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NOUVELLE | Deux opéras en gestation pour Tim Brady, l'homme aux cent guitares et aux mille projets

Par Caroline Rodgers le 2 décembre, 2020

Tim Brady
Tim Brady. (Photo: Laurence Labat)

Ce n’est pas une pandémie qui va arrêter Tim Brady, infatigable idéateur de projets ambitieux. Tel un caméléon, il s’adapte aux circonstances en transformant ses projets, et s’inspire même de la pandémie pour ses créations. Dans la tête du compositeur, deux opéras sont actuellement en gestation, tandis que son rendez-vous annuel des « 100 guitares » aura lieu sous une forme virtuelle adaptée aux circonstances. Entretien.

Le titres du premier opéra qu’il compose est Backstage at Carnegie HallPersonne ne sera étonné d’apprendre qu’on y trouve…une guitare électrique.

« C’est un opéra de chambre de 90 minutes en deux actes, sur Charlie Christian, un guitariste noir très important, qui jouait avec un groupe blanc, dans les années trente. Nous avons complètement inventé une histoire, mais inspirée de ce personnage. L’opéra parle à la fois de la guitare électrique, et du racisme. La majorité de la distribution est noire, ce qui extrêmement rare dans l’opéra en général, mais au Canada, c’est presque du jamais vu. Nous aurons cinq chanteurs et quatre musiciens. On travaille sur le projet depuis quatre ans. Nous avons reçu des subventions du Conseil des arts du Canada et je travaille avec une librettiste noire, Audrey Dwyer, qui est basée à Winnipeg. Je fais cela en collaboration avec le Black Theatre Worskshop de Montréal. Le lancement aura lieu en 2022, mais il y a deux semaines, nous avons reçu un investissement de 150 000 $ dans le projet du Fonds de création du Centre national des Arts. La première aura toutefois lieu à Montréal. Ce n’est pas tous les jours qu’un opéra contemporain reçoit un tel investissement. »

Un opéra dans un ordinateur

Comme Tim Brady travaille toujours sur plusieurs projets en même temps, il planche également sur la composition d’un opéra virtuel basé sur une idée originale de John Sobol.

« D’abord, l’opéra se passe dans un ordinateur. Quelqu’un clique et navigue sur internet, et l’ordinateur et son « desktop » sont littéralement un personnage. Les deux autres personnages sont deux infirmières. L’une travaille dans un CHSLD. L’autre infirmière est dans le passé, en 1939. Elle raconte ses expériences comme infirmière pendant la pandémie de 1918-1919. On fait le lien entre le travail des deux infirmières. C’est un opéra plus court, d’une vingtaine de minutes. Le gros défi, c’est de savoir, où on va avoir l’autorisation de faire la captation, compte tenu des règles sanitaires actuelles. Ce qui est aussi intéressant, pour moi, c’est le contraste entre les deux opéras et les défis différents qu’il pose: un opéra traditionnel et un autre, virtuel. »

Les 100 guitares

Son projet annuel de concert réunissant guitaristes électriques est en cours de réalisation, avec, cette année, le défi additionnel de mettre sur pied cette création collective de façon virtuelle. Les participants ont déjà commencé à travailler depuis quelques semaines.

« Il m’a fallu quelques semaines de réflexion pour comprendre les enjeux pratiques de cette édition-là des 100 guitares, trouver une formule où tout le monde va jouer, une musique assez simple et claire pour qu’ils puissent la faire chez eux, sans le soutien d’un chef traditionnel, mais qui va donner un résultat intéressant à écouter. C’est une pièce de 14 minutes, il faut qu’il y ait une cohérence, du dynamisme, de l’élan. J’ai travaillé avec mon quatuor pour monter le projet d’un côté et avec les 100 guitares, on va monter un autre type de sonorité, pour finalement mettre les deux ensemble. Cela va nécessiter l’aide de trois monteurs numériques, car c’est assez complexe. En plus, nous allons ajouter des photographies pour donner une dimension visuelle, car maintenant, juste de voir tout le monde jouer dans des petits carrés sur Zoom, je trouve que ça va pour quelques minutes, mais pour une pièce de 14 minutes, ce serait un peu ennuyeux. Ce ne sera pas juste une captation sur Zoom, mais un objet esthétique à part entière. Ce ne sera pas une recréation d’une version « live » de ce qu’on faisait habituellement. C’est une création complètement différente. »

La présentation de cette création aura lieu en février.

Mais comment fait-il?

Chaque fois que je discute avec Tim Brady (et autres artistes hyperactifs), la question qui me vient à l’esprit est toujours la même: mais comment faites-vous pour mener autant de projets de front? Sa réponse:

« Honnêtement, je ne sais pas si je suis naturellement doué pour faire du multitâches, ou si c’est parce que je le fais depuis quarante ans que j’ai appris, mais il ne faut pas oublier que tous ces projets évoluent lentement, et on ne se concentre par sur tous en même temps. Par exemple, l’opéra Backstage à Carnegie Hall aura pris six ans à venir au monde. On ne peut donc pas travailler sur tous nos projets, à temps plein. Une chose importante à savoir, c’est que je ne commence jamais un projet avant d’avoir en tête une image très claire de ce que ce sera. J’ai une vision claire de la réalité de la production, et je prends des bonnes notes que je garde dans mon ordinateur. J’écris un document où je m’explique clairement à moi-même en quoi consiste le projet. De cette façon, si je reste quatre mois sans y travailler, lorsque j’y reviens, je peux reprendre les choses exactement là où elles étaient. »

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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