tournées. Les gens de ce pays ont tojours été très accueillants et chaleureux : mes concerts ont toujours été plein. Juste récemment, j’y ai joué deux concerts pour orgue et piano dans la belle ville de Chernivtsi, à la fin du mois de mai, avec la pianiste Olga Vardanyan. La musique est vraiment sans frontière : il n’y a pas de barrière de langage, parce qu’à travers la musique, on peut transmettre toutes les émotions et les auditeurs comprennent toujours le message. Par la musique, on peut offrir un commentaire et donner voix à tous les sentiments : l’amour, la tristesse, la mélancolie, l’émotion, et, au besoin, même la colère éveillée par l’injustice. En ce sens, la connexion entre l’Ukraine et l’Italie est très proche. De fait, les Ukrainiens sont très sensibles à la musique italienne, pas seulement la musique classique, mais également la pop moderne et la musique néo-mélodique.  Ainsi, j’inclus souvent de la musique plus légère ou populaire dans mes concerts, avec grand succès.

LvM : Quel futur entrevoyez-vous pour la musique et la facture d’orgue, à la fois dans le contexte de lieux de culte et de celui des instruments de concert?

SP : Il faut spécifier que la situation varie d’un pays à l’autre. En Italie, par exemple, il y a une sorte de décadence au sein de l’Église catholique. Seuls quelques endroits continuent de donner accès à leur orgue à tuyaux. Même en haut lieu, il y a un désintérêt envers cet instrument. Ailleurs en Europe, la situation est meilleure dans les églises protestantes, où non seulement l’orgue est-il encore valorisé, mais où l’attitude envers le répertoire musical est moins contraignante et plus ouverte.

De l’autre côté de l’océan, la situation est complètement différente : en Amérique, et donc au Canada aussi, on trouve de meilleurs instruments avec une évolution incroyable qui n’a pas laissé l’orgue dans un état quelque peu limité, comme celui dans lequel on trouve plusieurs instruments anciens. Plutôt, comme je l’ai dit, une évolution importante n’a pas seulement mené l’instrument jusqu’à dimensions remarquables, mais également jusqu’à une variété illimité de voix et de techniques. Cela est important lorsqu’on songe aux instruments de concert, mais il serait également important de retrouver les mêmes caractéristiques positives dans les lieux de culte.

J’aimerais ajouter une chose : je peux affirmer avoir consacré ma vie à cette mission de promouvoir l’orgue à tuyaux. Malheureusement, le combat le plus ardu s’avère être celui à mener contre ceux qui proposent et acceptent l’usage des sons électroniques qui tentent d’imiter sans succès la sonorité authentique des orgues à tuyaux, ce qui est absurde parce que les sons les mieux échantillonnés seront toujours transmis aux auditeurs par l’entremise de haut-parleurs. L’expérience ne sera jamais celle d’écouter un son produit sur le moment. J’insiste pour dire que chaque orgue à tuyaux est un instrument de musique si individuel, si différent, si caractéristique et personnalisé par le facteur, qu’il sera impossible d’en reproduire l’expérience électroniquement.

En conclusion, je résumerais ainsi : tous les genres de musique peuvent être interprétés sur un orgue à tuyaux, que ce soit de la musique classique, moderne, baroque, pop, rock, jazz, de danse. Mon expérience m’a démontré que nous, les organistes, devons comprendre que, comme tous les musiciens, nous jouons pour le public, qui s’attend à être satisfait à la fois musicalement et, si on peut le dire ainsi, en terme de divertissement. C’est pourquoi il est important de réfléchir aux programmes que nous allons jouer. L’assistance doit apprendre comment écouter une pièce de musique classique, mais également être divertis et pouvoir reconnaître des pièces bien connues adaptées pour l’orgue. C’est seulement de cette manière que les auditeurs et auditrices vont se rappeler de ce que qu’ils ont vu et entendu, et ainsi les concerts d’orgue ne seront plus considérés « ennuyants ». Bien sûr, on a parfois affaire à un public plus spécialisé, mais en général, il faut offrir des programmes colorés et pas trop lourds. De cette façon aussi, nous attirerons de plus en plus de jeunes au concert.

L’exposition Opus 600 – Orgues d’exception à Maisonneuve

L’exposition consiste d’abord en six très grands panneaux sur lequel ont été imprimés des textes et des photos. Les thèmes traités sont :
  1. Une paroisse pour la nouvelle cité de Maisonneuve
  2. Un orgue de prestige pour Très-Saint-Nom-de-Jésus
  3. La fabrication des orgues au Québec
  4. L’orgue et l’histoire de la musique au Québec
  5. Mythes et légendes à propos des orgues de TSNJ
  6. Mobilisations citoyennes pour sauver l’orgue.
Chaque panneau est muni de deux codes QR, donnant accès à un fichier de musique enregistré à l’orgue et un autre fournissant un complément d’informations de façon narrative. De plus, il y aura un coin « salle de projection » où de courts films sur la facture d’orgue seront présentés en continu.
D’autres récitals s’ajouteront éventuellement à la programmation en périphérie de l’exposition.
DU 27 JUIN AU 31 AOÛT, DU JEUDI AU SAMEDI 13 H À 18 H, ÉGLISE TRÈS-SAINT-NOM-DE-JÉSUS, ENTRÉE LIBRE (CONTRIBUTION VOLONTAIRE) DÉTAILS

Inscrivez-vous à notre infolettre! La musique classique et l’opéra en 5 minutes, chaque jour  ICI 

Béatrice Cadrin
Partager cet article
lv_montreal_banner_high_590x300
comments powered by Disqus

LES NOUVELLES DU JOUR DANS VOS COURRIELS

company logo

Part of

Conditions d'utilisation & Politique de vie privée
© 2024 | Executive Producer Moses Znaimer