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Toronto Montreal

PORTRAIT | Pianiste et urgentologue : la vie en équilibre de Mathieu Gaudet

Par Caroline Rodgers le 24 septembre, 2019

Mathieu Gaudet, pianiste
Le pianiste Mathieu Gaudet (Photo : François Desjardins)

Mathieu Gaudet a voulu poursuivre ses deux passions: la musique et la médecine. Mais comment fait-il, et pourquoi? Le pianiste, qui sera en récital  avec le Quatuor Arthur-LeBlanc  à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le mercredi 26 septembre, nous dévoile les contours de son impressionnante double carrière.

LvM: Quelle formation musicale as-tu reçue?

Mathieu Gaudet: « J’ai fait mes études au Conservatoire de Rimouski, et à vingt ans, j’avais déjà terminé mon baccalauréat, alors je suis allé étudier à l’Institut Peabody de l’École Johns Hopkins, à Baltimore, où j’ai travaillé avec un grand maître, Julian Martin, qui enseigne maintenant à Juilliard. Je suis resté trois ans là-bas, j’ai fait une maîtrise et un diplôme post-gradué.

Ensuite, je suis allée pendant trois ans à la Glenn Gould School of Music du Royal Conservatory de Toronto. Là, j’ai étudié avec André Laplante, Marc Durand et John Perry. Je prenais aussi des cours de maître avec Leon Fleisher.

Finalement, je suis venu à l’Université de Montréal faire un doctorat avec Paul Stewart et j’ai endisqué les 24 Préludes de Rachmaninov. L’année suivante, j’ai terminé une maîtrise en direction d’orchestre avec Jean-François Rivest. »

LvM: Quelle collection de diplômes! Mais dans tout cela, quand se situent les études de médecine?

Mathieu Gaudet: « J’avais fait un double DEC en sciences et musique, et j’ai fait ma médecine en parallèle avec mon doctorat en interprétation. À l’Université de Montréal, c’était agréable, car je prenais mes cours en médecine puis je passais par un petit sentier dans la montagne et j’allais répéter mon piano pendant trois heures, avant de retourner à mes cours. J’ai fait ma médecine de 27 à 35 ans. »

 

Mathieu Gaudet
Mathieu Gaudet, pianiste. (Photo: courtoisie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur)

LvM: Pourquoi as-tu décidé de passer de la musique à la médecine? 

Mathieu Gaudet: « Je voulais une famille. J’ai trois enfants qui ont sept, cinq et trois ans. Je ne voulais pas être limité pour choisir mes projets musicaux. Je voulais avoir le contrôle sur mon horaire musical, et pouvoir me consacrer à des projets qui me passionnent au lieu d’être obligé d’enseigner, comme c’est le cas de plusieurs pianistes.

C’est difficile de gagner sa vie en musique. À part quelques grands noms, la plupart des bons pianistes du Québec gagnent leur vie en enseignant et ce n’est pas facile de concilier une vie familiale avec une vie de musicien.

Comme j’avais beaucoup de facilité en sciences, cela m’apparaissait comme un passage naturel. J’adore mon travail de médecin, je trouve que c’est utile et stimulant, et cela me permet de contrôler mon horaire et de pouvoir faire les deux. C’est beaucoup de travail, mais c’est une recette qui fonctionne pour moi. »

LvM: Mais avec trois jeunes enfants, comment trouves-tu le temps de pratiquer ton piano? 

Mathieu Gaudet: « Quand je ne peux pas le jour, je le fais la nuit! Parfois, entre 22 h et 1 h du matin. Quand les enfants sont à l’école, j’en profite. Quand j’ai un disque ou un concert qui s’en vient, je m’arrange pour ne pas être de garde à l’urgence pendant une semaine, et je peux vraiment profiter de mes journées pour répéter beaucoup et avancer. Je dois jongler avec mes horaires, mais cela se fait. Pour l’instant, ça fonctionne assez bien.

Il faut dire, aussi, que je choisis mon répertoire. Je ne pourrais pas, le mois prochain, donner trois récitals ou jouer sur commande. Je fonctionne par projets. Depuis quatre ans, je fais des sonates de Schubert, et j’ai joué toute l’oeuvre pour piano de Schubert, que je vais maintenant enregistrer sur une période de six ans. Cela me permet d’approfondir le répertoire qui m’intéresse.  »

LvM: Quel âge as-tu?

Mathieu Gaudet: « J’ai 42 ans. »

 

Couverture du CD « Schubert, le premier romantique » enregistré par le pianiste Mathieu Gaudet sur étiquette Analekta. (Photo de Mathieur Gaudet : François Desjardins)

LvM: Peux-tu nous parler de tes disques, notamment cette intégrale Schubert? 

Mathieu Gaudet: « Je suis avec la maison de disques Analekta. Le premier disque Schubert a été enregistré en juin au Palais Montcalm et nous sommes en train de finir l’édition et le montage, il sera lancé en octobre. Mon intégrale Schubert comprendra douze disques en six ans, qui sortiront aux six mois, donc le deuxième sortira au printemps prochain. On commence par les Sonates et l’oeuvre majeure, mais on va aussi aller chercher ses pièces moins connues, pour compléter l’intégrale.

Sur le premier, j’ai choisi la Grand sonate en sol majeur, écrite en 1826. Je n’ai pas voulu commencer avec les trois dernières, qui sont tellement de grandes oeuvres philosophiques. La Grande sonate en sol majeur est la première sonate de Schubert que j’ai apprise, à 20 ans. C’est vraiment une oeuvre coup de cœur et c’est la préférée de bien des gens. Mes disques vont toujours coupler une oeuvre de maturité connue avec une autre moins connue. Elle sera donc couplée avec la Sonate en fa dièse mineur, qui est vraiment peu jouée.

Auparavant, avant Schubert, j’avais déjà fait deux disques avec la maison Productions XXI, un disque Rachmaninov et un disque Schumann, l’un de mes compositeurs fétiches. »

LvM: Tes enfants font-ils de la musique? 

Mathieu Gaudet: « Mon aîné fait du violoncelle, mon deuxième du violon, et ma troisième du piano. Mon épouse chante, elle joue du piano et du violon. Il y a beaucoup de musique dans notre maison. »

Mathieu Gaudet sera en récital avec le Quatuor Arthur-LeBlanc le 26 septembre, 19 h 30, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Programme:

Ludwig van Beethoven : Quatuor en si bémol majeur, opus 18, no 6
Fauré : Quintette pour piano et cordes no 2 en do mineur, opus 115

DÉTAILS

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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