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L'Artiste de la semaine | Matthias Maute, 30 ans de musique et de créativité avec l'Ensemble Caprice

Par Caroline Rodgers le 24 janvier, 2019

Matthias Maute, directeur artistique de l'Ensemble Caprice, qui fête ses 30 ans cette année. (Photo: Bill Blackstone)
Matthias Maute, directeur artistique de l’Ensemble Caprice, qui fête ses 30 ans cette année. (Photo: Bill Blackstone)

L’Ensemble Caprice fête ses 30 ans cette année. Trois décennies de musique et de créativité qui seront soulignées ce week-end avec deux concerts à la salle Bourgie. Matthias Maute, son fondateur et directeur artistique, est notre Artiste de la semaine.

LVM: Parlez-nous du concert de samedi, la Messe en si mineur

M. Maute: « Pour se produire avec l’orchestre de l’Ensemble Caprice, nous avons invité l’excellent chœur La Petite Bande de Montréal, et cinq solistes, dont la grande soprano allemande Monika Mauch. Nous voulions faire un grand concert, qui nous mène au sommet, parce que la Messe en si est une des grandes oeuvres de la culture, mais pas seulement avoir des musiciens sur scène. On voulait trouver une façon où tout le monde est impliqué. Il y aura un Prélude avant la Messe en si, que j’ai composé, et pour lequel on a besoin de l’auditoire, qui va chanter. Donc, tout le monde va faire de la musique au début de ce concert. »

« C’est comme cela qu’on veut souligner nos trente ans, parce que pour nous, la musique ce n’est pas quelque chose qu’on fait avec les musiciens seuls au sommet. On veut que la musique implique tout le monde. Cette approche caractérise aussi notre programmation depuis trois décennies, de toujours nous approcher de l’auditoire et de créer des ponts, des situations où tout le monde sent que la musique le concerne. En musique classique, c’est quelque chose qu’on ne trouve pas assez souvent. On reste dans le grand Art avec un A majuscule. On a besoin de créer des situation où les gens sentent que la musique leur parle et qu’ils en font partie. »

LVM: Trente ans, c’est un jalon important. Parlez-nous de l’évolution de Caprice. 

M. Maute: « L’Ensemble Caprice a été fondé en Allemagne, et nous n’étions que deux. Pendant des années, nous sommes restés un ensemble de musique de chambre jusqu’à mon déménagement à Montréal, en 1999. Je fête donc, en même temps, mon arrivée ici. Je suis toujours très touché de penser à quel point le Québec a été un point tournant pour l’Ensemble Caprice. On a vraiment réussi à agrandir notre base de musiciens et à transformer notre formation de musique de chambre – ce que nous sommes toujours en tournée – en orchestre. On a aussi ajouté un chœur.

En 2009, nous avons gagné un prix JUNO dans la catégorie « meilleur album classique vocal ou choral » pour notre album Gloria! Vivaldi. Le fait qu’un ensemble d’instrumentistes gagne un prix dans la catégorie vocale une des choses dont je suis très fier, parce que cela fait partie de notre signature d’être très flexibles. On ne veut pas être cantonnés à une seule catégorie, celle d’orchestre baroque, on fait aussi d’autres styles, on joue parfois sur instruments modernes, on est aussi très actif en musique vocale, je compose, je fais des arrangements. Tout cela mis ensemble, cela fait de nous une sorte d’oiseau multicolore dans un milieu où, normalement, on est censés rester dans une niche. Cela a pris beaucoup de temps pour que cela soit reconnu. Normalement, en musique classique on se spécialise dans une chose, et les gens s’y habituent. Mais pour nous, c’est un plaisir d’aller ailleurs que là où l’on nous attend. Chaque fois que les gens viennent au concert, ça sonne complètement différent. »

 

Ensemble Caprice
L’Ensemble Caprice souligne ses 30 ans le week-end prochain à la salle Bourgie. (Photo: courtoisie de l’Ensemble Caprice)

LVM: Cette philosophie vous ressemble, aussi, comme musicien. 

M. Maute: « Oui. Sur scène, je me présente comme chef d’orchestre, comme compositeur, comme arrangeur, comme flûtiste. Toutes ces fonctions entrent dans l’éventail de ce que Caprice veut et peut offrir. Nous sommes comme des caméléons, on peut s’adapter à toutes sortes de situations inhabituelles, on s’expose à des situations où l’on ne peut pas se fier à nos outils routiniers. Cela nous oblige à constamment nous développer. »

LVM: Parlez-nous de vos activités récentes et à venir.

M. Maute: « Nous donnons environ 50 concerts par an, on donne du travail à quelque 600 musiciens dans une année. Notre impact économique dans le milieu est significatif. On fait beaucoup de tournées. L’an dernier, nous sommes allés en Afrique du Sud, où nous allons retourner. Au cours des prochaines années nous allons jouer en France, en Chine, au Portugal. Ce printemps nous allons quatre fois aux États-Unis. Ce sont des tournées en formation de musique de chambre, avec cinq musiciens. On travaille aussi sur la diffusion avec chœur et orchestre. En décembre, nous avons fait une tournée au Québec avec le Messie de Haendel, et nous ferons l’Oratorio de Noël l’an prochain. »

LVM: Vous n’arrêtez donc jamais. Combien d’heures travaillez-vous par semaine? 

M. Maute: « Je ne sais pas, mais c’est vrai que je fais beaucoup de choses. Dans ma vie, ce qui est intéressant, c’est que je cumule plusieurs postes. J’aime sauter d’une chose à l’autre. J’ai toujours poursuivi des pistes différentes, mais toujours en musique. Quand je fais quelque chose, j’essaie de me pousser aussi loin que possible. En musique, on n’a pas le choix d’être performant. »

CONCERTS: 

La Messe en si mineur de Bach, samedi 26 janvier, 19 h 30, salle Bourgie. DÉTAILS

Cantates de Bach, dimanche 27 janvier, 14 h, salle Bourgie. DÉTAILS

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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