DISQUES | Trois disques classiques à écouter pendant que nous sommes encore confinés...et après!

Par Christophe Rodriguez le January 13, 2022

Pour cette première chronique de la nouvelle année 2002, il est tout à fait normal de vous souhaiter la santé, le bonheur, un peu de quiétude, et plus encore, loin de ce virus qui ne cesse de nous pourrir la vie. Comme l’écrivait Caroline Rodgers récemment, les annulations de concerts se multipliant, nous sommes en quelque sorte revenus au point de départ. Heureusement, les disques sont présents pour égayer notre quotidien en télétravail, ou s’évader momentanément. Voici donc trois disques classiques à écouter. 

Mathieu Gaudet/ Schubert/Chaleur/ Analekta

J’avais découvert le pianiste Mathieu Gaudet avec ses 24 préludes de Rachmaninov, production remarquable qui fit l’unanimité, phénomène assez rare. Avec ce Schubert qui se présente sous la forme de l’intégrale des sonates et œuvres majeures pour piano, nous pouvons affirmer d’ores et déjà que cette nouveauté se classera dans les belles surprises de cette jeune année 2022. Vécu, vivant, mettant en avant plan les couleurs, Mathieu Gaudet, livre un Schubert à taille humaine, sans prétention, avec juste ce qu’il faut pour nous inciter à rêver. Il y a de l’éloquence chez cet interprète, servi par une prise de son impeccable. Un modèle pour les jeunes pianistes !

Brenda Lucas Ogdon/Ravel que j’aime/Sterling/Naxos 2 DC

Nous pourrions affirmer à cette brillante interprète que nous aussi, on aime Ravel! Peu connue du grand public, Brenda Lucas Ogdon a commencé sa carrière en 1957. Professeur à temps plein, sans oublier les tournées avec Le London Symphony Orchestra, Minnesota, Dartmouth College ou le Houston Symphony, elle travailla aussi en duo avec son mari, John Ogdon.

Avec le temps, Brenda Lucas a longuement mûri son Ravel qui se veut particulièrement consistant. Pour cette intégrale, la pianiste a respecté le texte tout en y insufflant la fantaisie nécessaire. Sans même se répéter, offrant ci et là, des nuances indispensables dans ce corpus qui est presque un parcours du combattant, elle décline un jeu contrôlé qui combine à la fois la poésie et la tendresse. Autant dure que cela nous fit le plus grand bien!

 

 

Yvonne Lefébure plays Beethoven/Chopin Ravel Mozart/Profil 3 Gunther Hänssler/Naxos/5 DC

Moins connue que Nadia Boulanger, la pianiste/professeure Yvonne Lefébure est partie intégrante du patrimoine musical. De ses cours avec Alfred Cortot, en passant par le conservatoire de Paris (1952-1967), sans oublier les collaborations qu’elle entama avec William Fürtwangler, Pablo Casals, Igor Markevitch ou Adrian Boult, le palmarès est plus qu’impressionnant. Soulignons aussi qu’elle enseigna gratuitement aux pianistes Samson François et Dinu Lipatti. Dévouée à son travail de formatrice, sa discographie est mince, donc ces cinq disques, tous enregistrés dans les années 50, constituent un morceau d’histoire. Il faut du temps, une oreille minutieuse pour redécouvrir la finesse de son jeu, l’attention au texte ainsi que l’interaction avec les chefs d’orchestre. Son Mozart avec Fürtwangler en 1954 est un bonheur, tout comme le Revel avec la violoniste Jeanne Gautier, ainsi que Schumann sous la direction de Pierre Dervaux avec l’orchestre national de la RTF en 1955. Nous vous recommandons son cycle Debussy et le Albert Roussel, en l’année 1949. Un cadeau inestimable loin de la pandémie.

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Pour cette première chronique de la nouvelle année 2002, il est tout à fait normal de vous souhaiter la santé, le bonheur, un peu de quiétude, et plus encore, loin de ce virus qui ne cesse de nous pourrir la vie. Comme l’écrivait Caroline Rodgers récemment, les annulations de concerts se multipliant, nous sommes en quelque sorte revenus au point de départ. Heureusement, les disques sont présents pour égayer notre quotidien en télétravail, ou s’évader momentanément. Voici donc trois disques classiques à écouter. 

Mathieu Gaudet/ Schubert/Chaleur/ Analekta

J’avais découvert le pianiste Mathieu Gaudet avec ses 24 préludes de Rachmaninov, production remarquable qui fit l’unanimité, phénomène assez rare. Avec ce Schubert qui se présente sous la forme de l’intégrale des sonates et œuvres majeures pour piano, nous pouvons affirmer d’ores et déjà que cette nouveauté se classera dans les belles surprises de cette jeune année 2022. Vécu, vivant, mettant en avant plan les couleurs, Mathieu Gaudet, livre un Schubert à taille humaine, sans prétention, avec juste ce qu’il faut pour nous inciter à rêver. Il y a de l’éloquence chez cet interprète, servi par une prise de son impeccable. Un modèle pour les jeunes pianistes !

Brenda Lucas Ogdon/Ravel que j’aime/Sterling/Naxos 2 DC

Nous pourrions affirmer à cette brillante interprète que nous aussi, on aime Ravel! Peu connue du grand public, Brenda Lucas Ogdon a commencé sa carrière en 1957. Professeur à temps plein, sans oublier les tournées avec Le London Symphony Orchestra, Minnesota, Dartmouth College ou le Houston Symphony, elle travailla aussi en duo avec son mari, John Ogdon.

Avec le temps, Brenda Lucas a longuement mûri son Ravel qui se veut particulièrement consistant. Pour cette intégrale, la pianiste a respecté le texte tout en y insufflant la fantaisie nécessaire. Sans même se répéter, offrant ci et là, des nuances indispensables dans ce corpus qui est presque un parcours du combattant, elle décline un jeu contrôlé qui combine à la fois la poésie et la tendresse. Autant dure que cela nous fit le plus grand bien!

 

 

Yvonne Lefébure plays Beethoven/Chopin Ravel Mozart/Profil 3 Gunther Hänssler/Naxos/5 DC

Moins connue que Nadia Boulanger, la pianiste/professeure Yvonne Lefébure est partie intégrante du patrimoine musical. De ses cours avec Alfred Cortot, en passant par le conservatoire de Paris (1952-1967), sans oublier les collaborations qu’elle entama avec William Fürtwangler, Pablo Casals, Igor Markevitch ou Adrian Boult, le palmarès est plus qu’impressionnant. Soulignons aussi qu’elle enseigna gratuitement aux pianistes Samson François et Dinu Lipatti. Dévouée à son travail de formatrice, sa discographie est mince, donc ces cinq disques, tous enregistrés dans les années 50, constituent un morceau d’histoire. Il faut du temps, une oreille minutieuse pour redécouvrir la finesse de son jeu, l’attention au texte ainsi que l’interaction avec les chefs d’orchestre. Son Mozart avec Fürtwangler en 1954 est un bonheur, tout comme le Revel avec la violoniste Jeanne Gautier, ainsi que Schumann sous la direction de Pierre Dervaux avec l’orchestre national de la RTF en 1955. Nous vous recommandons son cycle Debussy et le Albert Roussel, en l’année 1949. Un cadeau inestimable loin de la pandémie.

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