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Toronto Montreal

BILAN | L'Orchestre de la Francophonie en Corée : une expérience à renouveler

Par Caroline Rodgers le 10 septembre, 2018

L'Orchestre de la Francophonie après son deuxième concert à Busan, en Corée. (Photo: courtoisie de l'OF)
L’Orchestre de la Francophonie après son deuxième concert à Busan, en Corée. (Photo: courtoisie de l’OF)

 

S’il n’était pas évident, pour l’Orchestre de la Francophonie, d’organiser un voyage à l’autre bout du monde, ils ont su saisir cette occasion et malgré les embûches. L’expérience s’avère très positive pour ces jeunes musiciens qui ont appris, grâce à cela, d’autres aspects de leur métier.

Au total, deux concerts de l’orchestre et deux récitals de petits ensembles de musiciens de l’OF étaient présentés dans le cadre du Festival international de musique Busan Maru.

Le premier concert, donné le 5 septembre, a déjà fait l’objet d’une critique dans nos pages.

 

Le Centre culturel Haeunde, à Busan, en Corée. (Photo: Caroline Rodgers)
Le Centre culturel Haeunde, à Busan, en Corée. (Photo: Caroline Rodgers)

Le 7 septembre, l’OF livrait encore une belle prestation, cette fois dans la salle de concert d’environ 400 places du Haeunde Cultural Center, qui était presque remplie. Une salle à l’acoustique sèche et ingrate, sans la moindre réverbération, qui ne rendait pas justice aux efforts de la quarantaine de musiciens sur scène. Pour l’occasion, quatre violonistes coréens étaient venus prêter main forte à l’OF.

L’Ouverture des Noces de Figaro, de Mozart, sonnait juste et bien. Elle a servi d’apéritif à une pièce de Mozart certainement moins connue, mais substantielle : la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson, de Mozart. Les quatre solistes étaient des musiciens expérimentés de grande qualité, membres de différents orchestres : Satoko Aoyama (Japon, hautbois), Wei-Leng Chen (Taiwan, clarinette), Lansong Li (Chine, basson), et Kim Young Yul (Corée, cor). Ils étaient tous impressionnants par leur maîtrise, leur calme, leur écoute et leur virtuosité.

La principale beauté de cette œuvre de Mozart est qu’elle donne l’impression à l’auditeur d’observer le compositeur en train d’écrire. Grâce aux quatre instruments mis de l’avant, on peut suivre très clairement les principaux thèmes repris de l’un à l’autre et le jeu fascinant des lignes mélodiques ou de basse qui s’entrecroisent, s’échangent, se renvoient la balle et permettent de constater le génie à l’état pur. L’orchestre, ici relégué au rôle d’accompagnateur, est demeuré solide en toile de fond.

La Symphonie no 4 de Schumann, en deuxième partie du concert, fut très bien défendue par l’OF et son chef. Encore une fois, il est impressionnant de constater ce qu’ils arrivent à faire en si peu de temps, avec un nombre réduit de répétitions. Toutefois, le fait d’avoir seulement 4 violoncelles, 4 altos et deux contrebasses est insuffisant pour assurer un volume sonore satisfaisant, et cause un certain déséquilibre. On remarque, encore une fois, des musiciens qui se distinguent, tels le timbalier Joseph Visseaux et le violoncelliste Adam Collins. On pourrait évidemment en nommer plusieurs autres. De plus, encore une fois, on constate le talent de chef d’orchestre de Jean-Philippe Tremblay, toujours investi à fond dans la musique et inspirant pour ses musiciens.

Le public a demandé un rappel: ils ont rejoué l’Ouverture des Noces de Figaro.

Bilan

Le constat qui s’impose est le suivant : les jeunes musiciens sont les premiers gagnants de cette aventure qui leur a permis d’aller jouer à l’étranger, de partir à la rencontre d’un nouveau public et de travailler dans des conditions comportant une part importante d’imprévus et d’éléments incontrôlables. À moins d’avoir une tournée organisée très longtemps à l’avance et rodée au quart de tour, il est parfois difficile d’avoir des conditions de répétition optimales quand on joue à l’extérieur. Dans le contexte d’une académie orchestrale, l’adaptation est un apprentissage important, et de ce côté, on peut dire qu’ils furent servis! Les musiciens de l’OF ont été reconnaissants d’avoir vécu cette expérience, et plusieurs ont d’ailleurs exprimé leur joie d’y avoir participé.

D’autre part, c’était une occasion en or, pour l’OF, de se faire connaître à l’extérieur du Québec et du Canada, et un premier pas, peut-être, vers d’autres projets de ce type, qui, on l’espère, deviendront la règle plutôt que l’exception. En effet, l’OF ne s’était pas aventuré à l’étranger depuis 2006, alors qu’il avait effectué une tournée de 16 concerts en Chine.

Si les budgets le permettaient, il serait intéressant que l’OF intègre plus souvent des tournées internationales à son curriculum. Les retombées ne peuvent être que positives : visibilité, renommée, expérience musicale et réputation accrue pour l’orchestre. À la lumière de cette expédition en Corée, il va de soi que l’organisation et la logistique de tels voyages demandent des budgets spécifiques pour l’embauche de personnes qualifiées et dédiées à ces projets. L’équipe administrative très réduite de l’OF, déjà débordée par des saisons estivales très chargées, ne peut pas, à elle seule, organiser des tournées internationales.

Si cela risque de s’avérer trop lourd sur une base annuelle, pourquoi pas aux deux ans? Pour cela, il faudrait que l’orchestre, qui ne reçoit pas un sou du côté provincial, soit mieux financé. Souhaitons que cette expérience en Corée représente les premiers pas vers une nouvelle étape fructueuse pour l’OF. Après 18 ans de travail, l’orchestre pourrait passer à un autre niveau en offrant à ses stagiaires une expérience internationale sur une base régulière, si c’est ce que souhaite l’organisation. Mais pour ce faire, ils devront se retrousser les manches, planifier plus longtemps à l’avance et dénicher des partenariats financiers qui leur permettront d’aller plus loin.

La musique classique a le vent dans les voiles en Asie, qui s’avère une terre fertile pour les collaborations et les échanges de toutes sortes. En toute logique, elle représente un marché intéressant pour les musiciens d’ici avec ses salles de concert ultra modernes et un public jeune et curieux. D’autres événements que le Festival international de Busan Maru sont certainement ouverts à intégrer de jeunes musiciens du Canada dans leur programmation. Cette belle histoire aura des suites, espérons-le.

Ludwig van Montréal remercie l’Orchestre de la Francophonie de lui avoir permis de le suivre dans cette grande aventure en Corée.

LIRE AUSSI:

CRITIQUE | Corée: l’Orchestre de la Francophonie surmonte l’adversité

 

 

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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