NOUVELLE | L'Orchestre symphonique de Laval nomme un tandem à la direction générale

Par Caroline Rodgers le 6 décembre 2022

Simon Ouellette (photo: ) et Catherine Deschênes (Photo: courtoisie)
Simon Ouellette (photo: courtoisie ) et Catherine Deschênes (Photo: Gabriel Fournier) prennent la direction générale de l’Orchestre symphonique de Laval.

L’Orchestre symphonique de Laval annonce ce matin la nomination de Simon Ouellette à titre de directeur général, et de Catherine Deschênes à titre de directrice générale associée.

En sa première journée en poste, hier, j’ai eu l’occasion de parler avec Simon Ouellet au sujet des nombreux défis qui attendent ce nouveau tandem.

Diplômé en musique de McGill et de l’Université DePaul, située à Chicago, Simon Ouellette était jusqu’à tout récemment directeur des opérations artistiques et de l’éducation à Orford Musique, où il remplaçait Sophie Cusson, en congé de maternité.

Auparavant, il a travaillé pendant quatre ans à l’Orchestre symphonique de Montréal, d’abord en tant qu’adjoint au chef de l’exploitation et chargé de projets spéciaux, ensuite comme chef, projets spéciaux. Parmi les projets auxquels il a travaillés, mentionnons la Virée classique et à la mise sur pied ainsi que la programmation de l’Espace OSM, ce lieu d’exposition situé à la Place des arts qui a ouvert ses portes il y a quelques années.

Il a aussi travaillé pendant un an au Thunder Bay Symphony Orchestra et son premier emploi en musique, après sa maîtrise en tuba aux États-Unis, a été auprès de l’Orchestre national des jeunes du Canada (NYOC)

Catherine Deschênes, pour sa part, s’est jointe à l’OSL il y a un an comme responsable comptabilité et administration. Auparavant, elle travaillait depuis 15 ans en gestion dans le domaine de la restauration. Elle détient une technique en travail social.

Le poste de directrice générale associée est donc un nouveau poste.

« Il a été décidé qu’on serait deux car l’OSL a besoin d’une direction générale forte, dit Simon Ouellet. C’était le souhait du conseil d’administration de nous mettre tous les deux en poste. Catherine assurait déjà l’intérim depuis cet été, et c’est une bonne façon de s’assurer que la transition se passe bien et qu’il y ait une continuité, malgré ce nouveau changement à la direction générale. »

Des défis à relever

Le nouveau tandem succède ainsi à Tatianna de Burbure, qui était en poste depuis un an, et dont le mandat restera associé dans nos mémoires au départ soudain et inexpliqué d’Alain Trudel de ses fonctions de chef attitré et directeur artistique, qu’il occupait depuis 2006.

Avant Tatianna de Burbure, plusieurs directeurs et directrices ont occupé le poste pendant de courtes périodes après le départ de Marie-Pierre Rolland, elle-même en poste pendant sept ans, de 2012 à 2019. Après son départ, Maud Brunet a assuré un intérim avant l’entrée en poste de Charles Decroix, resté en poste dix mois avant de repartir pour la France, puis Sarah Belleville est restée également dix mois.

Le nouveau directeur général a préféré ne pas commenter au sujet de ces nombreux départs, disant qu’il préfère regarder de l’avant.

« Je suis là pour parler de la situation actuelle et de où on s’en va, dit-il. Nous venons de traverser une période pandémique, mais notre public nous est resté fidèle malgré l’instabilité. On a le goût de nous investir auprès de la communauté. J’ai la ferme conviction qu’un orchestre symphonique comme celui de Laval est là pour servir sa communauté, et c’est le but qu’on se fixe pour les prochaines années. Nous allons solidifier nos arrimages, que ce soit avec les commissions scolaires, le public, et nos musiciens. On va poursuivre cette mission, et travailler sur des stratégies de financement. Évidemment, nous allons aussi chercher une nouvelle personne à la direction artistique. »

Concernant ce grand défi de trouver quelqu’un pour succéder à Alain Trudel, qui a laissé sa marque sur l’orchestre et sur Laval, il dit:

« C’est un gros défi mais c’est ce qui fait que c’est intéressant. »

Pour cette nomination à venir, un comité de recherche est en place mais l’échéancier n’est pas défini. Le  comité, dont font partie des musiciens, a déjà commencé ses travaux. Je vais rencontrer ce comité dans les prochains jours pour qu’on puisse définir clairement les besoins, mais il est clair qu’on va vouloir quelqu’un d’ouvert sur la communauté et prêt à travailler en collégialité avec les musiciens. »

Que croit-il amener, en tant que leader, dans la situation actuelle?

« Une stabilité, dit-il. Quand j’ai rencontré le conseil d’administration, j’ai dit clairement que je n’étais pas là pour rester six mois et repartir, j’ai la ferme intention de rester avec l’OSL pour longtemps. En ce moment, l’organisation a besoin de stabilité et d’une vision à plus long terme. Dans les dernières années, avec tous les changements que l’orchestre a connus, ça a été plus difficile d’établir une vision au niveau de l’administration. C’est ce que j’espère apporter, et peut-être, aussi, une nouvelle façon de voir les choses. »

Il faut aussi vendre des billets et remplir la salle lors des concerts, objectif qui n’est facile à atteindre pour aucun organisme musical dans le contexte actuel.

« Je pense qu’il faut travailler sur la notoriété de l’orchestre, dit Simon Ouellette. Il faut que les gens de Laval soient conscients qu’ils ont un orchestre dans leur communauté et aient envie de venir le soutenir. En fait, pour nous, le grand défi, c’est de leur faire comprendre qu’on est là pour eux. La qualité artistique de l’ensemble est primordiale, mais au-delà, il faut penser à ce qu’on apporte aux gens, et c’est là qu’on va marquer des points. Nous avons déjà un excellent soutien du public, mais il reste qu’en cette période presque postpandémique, les habitudes sont à refaire. Je le vois comme une opportunité pour nous. »

Le nouveau tandem a donc du pain sur la planche.

Bien qu’une entrevue avec Ludwig van Montréal ne soit pas une entrevue d’embauche, je ne peux m’empêcher de lui demander « quelles qualités personnelles avez-vous pour occuper ce poste? », ce à quoi il répond:

« Je vais vous dire la même chose qu’au comité de sélection: je pense que c’est la passion. Ma vie a pris un tournant à cause de la musique. J’ai commencé à en faire au secondaire, d’abord en jouant du trombone, ensuite du tuba. Ça m’a donné une communauté et les moyens de me dépasser, une raison d’être à l’école et de poursuivre mes études. Quand je vois l’impact que la musique a eu sur moi, ça me motive. Je suis aussi capable de communiquer cette passion, je suis quelqu’un d’enthousiaste de nature. J’ai des idées et j’aime réfléchir à long terme, mais j’ai aussi les deux pieds sur terre. Je comprends les enjeux quotidiens d’un orchestre. Je suis né en Corée du Sud et j’ai été adopté par des parents québécois. J’ai grandi sur une ferme laitière en Estrie, ça m’a donné un côté terre à terre. »

 

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