PORTRAIT | Les aventures de Calixa Lavallée, compositeur du "Ô Canada"

Par Béatrice Cadrin le June 27, 2022

Calixa-Lavallée, compositeur
Calixa-Lavallée, compositeur

Le saviez-vous? Calixa Lavallée, compositeur de l’hymne national canadien, était aussi chef d’orchestre, multi-instrumentiste, enseignant, administrateur et soldat dans la Guerre de Sécession américaine.

Il est souvent dit que le « Ô Canada » est un des plus beaux hymnes nationaux au monde. Et voilà généralement l’étendue de ce que nous pouvons dire sur l’œuvre de Calixa Lavallée, compositeur, chef d’orchestre, multi-instrumentiste, enseignant, soldat et nomade, pourtant considéré pendant une certaine période comme une « gloire nationale » du Québec.

Né à Verchères en 1842, le jeune Calixte (plus tard changé pour Calixa) démontre rapidement des talents musicaux. Il apprend le violon, le piano, l’orgue et le cornet à pistons. À l’âge de 13 ans, il vient à Montréal poursuivre des études de piano.

En 1857, il part pour les États-Unis. On trouve sa trace en Nouvelle-Orléans, où il a gagné le premier prix d’un concours instrumental. Par la suite, il effectue une tournée en Amérique du Sud, aux Antilles et au Mexique avec un violoniste nommé Olivera. En 1861, comme d’autres Canadiens français, il s’enrôle dans l’armée de l’Union lors de la Guerre de Sécession. Il devient rapidement premier cornet dans le Fourth Rhode Island Regiment, mais il est blessé à la jambe et revient à Verchères.

 

Plusieurs fois encore au cours de sa vie, il alterne entre établir ses activités aux États-Unis (Californie, Nouvelle-Angleterre, Massachussetts, Boston, New York) et à Montréal (il se serait même prononcé en faveur d’une annexion du Canada et des États-Unis!). En 1867, il épouse une Américaine nommée Joséphine Gentilly ou Gently, avec qui il aurait eu quatre fils. De 1873 à 1875, il séjourne à Paris grâce à un mécène. Il est décédé à Boston en 1891, à l’âge de seulement 48 ans.

Dans l’ensemble, la production de Calixa Lavallée est assez conventionnelle, bien que de qualité. Plusieurs œuvres ont malheureusement été perdues, d’autres n’ont jamais été complétées. Il laisse des opérettes et des pièces de bravoure pour piano, qu’il jouait lui-même avec virtuosité.

Une œuvre lyrique attire l’attention par son sujet: il s’agit d’une opérette nommée TIQ, pour The Indian Question. Le livret met en scène un conflit entre un chef autochtone, Sitting Bull, et l’armée américaine.

Différents histoires romantiques se développent au cours de l’intrigue, dont – bien sûr – entre la fille du chef et un private de l’armée américaine. Selon un article de la CBC écrit par Rob Simms, une bonne partie des numéros musicaux de TIQ sont d’ailleurs des chansons d’amour sirupeuse. Bien que l’œuvre soit remplie de stéréotypes, Simms affirme qu’il s’agit d’une « narration complexe surprenant par l’inclusion de perspectives multiples, de renversements de rôles et d’échanges culturels ». La musicologue Emily Gale, grâce à qui Simms a découvert la pièce, conclut que ses créateurs défendaient une position plutôt en faveur des Premières Nations représentées.

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PORTRAIT | Les aventures de Calixa Lavallée, compositeur du « Ô Canada »

Calixa-Lavallée, compositeur
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Calixa-Lavallée, compositeur

Le saviez-vous? Calixa Lavallée, compositeur de l’hymne national canadien, était aussi chef d’orchestre, multi-instrumentiste, enseignant, administrateur et soldat dans la Guerre de Sécession américaine.

Il est souvent dit que le « Ô Canada » est un des plus beaux hymnes nationaux au monde. Et voilà généralement l’étendue de ce que nous pouvons dire sur l’œuvre de Calixa Lavallée, compositeur, chef d’orchestre, multi-instrumentiste, enseignant, soldat et nomade, pourtant considéré pendant une certaine période comme une « gloire nationale » du Québec.

Né à Verchères en 1842, le jeune Calixte (plus tard changé pour Calixa) démontre rapidement des talents musicaux. Il apprend le violon, le piano, l’orgue et le cornet à pistons. À l’âge de 13 ans, il vient à Montréal poursuivre des études de piano.

En 1857, il part pour les États-Unis. On trouve sa trace en Nouvelle-Orléans, où il a gagné le premier prix d’un concours instrumental. Par la suite, il effectue une tournée en Amérique du Sud, aux Antilles et au Mexique avec un violoniste nommé Olivera. En 1861, comme d’autres Canadiens français, il s’enrôle dans l’armée de l’Union lors de la Guerre de Sécession. Il devient rapidement premier cornet dans le Fourth Rhode Island Regiment, mais il est blessé à la jambe et revient à Verchères.

 

Plusieurs fois encore au cours de sa vie, il alterne entre établir ses activités aux États-Unis (Californie, Nouvelle-Angleterre, Massachussetts, Boston, New York) et à Montréal (il se serait même prononcé en faveur d’une annexion du Canada et des États-Unis!). En 1867, il épouse une Américaine nommée Joséphine Gentilly ou Gently, avec qui il aurait eu quatre fils. De 1873 à 1875, il séjourne à Paris grâce à un mécène. Il est décédé à Boston en 1891, à l’âge de seulement 48 ans.

Dans l’ensemble, la production de Calixa Lavallée est assez conventionnelle, bien que de qualité. Plusieurs œuvres ont malheureusement été perdues, d’autres n’ont jamais été complétées. Il laisse des opérettes et des pièces de bravoure pour piano, qu’il jouait lui-même avec virtuosité.

Une œuvre lyrique attire l’attention par son sujet: il s’agit d’une opérette nommée TIQ, pour The Indian Question. Le livret met en scène un conflit entre un chef autochtone, Sitting Bull, et l’armée américaine.

Différents histoires romantiques se développent au cours de l’intrigue, dont – bien sûr – entre la fille du chef et un private de l’armée américaine. Selon un article de la CBC écrit par Rob Simms, une bonne partie des numéros musicaux de TIQ sont d’ailleurs des chansons d’amour sirupeuse. Bien que l’œuvre soit remplie de stéréotypes, Simms affirme qu’il s’agit d’une « narration complexe surprenant par l’inclusion de perspectives multiples, de renversements de rôles et d’échanges culturels ». La musicologue Emily Gale, grâce à qui Simms a découvert la pièce, conclut que ses créateurs défendaient une position plutôt en faveur des Premières Nations représentées.

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