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Toronto Montreal

OPÉRA | Idomeneo: comment monter un opéra en temps de pandémie

Par Caroline Rodgers le 21 avril, 2021

Antonio Figueroa, ténor, dans le rôle d’Idomeneo. (Photo: capture d’écran de la captation vidéo de l’UdeM)

La Faculté de musique de l’Université de Montréal présente cette semaine, en mode virtuel, l’opéra Idomenoe, de Mozart. Un véritable tour de force d’organisation pour permettre à ces étudiants de chanter, malgré les complications logistiques et les mesures sanitaires. Alain Gauthier, metteur en scène, raconte.

Chanter avec un masque

Tout au long des répétitions, les chanteurs étaient masqués. Ils ont retiré leurs masques seulement lors de la captation vidéo (NDLR: ce qui explique pourquoi on ne voit pas de masques sur les photos de ce reportage, provenant des captations).

« Nous devions respecter les consignes sanitaires générales et celles de l’Université de Montréal, qui a son propre protocole. Tout le monde devait donc porter un masque en tout temps. Pour nous, c’est déjà contraignant mais pour les chanteurs, c’est vraiment difficile. Comme l’appel d’air lorsqu’ils respirent est moins grand, ils se fatiguent beaucoup plus rapidement. C’est d’autant plus difficile que ce sont de jeunes chanteurs en formation, encore en train de chercher leur voix. Pour un chanteur qui connaît sa voix, il sait qu’il n’est pas normal de prendre de moins grandes respirations, et que le résultats sera différent, mais pour des jeunes encore en train de chercher leurs repères, en plus d’avoir moins de coaching et de cours avec leurs professeurs, c’était un grand défi de monter une production dans un tel contexte. » – Alain Gauthier, metteur en scène

L’aération des salles

« Il fallait aussi aérer les salles de répétition, à raison de 45 minutes après chaque heure. On perdait donc presque une heure sur deux de répétitions. Heureusement, comme il y avait moins d’étudiants, nous avons pu utiliser la salle Claude-Champagne pour répéter, de façon distancée. C’était sécurisant pour tout le monde. »Alain Gauthier

 

Agnès Ménard, soprano, incarne Elettra. (Photo: capture d’écran de la captation vidéo)

Diriger des chanteurs masqués

« Pour moi, la difficulté d’avoir des chanteurs masqués, c’est que je perdais la moitié des informations sur leur visage. Cela forçait les jeunes chanteurs à être plus présents à leur corps car leur expression faciale ne peut pas être aussi bien exploitée. Cela les a fait travailler leur jeu scénique. Cela a été un bon exercice pour eux, car comme ils sont très concentrés sur leur voix, ils oublient parfois d’être expressifs avec leurs corps, mais là, ils n’avaient pas le choix. » – Alain Gauthier, metteur en scène

 

Antonio Figueroa, ténor, dans le rôle d’Idomeneo. (Photo: capture d’écran de la captation vidéo de l’UdeM)

Deux distributions

Les productions de l’Atelier d’opéra de l’UdeM ont toujours deux distributions, réparties sur différentes représentations, pour permettre à tous les étudiants de participer. Mais avec les contraintes de la pandémie, il a fallu partager le temps de scène autrement. Les deux distributions chantent donc lors de la même représentation, en se partageant les actes. La distribution 1 chante les deux premiers, tandis que la distribution 2 chante l’acte III, à l’exception d’Antonio Figueroa, étudiant au doctorat, qui fait le rôle-titre dans toute la production.

 

Jean-François Rivest, chef de l’Orchestre de l’Université de Montréal. (Photo: capture d’écran de la captation vidéo)

Idomeneo sans les chœurs

La version originale d’Idomeneo comporte évidemment des chœurs. Mais ceux-ci étant assez compliqués à réunir en temps de COVID-19, puisque les chanteurs doivent être distancés par mesure de sécurité, il a fallu les remplacer par des parties orchestrales. Mentionnons également que l’opéra est présentée dans une version raccourcie, avec des coupes.

« On a cherché pendant longtemps des solutions, par exemple on a pensé préenregistrer les chœurs, mais comme les chanteurs doivent être assez distancés, on n’avait pas de local assez grand pour cela. On a donc remplacé ces parties par des moments orchestraux. Évidemment, on perd de l’information que les choeurs amènent dans l’histoire à travers les mots, mais comme la musique est très dramatique, cela a quand même créé des moments cohérents. Cela nous a permis de filmer davantage l’orchestre. »Alain Gauthier, metteur en scène

Il n’y a pas à dire: les étudiants qui ont participé à cette expérience ont fait preuve de résilience et de détermination, et s’en souviendront certainement toute leur vie.

***

Idomeneo est diffusé cette semaine à raison d’un acte par soir (20-21-22 avril, 19h30), sur la page Facebook et la chaîne YouTube de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, et demeurera disponible par la suite.

Atelier d’opéra de l’Université de Montréal
Orchestre de l’Université de Montréal
Jean-François Rivest, direction musicale
Francis Perron et Anthony Manoli, direction de l’Atelier d’opéra
Alain Gauthier, mise en scène

Conception : Pierre-Luc Boudreau, Pierre Lafontaine, Carl Pelletier, Anne-Catherine Simard Deraspe et Claudie Vandenbroucque

Distribution:

Idomeneo – Roi de Crète : Antonio Figueroa, ténor

Idamante – Son fils : Caroline Godebert, soprano (actes 1 et 2), et Martin Davout, ténor (acte 3)

Ilia – Princesse troyenne, fille du roi Priam : Maud Lewden, soprano (actes 1 et 2), et Juliette Tacchino, soprano (acte 3)

Elettra – Princesse grecque, fille d’Agamemnon : Agnès Ménard, soprano (actes 1 et 2), et Kirsten LeBlanc, soprano (acte 3)

Arbace / Grand Sacerdote – Confident du roi / Grand Prêtre de Neptune : Pierre-Luc Houde, ténor

La Voce – La voix : Ricardo Galindo, basse

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