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Toronto Montreal

ENTRETIEN | Cinq questions à Marie-Annick Béliveau sur Love Songs Opéra

Par Caroline Rodgers le 27 septembre, 2017

La compagnie de création Chants Libres donne carte blanche à la mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau, infatigable ambassadrice des musiques nouvelles. (Crédit photo: Stéphanie Béliveau)
La compagnie de création Chants Libres donne carte blanche à la mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau, infatigable ambassadrice des musiques nouvelles. (Crédit photo: Stéphanie Béliveau)

La compagnie de création Chants Libres donne carte blanche à la mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau, infatigable ambassadrice des musiques nouvelles. Elle a choisi de redonner vie à Love Songs Opéra, d’Ana Sokolovic, spectacle qui sera présenté trois fois au Gesù, en collaboration avec le Vivier, dès ce soir. L’œuvre avait été créée par la défunte compagnie d’opéra Queen of Puddings, en 2008, à Toronto.

Q- De quoi parlent les Love Songs?

R- D’amour, évidemment. Ce sont cinq tableaux, cinq façons de présenter l’amour : l’amour pur, l’amour tendre, l’amour enfantin, l’amour mature qui dure depuis longtemps, et l’amour triste, qui est en deuil. On peut imaginer que ces cinq tableaux sont vécus par une même femme, à différents stades de sa vie. Cependant, nous avons travaillé l’œuvre différemment avec le metteur en scène Frédérick Gravel. Nous avons décidé de jouer davantage la carte de l’ambiguïté à savoir si c’est moi, l’interprète, qui prend le dessus, ou le personnage.

Q- Comment ce contenu est-il décliné et exprimé?

R-Il y a seize parties dans l’œuvre. C’est Ana Sokolovic qui a écrit le livret mais c’est un montage de différents textes : des poèmes anglais, de Shakespeare, d’Elisabeth Barrett Browning, des poèmes serbes, des poèmes en gaélique, des textes de Paul Éluard, et un poème d’Émile Nelligan. Il y a aussi, entre ces poèmes, des petits interludes pendant lesquels je dis les mots « je t’aime », en 100 langues différentes, par ordre alphabétique. La compositrice joue avec les sonorités des mots.

Ana Sokolovic, compositrice. (Crédit photo: Alain Lefort)
Ana Sokolovic, compositrice. (Crédit photo: Alain Lefort)

Q-Qu’aimez-vous dans cette œuvre?

R-La musique d’Ana Sokolovic est assez géniale. Son langage est très maîtrisé. Elle va autant du côté des formes nouvelles que des références à de la musique traditionnelle et à la musique populaire. On trouve dans cette œuvre comme dans toute la musique un bel équilibre entre la forme et le contenu. Jamais la forme ou l’écriture ne prennent le dessus sur le message, sur l’expression. C’est une œuvre dans laquelle elle se permet d’être sentimentale. En musique contemporaine, on fait souvent attention de se tenir loin de la sentimentalité, mais s’il y a un endroit qui s’y prête bien, c’est la musique lyrique!

Q-Avec qui faites-vous le spectacle?

R-Ana Sokolovic a retravaillé sa composition pour lui ajouter une partie de saxophone. Je vais être sur scène avec Jean Derome, qui est plus qu’un saxophoniste : c’est aussi un compositeur, un improvisateur, et j’ai pensé que ce serait une superbe occasion pour moi de travailler avec lui. Il a tellement de charisme et de présence que dès qu’il est là, il remplit la scène. Il y a des solos de saxophones et des endroits où il m’accompagne mais d’autres où c’est lui qui devient le personnage principal. Les éclairages et la mise en scène sont une très belle conception de Frédérick Gravel.

La mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau partagera la scène avec le saxophoniste Jean Derome dans Love Songs, d'Ana Sokolovic.
La mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau partagera la scène avec le saxophoniste Jean Derome dans Love Songs, d’Ana Sokolovic. (Photo fournie par Chants Libres)

Q-Il n’est pas facile d’être l’unique interprète vocale d’un spectacle. Est-ce votre première fois?

R-Non, j’ai fait les Chants du Capricorne, à Chants Libres, où j’étais entièrement seule. J’ai déjà fait aussi L’Étoile libre, de Michel Boudreau. C’était aussi une grande œuvre pour voix seule avec mise en scène. C’est donc ma troisième expérience du genre, à part les récitals.

Chants libres, Love Songs Opéra, les 27 et 28 septembre, 20 h, et le 30 septembre, 16 h au Gesù.

 

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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