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ENTREVUE | Alexis Pitkevicht : l'homme qui croyait au Fantôme

Par Caroline Rodgers le 8 janvier, 2020

Alexis Pitkevitch, directeur artistique du Fantôme de l’opéra et co-fondateur de l’Orchestre Azimut. (Photo : Cassandra Beck)

Ce soir aura lieu la grande première du Fantôme de l’opéra, version concert en français, une production de Spectra Musique présentée au Théâtre St-Denis jusqu’au 26 janvier et au Grand Théâtre de Québec du 17 au 19 janvier.

Pour Alexis Pitkevicht, son directeur artistique, c’est la concrétisation d’un rêve et pour cette première professionnelle du Fantôme de l’opéra en français, une nouvelle étape dans la vie de la comédie musicale la plus populaire de tous les temps, adaptée du roman de Gaston Leroux publié en 1909.

Par souci de transparence, disons-le d’emblée : je connais bien Alexis. Je l’ai rencontré dans le contexte de mon travail de journaliste il y a trois ans, alors qu’il travaillait à la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec.

Quelques jours plus tard, il me faisait parvenir un enregistrement : des extraits du Fantôme de l’opéra en français, captés lors de la Sitzprobe au Théâtre Mogador. Je n’avais pas vraiment le temps de l’écouter, mais il ne cessait pas de m’en parler. C’est alors que j’ai pensé : « Nous avons affaire ici à un passionné ».

Dans l’appartement d’Alexis, il y a des dessins des costumes du Fantôme de l’opéra, un masque du Fantôme, et diverses boîtes à musique jouant la musique d’Andrew Lloyd Webber. Il connaît par cœur les paroles des chansons. On ne sera donc pas étonné de le retrouver mêlé à ce projet d’envergure chapeauté par evenko.

J’ai parlé à Alexis alors qu’il prenait une pause durant les répétitions intensives des derniers jours, auxquelles il assiste évidemment. Tout allait rondement et le spectacle devrait être magnifique, ce soir.

« On se rend compte aujourd’hui que tout le travail qui a été préparé depuis septembre, qu’il s’agisse du son, de l’éclairage, de l’orchestre et de la préparation du théâtre, est parfaitement rodé, avec une équipe très professionnelle qui permet aux artistes d’arriver dans d’excellentes conditions. »

Quand il regarde l’immense lustre qui surplombera la scène, Alexis n’en croit pas ses yeux. Son rêve se concrétise.

De 1986 à 2020

Quand il avait quatre ans, Alexis regardait La Mélodie du bonheur avec sa grand-mère à la télévision. Plus tard, son père lui faisait écouter la musique du Fantôme de l’opéra sur disque, mais ce n’est qu’à 22 ans qu’il a enfin pu voir la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber, sur Broadway.

« J’ai baigné dans la comédie musicale dans mon enfance, dit-il. En 2014, j’ai fait un premier voyage à New York avec mes parents et c’était évidemment mon rêve de voir le Fantôme. J’en suis ressorti avec la conviction que ce spectacle-là allait faire partie de ma vie. Je ne savais pas comment, mais je me suis dit que ça ne s’arrêterait pas là. De plus, il faut savoir que le rôle de Christine était joué par Sierra Boggess, l’une des muses d’Andrew Lloyd Webber, qui aurait dû chanter dans la première du Fantôme à Paris, en 2016. »

L’utilisation du conditionnel, ici, n’est pas fortuite, puisque cette production, qui devait être présentée au Théâtre Mogador pour les 30 ans du Fantôme de Weber, n’a jamais eu lieu. Le 26 septembre 2016, à trois semaines de la première, un incendie ravageait complètement le théâtre.

« Le Fantôme a commencé à Londres en 1986 et à Broadway en 1988. Il a été fait dans de nombreuses langues, partout dans le monde, mais il n’y avait jamais eu de version française. Le développement de la comédie musicale, en France, a été relativement tardif, et les producteurs du Fantôme ne croyaient pas que le public français était prêt. Pour les 30 ans du spectacle, Andrew Lloyd Weber a voulu souligner cet anniversaire en faisant la première mondiale en français à Paris. Le Fantôme allait enfin retrouver sa langue originale. »

À l’époque, Alexis Pitkevicht était déjà installé à Montréal. Une nuit, il reçoit un message texte : « Le Mogador est en feu ». C’était Dominique Trottein, le chef d’orchestre qui devait diriger la production, et avec qui, en passionné de tout ce qui concernait la production, il avait fait connaissance. Une étincelle, provoquée par une soudure, sous la scène, avait enflammé le décor.

