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PORTRAIT | Thomas Leduc-Moreau : les aventures d'un jeune chef assistant à l'OSM

Par Caroline Rodgers le 1 novembre, 2019

Thomas Leduc-Moreau, chef assistant à l'OSM, 2019. (Photo: courtoisie de l'OSM)
Thomas Leduc-Moreau, chef assistant à l’OSM, 2019. (Photo : courtoisie de l’OSM)

 

Il a 25 ans et il est arrivé à l’Orchestre symphonique de Montréal il y a à peine deux mois. Déjà, il a suivi l’orchestre en tournée et connu son « baptême du feu » en remplaçant Andras Schiff pour diriger la deuxième moitié de ses concerts avec des oeuvres qu’il n’avait jamais travaillées, à 48 heures d’avis, la semaine dernière. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Thomas Leduc-Moreau mène une vie palpitante et remplie d’aventures comme nouveau chef assistant de Kent Nagano.

J’ai eu l’occasion, hier, d’assister à une répétition du concert « Sorciers, sorcières » de la série Jeux d’enfants de l’OSM, qui sera présenté dimanche et dirigé par Thomas Leduc-Moreau.

Quand je suis arrivée à la répétition, dans une petite salle de la Place des arts, le chef d’orchestre et ses musiciens étaient en train de jouer le Songe d’une nuit de sabbat de la Symphonie Fantastique de Berlioz. Assise complètement à l’arrière, entre les timbales et les trompettes, j’ai eu la chance de les observer en plein travail.

Thomas Leduc-Moreau ne donne pas l’impression d’être intimidé par ces musiciens qui ont immensément plus d’expérience que lui. Il n’hésite pas à interrompre l’orchestre lorsqu’il n’est pas satisfait de ce qu’il entend et explique calmement et ce qu’il veut.

Après la répétition, nous nous rencontrons dans un petit salon attenant à la salle.

Hier, dans le Devoir, on pouvait lire le récit de répétitions ayant mal tourné entre le chef invité, Andras Schiff, et certains musiciens de l’OSM, la semaine dernière. Après cette mésentente, le pianiste et chef hongrois a décidé de ne pas diriger la deuxième partie du concert.

« J’ai appris que j’allais devoir diriger les Variations sur un thème de Haydn, de Brahms, le lundi soir. C’était une oeuvre que j’avais déjà jouée comme violoncelliste il y a peut-être huit ans, mais qui est d’une extrême difficulté pour ce qui est phrasés, des tempis et de la gestion des nuances. J’ai trouvé cela très difficile. On a remplacé la Suite de danses de Bartók par une pièce de mon choix, l’Ouverture tragique de Brahms. Tout s’est passé très vite. Je n’ai pas eu le temps de savoir ce que je voulais, dans la musique, que je devais déjà être sur le podium, mais les musiciens ont été extraordinaires. Ils m’ont soutenu et encouragé. J’ai reçu une carte d’encouragements de l’administration que j’ai trouvée dans ma loge juste avant le concert, et de savoir que tout le monde était derrière moi, ça m’a aidé. »

Qu’a-t-il appris de cette expérience?

« Au-delà des aspects techniques des pièces, j’ai appris que c’était possible d’y arriver. Comme jeune chef assistant, on rêve qu’une telle occasion se présente, qu’un chef se désiste et qu’on puisse avoir sa chance. Pendant la tournée, j’étais vraiment bien préparé et si Kent Nagano avait été malade, j’aurais pu le remplacer à la dernière minute. Mais dans ce qui vient d’arriver, ce n’était pas du tout un répertoire que je connaissais. Malgré les difficultés, pour moi ça a été une expérience positive. »

Juste avant le concert, il a aussi reçu un appel téléphonique inattendu: celui de Kent Nagano, qui, bien au courant de la situation, l’a appelé pour lui apporter son soutien.

