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ANNIVERSAIRE | La Symphonie du Millénaire a 20 ans: Walter Boudreau se souvient

Par Caroline Rodgers le 3 juin, 2020

La foule rassemblée pour assister à la création de la Symphonie du Millénaire fut évaluée à 45 000 personnes. (Photo: courtoisie)

Il y a 20 ans, le 3 juin 2000, 333 interprètes étaient réunis pour un projet colossal : la Symphonie du Millénaire, œuvre de 19 compositeurs. L’événement, incluant 15 ensembles, des carillonneurs, des cloches d’églises et deux camions de pompiers, allait attirer plus de 45 000 spectateurs près de l’Oratoire St-Joseph du Mont-Royal. Walter Boudreau, instigateur de ce projet fou, se remémore les circonstances de cette création unique.

« L’idée m’est venue 30 ans auparavant, donc ça fait maintenant 50 ans, alors que j’étais allé m’asseoir quelque part en haut du Mont Royal. Il était six heures du matin et j’écoutais les cloches commencer à sonner pour la messe du matin, et je me suis dit ‘wow, ce serait formidable si on avait des cordes, des chœurs, et pourquoi on ne ferait pas une grande symphonie avec les cloches des églises de Montréal’. Bien des années plus tard, j’avais proposé au Conseil des arts du Canada qu’on évalue la faisabilité d’organiser un grand événement en lien avec les clochers de Montréal. Encore des années plus tard, le Conseil québécois de la musique cherchait un projet pour souligner l’avènement du nouveau millénaire, et j’ai ressorti cette idée. À l’époque, j’avais déjà commencé avec travailler avec Denys Bouliane, et je lui ai demandé s’il voulait travailler avec moi sur ce projet comme co-directeur artistique. Puis, je suis allé voir Charles Dutoit pour lui demander si l’Orchestre symphonique de Montréal pourrait participer. Le fait qu’il accepte nous a beaucoup aidés. »

Petit à petit, Walter Boudreau réunit des compositeurs, des ensembles, des commanditaires, Radio-Canada, Hydro-Québec, pour ce qu’il qualifie de ‘’projet pharaonique’’. Il leur faudra un an et demi de travail pour tout préparer.

 

Louise Bessette interprétera Les Planètes, de Walter Boudreau, à la SAT, en 2018 (Crédit photo: DNV Photographie)
Louise Bessette interprétera Les Planètes, de Walter Boudreau, à la SAT, en 2018 (Crédit photo: DNV Photographie)

‘’Tout le monde me traitait de fou, mais Michel Duchesneau, qui était alors directeur général de la SMCQ, m’a dit : on va le faire. Ça a été un défi de faire travailler ensemble 19 compositeurs, et je les ai entraînés dans cette aventure collective unique dont nous avons tous bénéficiés. Ça a créé entre nous un lien éternel’’.

Les compositeurs de l’oeuvre collective étaient Marie Pelletier, Denys Bouliane, Walter Boudreau, Yves Daoust, John Rea, Gilles Tremblay, Luc Marcel, André Duchesne, Vincent Collard, Louis Dufort, Jean Lesage, Estelle Lemire, Michel Gonneville, André Hamel, Alain Dauphinais, Alain Lalonde, Serge Arcuri, Sean Ferguson et Anthony Rozankovic. Les ensembles participants étaient L’Arsenal à musique, Codes d’accès, Chants Libres, l’Ensemble contemporain de Montréal, Les Idées heureuses, I Musici, Musica Camerata, le Nouvel Ensemble Moderne, l’Orchestre symphonique de Montréal , les Petits chanteurs du Mont-Royal, Productions SuperMémé-SuperMusique, le Quatuor Molinari, la Société de musique contemporaine du Québec, le Studio de musique ancienne de Montréal, sans compter les grandes orgues et le carillon de l’Oratoire ainsi que les membres de la Musique du Royal 22e Régiment en tenue d’apparat déambulant sur le site.

Première rangée, de gauche à droite: Marie Pelletier, Denys Bouliane, Walter Boudreau, Yves Daoust, John Rea, Gilles Tremblay. Deuxième rangée: Luc Marcel, André Duchesne, Vincent Collard, Louis Dufort, Jean Lesage, Estelle Lemire, Michel Gonneville, André Hamel, Alain Dauphinais, Alain Lalonde. Absents de la photo: Serge Arcuri, Sean Ferguson et Anthony Rozankovic.

La mise en place et la logistique complexe de cette idée grandiose n’étaientt pas les seuls défis : il fallait trouver le financement, puisque la création de la Symphonie du Millénaire a coûté 1,3 millions.

‘’Je me disais : qui pourrait avoir un argument en défaveur de ce projet? On est même allés chercher Hydro-Québec, car on avait besoin d’électricité pour faire fonctionner tout ça. Dans l’ensemble, ça a été laborieux sous plusieurs aspects, mais l’aspect musical a été un fun noir. On imprimait nos partitions, on se réunissait au Centre de musique canadienne et on travaillait tous ensemble. C’était une œuvre d’une grande complexité de composition, mais ça s’est relativement bien passé. Tout le monde était très coopératif. Chacun devait mettre de l’eau dans son vin. Et puis le mélange des ensembles et des musiciens qui participaient, très éclectique, était incroyable. Et pour le public, sur le site, ce fut une expérience sonore incroyable. J’ai appelé ça la ‘’toutpartoutphonie’’. On avait calculé comment le son voyagerait, c’était amplifié et on avait des tours de relais pour que les gens entendent la musique sans qu’il y ait de délais – car c’était une de mes inquiétudes, même si on avait un équipement à la fine pointe de la technologie. Et ça a très bien fonctionné. »

 

 

Affiche originale de la Symphonie du Millénaire.

Walter Boudreau a toujours aimé les grands projets. Il en a d’autres en réserve, dont une grande « symphonie portuaire », qui irait de Valleyfield à Gaspé en passant par tous les grands ports du Québec.

‘’C’est important d’avoir de grands projets rassembleurs pour tout le monde. Pour la symphonie du millénaire, on a fait participer 2000 carillonneurs qui ont contribué au financement en achetant des cloches, qu’ils ont pu garder en souvenir de cet événement. Les grands projets rassembleurs, il n’y en a pas tous les jours, surtout par les temps qui courent. Je déplore parfois le manque de vision, je trouve qu’on pense petit. Pourquoi ne pas penser grand? Et il faut aussi faire en sorte qu’on se souvienne de ce qu’on fait de bien. On a besoin de mémoire. Un grand peuple, c’est un peuple qui fait des grandes choses. »

 

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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