L’avenir du spectacle devenait évidemment incertain. Alexis Pitkevitch écrit alors une lettre au directeur du Mogador, Laurent Bentata (qui viendra d’ailleurs voir le spectacle à Montréal) pour l’implorer de ne pas renoncer à cette production. Mais ce fut peine perdue : une fois le Mogador restauré et réouvert, c’est Grease qui fut présenté.

« Le jour où j’ai appris que Grease allait remplacer le Fantôme, j’ai demandé à rencontrer Nicolas Engel, l’auteur de l’adaptation française. Il a accepté de souper avec moi, et nous avons vu que nous avions des affinités. À la fin du dîner, je lui ai dit : « Je ne sais pas quand, ni comment, mais je te promets que ton travail sera entendu et qu’on lui donnera le mérite qu’il doit avoir ». Évidemment, il a ri et m’a pris pour un doux rêveur, mais j’étais persuadé de ce que je disais et j’avais raison, car ce soir, ce rêve se réalise avec une première production professionnelle en français avec les droits originaux de Londres. »

Entre-temps, une première licence de niveau amateur avait donné lieu à une première expérience en 2018, au Monument-national, pour deux représentations. C’était une première occasion de tester cette adaptation. J’avais d’ailleurs eu l’occasion d’y assister. Par la suite, Spectra Musique, en partenariat avec le Théâtre St-Denis, a demandé une licence professionnelle.

L’Orchestre Azimut

Pour jouer la partition d’Andrew Lloyd Webber, il fallait un orchestre professionnel. Avec Ivan Lefebvre, Alexis Pitkevicht a fondé l’Orchestre Azimut pour cette production.

« À Londres et à Broadway, le spectacle est joué avec 27 musiciens en fosse, explique-t-il. La particularité de notre version concert est que l’orchestre prend place sur scène. Nous avons décidé d’avoir 40 musiciens, dirigés par Dany Wiseman. L’Orchestre Azimut est composé de musiciens appartenant déjà à plusieurs orchestres locaux, mais il ne vient pas concurrencer les orchestres classiques déjà existants à Montréal puisqu’il œuvre dans la comédie musicale. »

 

Hugo Laporte, baryton, et Anne-Marine Suire, soprano. (Photo: OSA images)
Hugo Laporte, baryton, et Anne-Marine Suire, soprano. (Photo : OSA images)

La production

Cette version concert en français, une première mondiale de niveau professionnel, mettra en vedette le baryton Hugo Laporte dans le rôle du Fantôme et Anne-Marine Suire dans le rôle de Christine, avec également Michaël Girard en Raoul, Frédérike Bédard en Carlotta, et plusieurs autres artistes talentueux, 40 musiciens de l’Orchestre Azimut sur scène, ainsi qu’un chœur, dans une mise en scène d’Étienne Cousineau. DÉTAILS

Il fallait tout simplement quelqu’un d’assez convaincu pour allumer l’étincelle de ce qui allait devenir un grand projet dont nous verrons enfin la concrétisation ce soir.

Alexis, l’homme qui croyait au Fantôme, y croit tellement qu’il se demande si le personnage de Gaston Leroux n’a pas déjà existé et inspiré le romancier. Et s’il a existé, il aurait bien aimé le rencontrer. En attendant, le voilà bien plongé dans le concret et il n’oublie pas tous ceux qui ont permis à son rêve de se réaliser.

 »Je tiens vraiment à dire merci à toute l’équipe de Spectra Musique et à celle de France Film qui détient le Théâtre St-Denis, en particulier Claude Chabot, ainsi qu’Étienne Cousineau, metteur en scène, et Maude St-Germain, la chorégraphe et assistante à la mise en scène. »

 

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DOSSIER | Le Fantôme de l’opéra comme vous ne l’avez jamais vu (et entendu!)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

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Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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