 

« J’ai été vraiment touché. Il m’a dit de m’ouvrir à l’orchestre, et qu’ils allaient me suivre. Il faut dire que nous avons une très bonne relation, on se rejoint pendant les pauses aux répétitions, et on discute. Il me prend au sérieux et il est à l’écoute de mes commentaires. On est très loin de ce cliché du maestro qui se place au-dessus de tout le monde. Pour lui, on travaille ensemble et l’important est de faire de la musique. » – Thomas Leduc-Moreau

 

Est-il intimidé de diriger des musiciens qui ont autant d’expérience?

« Non, dit le jeune chef d’orchestre. Pour moi, ce sont des musiciens dont je connais les noms depuis très longtemps, et que j’admire. Je veux être à la hauteur et j’essaie de m’élever à leur niveau. Cela me motive à donner mon maximum. Comme chef et comme leader, on doit apprendre de toutes les situations. Je suis plus du genre à observer et à guider en fonction de ce qui se passe qu’à être drastique. Chaque semaine, j’ai hâte de revenir au travail. Je suis très heureux ».

 

La musique dès l’école primaire

La musique fait partie de la vie de Thomas Leduc-Moreau depuis qu’il est tout jeune, puisqu’il a étudié au primaire à l’école Le Plateau, où il faisait du violoncelle dans le programme à vocation musicale, et ensuite à Joseph-François-Perrault, toujours dans le programme de musique. Des années marquantes.

« Le fait d’être toujours en groupe pendant les cinq premières années de musique que j’ai faites a été très important dans mon parcours. À l’école Le Plateau, pour apprendre le violoncelle, ça se passait dans une classe de vingt élèves. Quand j’ai eu mes premières leçons privées, je trouvais vraiment étrange de me retrouver seul. »

Il a aussi fréquenté le Conservatoire de musique de Montréal, où il eu Carole Sirois comme professeure de violoncelle, et Jacques Lacombe, avec qui il a fait sa maîtrise en direction d’orchestre.  Ce dernier l’a pris sous son aile.

« Pendant deux ans, j’étais le seul étudiant en direction, alors j’avais la chance de diriger l’orchestre à chaque concert. J’ai aussi été son assistant à l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, sans avoir ce poste officiellement. Il me laissait diriger une pièce par concert. Il m’a aussi permis d’avoir des occasions de diriger à Bonn. »

L’an dernier, il a été chef assistant de Fabien Gabel, à l’Orchestre symphonique de Québec, pendant un an, avant d’arriver à l’OSM. La saison a commencé en lion, avec deux monuments du répertoire à quelques jours d’intervalle : la Symphonie no 13 de Chostakovitch et la Symphonie no 5 de Mahler, dirigées par Kent Nagano. Dans ce contexte, le rôle d’un chef assistant consiste notamment à écouter, de la salle, pour détecter les déséquilibres sonores et autres problèmes, pour les signaler au chef, qui, de son podium, n’a pas la distance nécessaire pour entendre certains détails. Il doit aussi apprendre les oeuvres et se tenir prêt à les diriger à pied levé dans le cas où le chef tomberait malade.

« Ça a été une semaine épuisante mais très riche musicalement, dit Thomas Leduc-Moreau. Nous avons eu des répétitions très exigeantes, et ensuite, nous sommes tout de suite partis en tournée et j’ai pu diriger des générales, discuter avec les solistes ».

Le mandat de Thomas Leduc-Moreau comme chef assistant de l’OSM est prévu pour un an, renouvelable.

Il a aussi fondé son propre ensemble, Volte, orchestre de 40 musiciens qui présente des concerts multidisciplinaires, par exemple en invitant des danseurs contemporains.

Les prochains concerts dirigés par Thomas Leduc-Moreau :

Jeux d’enfants : Sorciers, Sorcières, dimanche 3 novembre, 14 h, Maison symphonique. DÉTAILS

Jeux d’enfants : Voyage symphonique, dimanche 26 janvier, 14 h, Maison symphonique. DÉTAILS

Jeux d’enfants : Symphonique, l’orchestre! dimanche 5 avril 2020, 14 h, Maison symphonique. DÉTAILS

 

LIRE AUSSI :

CRITIQUE | François-Xavier Roth à l’OSM : le cerveau, les émotions, la musique et le bonheur d’un concert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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