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INVITÉ SPÉCIAL | Thorwald Jorgensen : un grand maître du thérémine en concert à Montréal

Par Caroline Rodgers le 1 mars, 2019

Thorwald Jorgensen sera en concert dans le cadre de MNM ce samedi, 2 mars. (Photo: courtoisie)
Thorwald Jorgensen sera en concert dans le cadre de MNM ce samedi, 2 mars. (Photo: courtoisie)

 

Thorwald Jorgensen s’ennuyait comme percussionniste dans un orchestre. Quand il a découvert le thérémine, il a su que c’était son destin d’en jouer. Onze ans plus tard, il est l’un des joueurs de thérémine les plus en vue de la planète, et il sera en concert le samedi 2 mars dans le cadre de Montréal/Nouvelles Musiques. Entretien.

LvM : Le thérémine a 100 ans cette année. Selon vous, quels sont les faits les plus remarquables au sujet de son inventeur, Leon Theremin?

Thorwald : « Je crois qu’il a inventé le dernier vrai nouvel instrument dans l’histoire. Les autres instruments inventés sont des variantes d’instruments déjà existants. Leon Theremin a vraiment créé quelque chose de complètement nouveau avec de nouvelles possibilités, de nouveaux sons, et une nouvelle façon de créer le son, l’électricité. C’est aussi le premier instrument électronique. Quand le thérémine a été inventé, les gens n’étaient pas habitués d’entendre des sons électroniques, qui semblaient venir de nulle part. Ils étaient éberlués. Quand on joue du thérémine aujourd’hui, on trouve cela très particulier, mais imaginez, à l’époque, alors que l’électricité n’était pas encore installée partout comme aujourd’hui. De plus, le son du thérémine ressemble tellement à la voix humaine, et on ne voit pas d’où vient le son, cela semble provenir d’un fantôme. »

LvM : « Comment avez-vous décidé de jouer du thérémine?

Thorwald : « Je dis toujours que c’est le thérémine qui est venu à moi. J’étais percussionniste dans un orchestre symphonique et je m’ennuyais, parce que je trouvais qu’on ne jouait pas assez souvent dans les œuvres. Je voulais faire autre chose. J’adore le violon et son répertoire, et j’ai décidé d’essayer, mais j’avais déjà 23 ans et c’était trop difficile. Il était trop tard pour devenir aussi bon que je l’aurais voulu. Vers la même époque, j’ai entendu du thérémine joué par Clara Rockmore, virtuose des années 1920. Je suis tombé amoureux de son jeu et je me suis dit : c’est pour moi. J’ai commencé à me renseigner, et six mois plus tard, j’ai acheté mon instrument. J’ai tout de suite été capable de jouer des mélodies et j’ai décidé que c’était ce que je voulais faire dans la vie. »

LvM : Le jeu est-il assez intuitif, ou doit-on maîtriser beaucoup d’aspects techniques?

Thorwald : « C’est comme un instrument à cordes, mais on joue une corde invisible. Il faut avoir une certaine technique, une mémoire musculaire, et des positions des doigts. De façon intuitive, on peut jouer des choses simples, mais les résultats sont alors limités. Il faut développer sa technique. »

 

 

LvM : Où va-t-on pour étudier le thérémine, dans ce cas?

Thorwald : « Il n’y a pas d’école. Aujourd’hui, il y a des professeurs, mais quand j’ai commencé, il n’y avait aucun endroit pour l’apprendre. Je suis allé voir Saskia Boon, une ancienne violoncelliste du Royal Concertgebouw Orchestra. Je lui ai demandé de m’aider. Au début, elle refusait, mais j’ai fini par la convaincre. Je suis allée la voir avec mon thérémine et j’ai commencé à jouer la Vocalise de Rachmaninov et aussitôt que j’ai commencé, elle m’a arrêté en disant que je la ne jouais pas bien. Elle a tout de suite compris comment il fallait s’y prendre. Nous avons travaillé tout l’après-midi sur les premières notes. J’ai ensuite étudié pendant trois ans avec elle. Elle était une musicienne incroyable. »

LvM : Qu’allez-vous jouer au concert de Montréal?

Thorwald : « Je vais jouer La Voix Invisible, une pièce de Simon Bertrand avec le Friction Quartet, de San Francisco. C’est une pièce dont j’ai fait la création il y a deux ans aux Pays-Bas. Nous nous étions rencontrés auparavant à Ottawa et il a décidé de m’écrire une pièce. C’est une pièce qui a eu beaucoup de succès. Je vais aussi jouer des pièces de Ligeti, Morton Feldman et Le grand méridien, de Walter Boudreau.

Concert Voix invisibles, samedi 2 mars, 20 h, église St John the Evangelist. DÉTAILS  

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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