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Toronto Montreal

L'ARTISTE DE LA SEMAINE | Pemi Paull: un dialogue entre le passé et le présent

Par Caroline Rodgers le 4 décembre, 2018

Pemi Paull
Pemi Paull, altiste, lance son premier album, Musicum Umbrarum. (PHOTO: Annabeth Rosenboom)

Si Pemi Paull est somme toute assez discret comme personnage, on peut sans se tromper affirmer qu’il est un musicien respecté et estimé de ses pairs. À 43 ans, après avoir participé à des dizaines d’enregistrements au sein de divers ensembles, il lance enfin son premier album solo, Musicum Umbrarum, sous étiquette Metis Islands. Nous soulignons cette première en vous le présentant comme notre Artiste de la semaine.

Né à Montréal et membre, entre autres, de l’Ensemble Caprice, Pemi Paull est très actif sur la scène musicale montréalaise depuis des années. Il a aussi fondé Warhol Dervish, un collectif de musique de chambre aux configurations et projets variés.

« Warhol Dervish travaille avec des compositeurs mais des artistes dans d’autres médiums, comme des projectionnistes. Nous avons aussi travaillé avec Richard Reed Parry, d’Arcade Fire. Je voulais qu’on crée une musique qui vient vraiment de l’environnement où nous vivons en 2018. Au cours de la dernière année, je me suis concentré davantage sur mon travail solo, alors Warhol Dervish a été moins actif, mais nous allons travailler avec l’artiste Socalled. »

Pemi Paull est un Montréalais très attaché à sa ville. Il a fait ses études musicales à McGill et à l’Université d’Indiana.

« Quand j’étais enfant, mon père a eu un emploi à Ottawa et j’ai déménagé là-bas avec ma famille, mais je suis revenu à Montréal pour y vivre ma vie d’adulte. C’est comme si, dans ma tête, j’avais toujours continué à me considérer comme Montréalais. J’ai commencé le violon à 3 ans et j’ai commencé l’alto à 20 ans. Pour moi, l’alto, comme instrument, n’avait pas autant de bagage que le violon, qui a un immense répertoire et des grands concertos très connus du public. C’est au cours du dernier siècle, mais encore plus au cours des 25 dernières années, que le répertoire pour l’alto s’est développé. Je trouve que la musique pour alto est très pertinente pour le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. »

 

L'album Musicum Umbrarum, publié chez les disques Métis Islands, est disponible depuis le 30 novembre. (Illustration de la pochette: Khosro Berahmandi)
L’album Musicum Umbrarum, publié chez les disques Métis Islands, est disponible depuis le 30 novembre. (Illustration de la pochette: Khosro Berahmandi)

 

Musicum Umbrarum, le passé et le présent.

Publié chez Metis Islands, Musicum Umbrarum comporte cinq pièces. Pour Pemi Paull, le fil conducteur de l’album est le dialogue entre le passé et le présent. Ce thème se retrouve dans l’histoire des compositeurs et des pièces choisies. Par exemple, dans la pièce Ménétrier, Georges Enesco évoque le souvenir des violoneux de village de son enfance.

« Comme musicien, je fais de la musique baroque ou ancienne, et de la musique contemporaine, dit-il. Cela a une grande influence sur moi. À New York et dans plusieurs grands centres, la musique ancienne est vraiment à part du reste. Ici, à Montréal, par la force des choses, comme la communauté musicale est plus petite, le milieu baroque est beaucoup plus intégré. »

« Le fait d’avoir été plongé dans la musique ancienne a vraiment changé ma façon de voir toute la musique, et de la jouer. Normalement, on base notre jeu et notre langage musical sur les sonorités et le style qu’on nous a enseignés pendant nos études, surtout basés sur la musique du 19e siècle. Mais en jouant la musique du 18e, on compose davantage avec le matériau sonore et les gestes. C’est la même chose pour la musique du 20e. »

 

« Pour moi, une partie de la musique contemporaine était incompréhensible jusqu’à ce que je commence à jouer de la musique ancienne, qui n’est pas seulement un langage chanté, mais aussi parlé, et dansé. La musique ancienne m’a ouvert la musique contemporaine. Et l’inverse est aussi vrai. En travaillant avec des compositeurs vivants, j’apprends que les compositeurs sont des êtres humains, pas des dieux. Cette idée que les compositeurs sont des dieux est une idée du 19e siècle.  » – Pemi Paull

 

Sur Musicum Umbrarum, on retrouve aussi deux oeuvres de compositeurs vivants : Scott Godin, et Michael Finnissy.

« Scott est un formidable compositeur, dit Pemi Paull. Il a passé beaucoup de temps à réfléchir à des questions importantes que je pose aussi, notamment, quelle sorte de musique aimons-nous, Canadiens, qui avons grandi en étudiant une tradition musicale européenne? En réalité, nous sommes nord-américains. La pièce Two Wölfli Sketches, qui date de 2011, est une commande que je lui ai faite. Je la joue donc depuis des années. »

C’est du deuxième mouvement de Two Wölfli Sketches, que vient le titre de l’album, Musicum Umbrarum.

L’album inclut également une pièce du compositeur britannique Michael Finnissy. 

« Je l’ai rencontré et j’ai trouvé sa musique très riche. Il prend un langage musical et le parodie, en quelque sorte, il s’amuse avec. Son Obrecht Motetten III s’inspire d’un compositeur de la Renaissance, Jacob Obrecht. C’est comme s’il y avait deux époques en même temps dans la pièce. »

Quant à la Sonate pour alto solo, de Ligeti, pièce de résistance du disque avec ses six mouvements, c’est une oeuvre que Pemi Paull fréquente depuis longtemps.

« J’ai commencé à l’apprendre quand ma fille est née, et celle-ci a 16 ans, maintenant! J’ai commencé à la pratiquer quand elle était petite parce que j’avais du temps. C’était une pièce avant-gardiste, à l’époque, très difficile, et exigeante physiquement. C’est probablement l’une des pièces les plus difficiles, techniquement, pour l’alto. J’ai voulu attendre de l’avoir vraiment assimilée, musicalement, pour l’enregistrer. Ce qui m’a donné envie de faire cet album, au départ, c’était d’avoir enfin l’énergie, la vision artistique et la capacité de faire quelque chose dont je serais fier. Je me suis senti enfin prêt à enregistrer, après des années quand même difficiles, pour toutes sortes de raisons, sur le plan personnel. J’avais enfin un produit fini, à mon goût. »

LIRE AUSSI:

MUSIC AND YOU | Why Sad Music Makes Us Feel Good

 

 

 

 

 

 

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

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Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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