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Toronto Montreal

In Memoriam | Adieu, Monique Leyrac

Par Caroline Rodgers le 16 décembre, 2019

Monique Leyrac. (Photo: courtoisie)

La grande Monique Leyrac n’est plus, et bien qu’elle ne fut pas une chanteuse « classique » il nous semblait inconcevable de ne pas lui rendre hommage tellement elle a été importante dans l’histoire musicale du Québec. La chanteuse à la voix et à la présence sur scène unique s’est éteinte hier matin, à 91 ans, d’une insuffisance cardiaque.

De toutes les chanteuses qui ont marqué l’histoire du Québec, Monique Leyrac fut certainement l’une des plus grandes interprètes, avec un don particulièrement poignant d’interpréter et de transmettre l’émotion.

Monique Leyrac a travaillé avec deux importants compositeurs québécois : François Dompierre (qui a signé sa biographie intitulée Le roman d’une vie) et André Gagnon, qui a mis en musique des poèmes d’Émile Nelligan pour son album et son spectacle mythique de 1975-76, Monique Leyrac chante Nelligan (réédité sur Analekta en 2000).

La chanson Soir d’hiver est tout simplement extraordinaire.

 

Elle a aussi interprété des chansons écrites pour elle par Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Claude Léveillée, entre autres. Le titre de son premier album était d’ailleurs « Monique Leyrac chante Léveillée et Vigneault« .

Monique Leyrac est née en 1928 à Montréal, et a commencé sa carrière de chanteuse en 1948 au cabaret Au Faisan doré, après avoir fait de la radio pendant quelques années. Elle a cessé de chanter au début des années 1990.

Témoignages

Le compositeur François Dompierre a écrit ce touchant message sur sa page Facebook :

« REPOSE-TOI BIEN MONIQUE

Il y a dix jours, j’étais avec elle dans sa chambre à la résidence «La Renaissance» de Cowansville. Je lui ai proposé de venir au piano avec moi, de faire un peu de musique. Elle m’a souri, s’est laissée pousser jusqu’à l’instrument. J’ai joué quelques-unes de ses chansons fétiches, celles qu’elle interprétait jadis avec tant de fougue, «Pour cet amour qui vient au monde», «C’est toute une musique» «l’Hiver», «Mon pays, et plusieurs autres». Aphasique pourtant, elle s’est mise à les fredonner, elle n’avait rien oublié et prononçait nettement toutes les paroles. De grosses larmes coulaient sur ses joues, sur les miennes aussi. Les résidents se sont approchés, nous avons chanté quelques airs de Noël, tous ont applaudi la grande artiste. Je suis allé reconduire Monique à sa chambre. Je l’ai embrassée.

Repose-toi bien Monique ! »

Michel-Marc Bouchard, dramaturge et librettiste d’opéras, a écrit, aussi sur Facebook :

« Il est quatre heure du matin à Athènes, on me réveille pour m’apprendre la mort de mon amie, MONIQUE LEYRAC, pour m’annoncer le départ de celle que j’aime et que j’estime, celle que je fais rire aux éclats, celle qui m’a fredonné ces chansons il y a encore de cela quelques mois, celle que je n’ai pas pu voir cet été, celle qui a marqué toute une génération par son immense talent, celle qui a défié son époque, celle qui a transgressé les préjugés et les conventions de son époque, féministe sans l’être… celle qui a été adulée. Celle à qui je tenais la main encore récemment. Sachez que je suis bouleversé, mon amie. J’imagine que Charles et Sophie le sont aussi. Tu as dû recevoir la lettre que je t’ai écrite la semaine dernière. Nous aurons raté le dernier rendez-vous. Tu as toujours refusé que je te tutoie mais permets-moi, en ce jour de ton départ, de te dire je t’ai toujours aimée et de te dire au revoir avec mes larmes. Adieu, Monique. Merci pour ton estime et pour ce que tu as fait pour notre nation. Merci pour Leclerc, Vigneault, Nelligan, Léveillée, Gagnon, Baudelaire… »

Les genres musicaux ne connaissent pas de frontières quand on parle des plus grands artistes.

Repose en paix, Monique Leyrac. 

 

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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