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Toronto Montreal

CRITIQUE | OSM: double réussite pour Petrenko et Richard-Hamelin

Par Caroline Rodgers le 12 octobre, 2017

Vasily Petrenko dirige l'OSM, cette semaine, dans un programme de musique russe et française. (Crédit: Mark McNulty, IMG Artists).
Vasily Petrenko dirige l’OSM, cette semaine, dans un programme de musique russe et française. (Crédit: Mark McNulty, IMG Artists).

Le programme fort substantiel avec lequel l’OSM a mis la table pour trois concerts à la Maison symphonique, cette semaine, a été servi par des artistes à sa hauteur avec le chef Vasily Petrenko et notre Charles Richard-Hamelin, pianiste en bonne voie de devenir un véritable trésor national.

Le nom de Vasily Petrenko a souvent été mentionné depuis qu’il question de trouver le futur successeur de Kent Nagano. Le premier à s’être aventuré sur ce terrain n’était nul autre que Claude Gingras, de La Presse, qui, dans un article du 2 avril 2013 intitulé « L’après-Nagano se précise », annonçait que Petrenko pourrait bien prendre la relève…en 2016. N’étant pas adeptes des sports extrêmes, spéculations et autres paris dignes des « pools » de hockey, nous ne nous attarderons pas sur le sujet, sauf pour dire que mercredi soir, le jeune chef a démontré qu’il avait certainement les qualités musicales dignes d’un prétendant sérieux à la direction artistique d’un grand orchestre.

De sa direction se dégage une assurance, une autorité naturelle, une clarté de geste et une précision remarquables qui sont certainement appréciées des musiciens. Aucune gesticulation inutile ne perturbe la communication alors qu’une compréhension mutuelle semble s’installer facilement entre lui et l’orchestre. Mais ce n’est pas tout : il a aussi de bonnes idées.

Le programme, mariant compositeurs russes et français, avait de quoi permettre au jeune maestro de démontrer sa polyvalence et son approche musicale. Le contraste était certes saisissant entre la poésie de Ma Mère l’Oye, esquissée avec souplesse, et la frénésie du Poème de l’Extase, de Scriabine, extrêmement contrasté et percutant. On constate qu’il aime aussi se faire plaisir en faisant sonner l’orchestre, poussant la machine à toute vapeur dans les finales.

Charles Richard-Hamelin, soliste invité de l'OSM sous la direction de Vasily Petrenko. (Crédit: Elizabeth Delage)
Charles Richard-Hamelin, soliste invité de l’OSM sous la direction de Vasily Petrenko, du 11 au 15 octobre 2017. (Crédit: Elizabeth Delage)

Prokofiev

On le savait déjà : Charles Richard-Hamelin est un pianiste exceptionnel. Toutefois, sa carrière n’ayant véritablement pris son envol que depuis quelques années, nous avons encore le plaisir et le privilège de découvrir des facettes inconnues de son talent au fil de son évolution et des occasions de l’entendre dans du nouveau répertoire. Avec un artiste qui prend le temps de travailler et qui mûrit devant nous, on ne risque pas de se lasser de sitôt.

Après avoir révélé tout un pan de sa personnalité d’interprète en explorant Chopin en profondeur, le voilà qui se révèle autrement dans Prokofiev. Ce Concerto no 3, morceau de bravoure qui ne pardonne pas, exige une énergie concentrée mais contrôlée, un sens du rythme infaillible et beaucoup de mordant. Le pianiste démontre avec aplomb qu’il a compris le style, la structure de l’oeuvre et le langage du compositeur. Il avance aussi des idées, une vision personnelle et une grande écoute de l’orchestre qui lui permettra de réajuster habilement le tout lorsque de légers décalages surviendront avec celui-ci. On sent néanmoins que cette nouvelle plongée dans l’œuvre, qu’il disait en entrevue ne pas avoir jouée depuis dix ans, est annonciatrice d’encore mieux. Au-delà de cette interprétation déjà satisfaisante, on sait qu’il s’appropriera davantage ce concerto avec le temps. Nous espérons donc le réentendre jouer la même chose dans deux ou dans cinq ans.

Vasily Petrenko termine le concert avec une version étonnante, différente et assez personnelle de La Mer, de Debussy, qu’il dessine davantage comme une succession de moments aux contours presque géométriques et sombres que dans une esthétique impressionniste. Une approche qui pourrait faire l’objet de bien des discussions! Quoiqu’il en soit, dans l’ensemble : ce concert passionnant est fortement recommandé.

Le même programme sera présenté de nouveau, le 14, à 20 h, et le 15, à 14 h 30.

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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