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Toronto Montreal

ENTREVUE | Lucas Debargue: la poésie de la musique

Par Denis-Daniel Boullé le 5 janvier, 2020

Le pianiste Lucas Debargue sera en récital à la Maison symphonique de Montréal le 19 janvier 2020. (Photo: courtoisie)

J’écoute Lucas Debargue dans le « Concerto pour piano no 5 » de Camille Saint-Saëns sur mon ordinateur (merci Youtube). Pour la énième fois… comme j’ai écouté les 52 sonates de Scarlatti qu’il vient d’enregistrer. J’ai eu la chance de parler à Lucas Debargue avant sa venue à Montréal en 2020.

L’émotion, rien que de l’émotion. Et toujours ce même coup de poing au ventre. Le pianiste Lucas Debargue, 28 ans, sera à la Maison Symphonique le 19 janvier prochain pour interpréter entre autres Scarlatti. Un pur moment de bonheur en perspective.

Surpris entre deux concerts, Lucas Debargue revient sur son parcours et parle de sa passion avec un regard et un engagement singulier.

« On a raconté n’importe quoi sur moi, surtout après le concours Tchaïkovski, alors que je suis quelqu’un qui travaille énormément chaque partition que je touche », explique d’entrée de jeu Lucas Debargue. Le concours Tchaïkovski l’a fait connaître au monde. Et depuis, il enchaîne les concerts.

Controverse au concours Tchaïkovski

En 2015, le pianiste français se présente au prestigieux concours Tchaïkovski sans grande attente. Si le jury est divisé sur son jeu, le public et les chroniqueurs musicaux ne s’y trompent pas, Lucas Debargue reçoit le 4e prix de piano et le Prix Spécial de la Critique musicale de Moscou. Cette controverse participe à le faire connaître, tous se demandant ce que tout jeune pianiste, il a 24 ans, a de si particulier.

Pour faire taire toutes les interprétations délirantes, il n’y a qu’une chose à faire: l’écouter en concert. La passion bien entendu, mais aussi cette intransigeance à toujours aller plus loin pour nous faire découvrir tout ce qu’une partition nous cache et peut nous livrer.

 

« Pour moi, interpréter devant un public, c’est avant tout un partage, le partage d’où j’en suis rendu dans ma recherche d’une pièce, et cette recherche n’est jamais finie, ni quand je suis seul au piano, ni quand j’interprète » – Lucas Debargue

 

« Mon obsession c’est de rendre chaque note claire, de découvrir toutes les lignes musicales. La technique je la possède, elle ne m’intéresse que dans la mesure où je peux aller plus loin, sinon ce n’est que de la technique, et puis bien évidemment, de ne pas fléchir dans l’intensité de l’interprétation pour rendre l’œuvre dans sa totalité », ajoute-t-il.

Si pendant plusieurs années, il oublie le piano pour des études de lettres, la musique le saisit définitivement à l’âge de 20 ans, et pour en parler, il n’hésite pas à utiliser des images qui sont propres à tous les arts.

Clarté du discours, paysages d’émotions et bien d’autres pour partager sa passion.

« Et je suis très méthodique quand je travaille une œuvre, je peux y passer des heures et des heures, c’est une exploration pour trouver ce qu’elle peut encore donner, explique Lucas Debargue, et ce travail continue en concert, j’essaie d’être le plus sincère, je ne cherche pas à jouer, je joue ».

Le pianiste a des idées bien arrêtées sur sa conception de la musique et de la relation qu’il entretient avec elle, et sa détermination le domine plus qu’il ne la choisit. Ou encore, pourrait-on dire, la musique l’a choisi.

De ce fait, Lucas Debargue n’est prisonnier ni d’une époque, ni d’un style, ni d’un compositeur.

« Je m’intéresse au jazz particulièrement et en ce moment je me suis pris de passion pour l’harmonie classique, ajoute-t-il, et c’est la même chose pour le choix des compositeurs, je cherche avant tout des œuvres qui se font écho, ont des résonnances entre elles, même si elles ont été composées à un ou deux siècles de distance ».

L’exception Scarlatti

Une petite exception à la règle cependant, Scarlatti, pour lequel Lucas Debargue a un attachement particulier.

« Je ne me l’explique pas, mais quand je suis fatigué, ou quand je n’ai pas envie de me mettre au piano un matin, la musique de Scarlatti revient et je sais alors pourquoi je suis musicien ».

Bien sûr, Lucas Debargue compose, mais de la même façon qu’il interprète, c’est avant tout une recherche d’où naîtra cette fameuse intelligibilité de la musique, de cette émotion qu’elle provoquera le temps d’un fugace moment et que l’on essaiera indéfiniment de retrouver.

Et pas la peine de demander à Lucas Debargue s’il compte faire une œuvre et inscrire son nom dans la grande lignée des compositeurs du XXIe siècle, on est tout de suite hors sujet.

Il compose comme il joue et comme il le dit lui-même : « Parce que je ne sais faire que ça! »

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Lucas Debargue en récital, 19 janvier 2020, 14 h 30, Maison symphonique. DÉTAILS ET BILLETS 

Programme
6 sonates de Scarlatti
– K6, fa majeur / in F Major
– K438, fa majeur / in F Major
– K206, mi majeur / in E Major
– K27, si mineur / in B Minor
– K14, sol majeur / in G Major
– K115, do mineur / in C Minor

Sonate en sol mineur Op. 51 no 6 de Nikolaï Medtner

Gaspard de la nuit de Maurice Ravel

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Denis-Daniel Boullé

Enseignant en France, Denis-Daniel Boullé a collaboré à des revues pour des chroniques socio-culturelles. Depuis 1996, il collabore régulièrement au magazine Fugues, en tant que chroniqueur, et journaliste sociopolitique, culturel (théâtre, danse contemporaine, musique classique, arts visuels). Il a collaboré aussi à des dossiers sur le VIH. Son intérêt pour la musique classique n'est pas liée à une époque particulière, ni à quelques musiciens, Minavec peut-être une prédilection pour les musiciens russes, pour le baroque, pour les quatuors à cordes.
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Enseignant en France, Denis-Daniel Boullé a collaboré à des revues pour des chroniques socio-culturelles. Depuis 1996, il collabore régulièrement au magazine Fugues, en tant que chroniqueur, et journaliste sociopolitique, culturel (théâtre, danse contemporaine, musique classique, arts visuels). Il a collaboré aussi à des dossiers sur le VIH. Son intérêt pour la musique classique n'est pas liée à une époque particulière, ni à quelques musiciens, Minavec peut-être une prédilection pour les musiciens russes, pour le baroque, pour les quatuors à cordes.
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