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ENTREVUE | Janina Fialkowska à Orford musique : retrouvailles enthousiastes

Par Béatrice Cadrin le 24 juillet 2026

La pianiste Janina Fialkowska fait un retour à Orford Musique, avec un récital le samedi 25 juillet. (Photo : Julien Faugère)
Janina Fialkowska (Photo : Ulrich Wagner)

« C’était un peu rustique, dans le temps!, » se souvient la pianiste Janina Fialkowska, au sujet des lieux d’Orford musique, où elle est de retour pour la première fois depuis 40 ans. Pendant deux semaines, elle y fait la rencontre de jeunes pianistes venu·e·s profiter de son enseignement, et donnera ce samedi 25 juillet un récital d’œuvres de Schubert, Liszt, Grieg et Chopin. « Ce qui n’a pas changé, c’est l’atmosphère et le sentiment que nous sommes tous là pour faire de la musique ensemble. »

À 75 ans, cette grande dame du piano, dont la carrière a débuté sous les encouragements du légendaire Artur Rubinstein, se produit moins qu’avant et sélectionne son répertoire avec attention. Elle doit prendre soin de son bras gauche, amputé depuis 2002 de deux muscles suite au retrait d’une tumeur. ( La première scène de son autobiographie, A Note in Time (2021), raconte son soulagement, au réveil de l’opération, en constatant qu’elle peut encore bouger les doigts de sa main gauche.) « Il me reste un muscle, qui fait le travail de trois, » explique-t-elle. « Mais la joie d’être pianiste, c’est qu’on a accès à un répertoire immense, on peut toujours trouver quelque chose à jouer. »

Le programme du récital de samedi en est la preuve, ne montrant aucun signe de compromis.

En ouverture de programme, les douze Valses nobles et sentimentales de Schubert donnent le ton : « Schubert est un compositeur que j’ai commencé à vraiment jouer il y a à peu près 15 ans. Je n’étais pas prête avant ça : je considère qu’il est l’ultime musicien, » explique l’interprète avec humilité. « Pour ce qui est de Liszt, je suis très contente de pouvoir encore jouer la Valse impromptu, que j’ai toujours jouée. La transcription du deuxième mouvement de sa Symphonie Faust, bien que techniquement facile, est un des plus beaux morceaux pour piano du répertoire, c’est de la musique incroyable. »

Elle poursuivra avec quelques pièces de Grieg, « des petits bijoux, c’est de la magie », et conclura par deux œuvres de Chopin, pierre angulaire de son répertoire : « Je ne peux pas jouer un programme sans Chopin! Les Mazurkas représentent l’essence même de Chopin, ce sont les plus belles choses qu’il a écrites. J’essaie de toujours inclure de ses mazurkas dans un programme. » Dans ce cas-ci, elle a opté pour la Mazurka en la mineur, la première de l’opus 59, tandis que le Scherzo en si mineur viendra clore la soirée.

Parallèlement à sa propre préparation, elle enseigne à huit ou neuf stagiaire de l’Académie Orford musique par semaine. « C’est très agréable d’enseigner à des jeunes qui comprennent ce que j’essaie de dire!, » se réjouit-elle.

Elle trouve que les jeunes pianistes font face à des circonstances difficiles : « Quand mes collègues et moi étions jeunes, nous avions, je crois, un peu plus de liberté en jouant. La spontanéité était plus grande. Je crois que c’est à cause du fait que quand on joue maintenant, même pour des amis, il y a toujours quelqu’un qui enregistre, et ça se retrouve sur internet. Aussi, dans mon temps, on pouvait faire carrière avec un premier, un deuxième ou un troisième prix. Maintenant, il faut avoir plusieurs premiers prix juste pour être accepté dans un concours! Il y a beaucoup de concurrence, pour moins de concerts. »

Moins de concerts, lui demande-t-on? « Au Canada, peut-être pas. Le Canada et l’Allemagne [où elle réside], c’est fantastique pour la musique. En Angleterre, depuis Brexit, c’est terrible, et aux États-Unis aussi. » Son enthousiasme croît en pensant au nombre de jeunes pianistes canadien·ne·s perçant sur la scène internationale : « Charles Richard-Hamelin, Bruce Liu, Kevin Chen, Élisabeth Pion, Jaeden Izik-Dzurko… je ne vois pas un autre pays qui a autant de talent que le Canada! Ça me fait vraiment plaisir! »

LE 25 JUILLET, 16 H, SALLE GILLES-LEFEBVRE (ORFORD MUSIQUE)  DÉTAILS ET BILLETS

Béatrice Cadrin
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