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ENTRETIEN | Lucienne Renaudin Vary: la trompette de la renommée à 19 ans

Par Frédéric Cardin le 22 mai, 2018

Lucienne Renaud-Vary
Lucienne Renaudin Vary sera en concert avec les Violons du Roy à Québec et à Montréal cette semaine. (Crédit: Simon Fowler)

Lucienne Renaudin Vary est une jeune trompettiste d’à peine 19 ans qui épate tout le monde musical depuis plusieurs années. En 2010 (elle avait 11 ans!), elle remportait déjà un prix d’interprétation, elle qui jouait de son instrument scintillant depuis à peine deux ans.

Tous les concours auxquels elle a participé par la suite, elle les a mis dans sa petite poche, puis elle a été nommée Révélation de l’année aux Victoires de la musique classique pour l’année 2016. La pétillante musicienne sera à Québec et Montréal les 24 et 25 mai prochains, accompagnée des Violons du Roy. Je me suis entretenu avec elle.

Bonjour Lucienne, quelle impression aviez-vous des Violons du Roy avant d’être engagée par eux?

Excellente! Je les connaissais déjà pour avoir écouté l’un de leurs albums avec Alexandre Tharaud. Quand j’ai eu l’occasion de jouer avec eux, j’ai tout de suite dit oui!

Quel répertoire jouerez-vous les 24 et 25 mai à Québec et à Montréal?

Pour ma part, ce seront les deux concertos les plus connus pour mon instrument : ceux de Haydn et de Hummel. L’orchestre, lui, jouera du Mozart et une chouette symphonie attribuée à Dittersdorf, « La prise de la Bastille »

 

 

C’est fou, la célébrité rapide et spectaculaire qui vous précède maintenant. Comment vivez-vous ce tourbillon médiatique?

Célébrité… je ne suis pas une star du cinéma non plus! Mais pour l’univers classique, c’est vrai que je reçois beaucoup de visibilité. La vérité c’est que je ne me pose pas de question. J’adore la musique, j’adore monter sur scène et rencontrer le public, c’est tout ce qui m’habite. Le reste, c’est secondaire.
En tant que Française et trompettiste, l’ombre de Maurice André plane inévitablement au-dessus de vous. Que représente-t-il pour vous?
C’est un monstre sacré bien sûr. Je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer malheureusement, mais je l’ai beaucoup écouté, et je me dis que je le connais un peu à travers ses enregistrements. J’ai aussi participé avec 9 autres trompettistes à un hommage qui lui était consacré en 2013, aux 20e Victoires de la musique classique (Lucienne n’avait que 14 ans! – NDLR), en jouant la fameuse Marche triomphale d’Aïda de Verdi. Ce fut un moment très fort en émotions.

 

C’est plutôt récent que les femmes s’illustrent médiatiquement comme solistes de la trompette. On pense spontanément à l’Anglaise Alison Balsom. L’instrument demeure-t-il encore perçu comme « masculin »?

Ça change bien sûr, et heureusement! Mais la trompette est encore associée à l’homme.

Pourquoi, selon vous? 

Je ne sais pas précisément, mais je pense que la question du souffle donne l’impression qu’il faut physiquement être bien charpenté pour bien pousser la note. Or c’est une idée reçue : l’instrument n’a pas besoin qu’on y mette beaucoup d’effort pour en sortir un son puissant, il est conçu pour la projection, même si on est toute petite! Ensuite, pour bien en jouer, il faut beaucoup de travail, et ça c’est la responsabilité de chaque musicien, homme ou femme.

Vous jouez autant du classique que du jazz. Pourquoi? Est-ce nécessaire en ce début de 21e siècle pour être une trompettiste « accomplie »?

 

Ce n’est pas du tout par nécessité, mais bien par passion. J’aime les deux types de musique et je ne pourrais pas choisir entre l’un ou l’autre. Les deux genres musicaux, en ce qui me concerne, se nourrissent l’un et l’autre, et je puise là-dedans pour bâtir mon style d’interprétation. Je suis inscrite à la fois en classique et en jazz au Conservatoire de Paris, et j’adore cette polyvalence. – Lucienne Renaudin-Vary

 

Les techniques de jeu diffèrent-elles pour bien jouer l’un et l’autre?

Non, il n’y a qu’une seule technique, une même base. Pour le reste, c’est l’interprétation qui fait la musique.

Avant d’entrer sur scène, c’est pour du classique ou du jazz que vous êtes la plus nerveuse?

Aucun! Je ne suis pas stressée. Au contraire, je trépigne d’impatience et je n’attends que ça!

Y a-t-il des choses que vous rêveriez de jouer à la trompette?

Oh, plein de pièces pour violon ou pour piano, mais ce ne serait pas possible, musicalement parlant, ce qui est frustrant. Par contre, je m’intéresse au répertoire de la voix. Je pourrais jouer le rôle de Carmen au complet avec ma trompette! Depuis que j’ai 4 ans, cet opéra me fascine. Toute petite, je voulais être Carmen (sauf à la fin bien sûr)!

Pour élargir le répertoire, vous êtes donc condamnée aux transcriptions?

Oui, mais cela peut donner de très belles choses.

Il y a également l’option de commandes d’œuvres contemporaines..

En effet! J’ai d’ailleurs créé un concerto écrit par Jean-Jacques Charles il y a quelques années, et j’ai aimé cette expérience. Avis à tous les compositeurs : je suis intéressée!

Quel style musical vous convient le mieux, si on veut vous écrire une partition qui vous plaira?

Je suis très attirée par le mélange des genres, classique, jazz, musiques du monde, etc.

Lucienne sera en concert avec Les Violons du Roy sous la direction de Mathieu Lussier, le jeudi 24 mai au Palais Montcalm de Québec et le vendredi 25 mai à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal. PLUS DE DÉTAILS DANS NOTRE CALENDRIER DE CONCERTS.

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Frédéric Cardin

Frédéric Cardin

Frédéric Cardin a littéralement grandi avec des disques : ses parents tenaient un magasin de musique à Sorel-Tracy, sa ville natale. Il a apprit le violon pendant quelques années, puis le cor, duquel il peut encore faire sortir quelques notes. Recherchiste, réalisateur, édimestre, chroniqueur et animateur à plusieurs émissions musicales classiques, mais aussi jazz et de musiques du monde à Radio-Canada depuis 1999, Frédéric est également animateur de l'émission Les trésors cachés sur les ondes de Radio VM et de causeries pré-concert à la maison de la culture Saint-Laurent dans la série Les concerts endimanchés, en plus d'être journaliste à la section Portraits de L'Opéra - revue québécoise d'art lyrique. Il a étudié en histoire et en politique internationale, mais c'est la musique qui demeure sa principale muse.
Frédéric Cardin
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Frédéric Cardin a littéralement grandi avec des disques : ses parents tenaient un magasin de musique à Sorel-Tracy, sa ville natale. Il a apprit le violon pendant quelques années, puis le cor, duquel il peut encore faire sortir quelques notes. Recherchiste, réalisateur, édimestre, chroniqueur et animateur à plusieurs émissions musicales classiques, mais aussi jazz et de musiques du monde à Radio-Canada depuis 1999, Frédéric est également animateur de l'émission Les trésors cachés sur les ondes de Radio VM et de causeries pré-concert à la maison de la culture Saint-Laurent dans la série Les concerts endimanchés, en plus d'être journaliste à la section Portraits de L'Opéra - revue québécoise d'art lyrique. Il a étudié en histoire et en politique internationale, mais c'est la musique qui demeure sa principale muse.
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