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Toronto Montreal

CRITIQUE | Début de saison coup de poing pour l'Orchestre Métropolitain et Nicholas Angelich

Par Caroline Rodgers le 6 octobre, 2018

Nicholas Angelich avec l'Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, 5 octobre 2018. (Crédit: François Goupil)
Nicholas Angelich avec l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, 4 octobre 2018. (Crédit: François Goupil)

L’Orchestre Métropolitain lançait sa saison, jeudi soir, avec un concert percutant en compagnie du pianiste Nicholas Angelich. Un programme repris à Toronto, hier soir, au Koerner Hall.

Après un mot de bienvenue du directeur général, Jean R. Dupré et une introduction éclairante de Yannick Nézet-Séguin sur ce qui allait être joué, la première pièce était Avril, du brillant Nicolas Gilbert, en création. Une pièce complexe d’environ 14 minutes tellement riche en idées qu’elle en devient difficile à décrire. Si le chef d’orchestre, dans son discours, l’a qualifiée de « positive » on peut tout de même dire qu’elle porte une gravité, un côté russe et des couleurs sombres à la Chostakovitch, surtout dans sa première partie. La deuxième partie se décline autour d’un long motif descendant qui revient en boucle. Dans l’ensemble, une pièce réussie, exigeante mais dont l’écoute s’avère passionnante.

Le pianiste Nicholas Angelich joue le Concerto no 4 de Rachmaninov avec une éloquence simple qui force l’admiration. S’il joue avec un certain détachement, il impressionne par sa capacité à produire une sonorité claire et franche qui se détache clairement de l’orchestre même dans les nuances les plus douces. Son jeu est posé, naturel, sans artifices ni sentimentalité, faisant preuve de sobriété dans l’usage de la pédale et doté d’une puissance sans dureté, bien ancrée dans son physique de géant calme. S’il est devenu cliché, en parlant des pianistes, de dire que tout pour eux a l’air facile, si quelqu’un incarne cette affirmation, c’est bien Nicholas Angelich. Il en impose tellement sans faire d’efforts que l’on peut difficilement porter attention à autre chose qu’à lui. En ce sens, il vole la vedette à l’orchestre sans le vouloir, simplement par l’intelligence sans prétention de son approche pianistique.

Sibelius

Qu’à cela ne tienne, l’OM nous en mettra plein les oreilles en deuxième partie du concert avec la grandiose Symphonie no 1 de Sibelius. Le tout commence par un faux départ volontaire, alors que Yannick Nézet-Séguin, agacé par les toux incessantes provenant de la salle, interrompt l’introduction à la clarinette pour se retourner vers la foule en lui demandant de faire plus attention.  C’est important, d’autant plus qu’on procède à des tests de son en prévision d’une captation par ATMA Classique. Toutefois, contrairement à l’an dernier, il ne semble pas fâché comme lorsqu’il était intervenu pendant Les nuits d’été, de Berlioz, avec Marie-Nicole Lemieux, qui étaient décorées d’un véritable concert de toux insupportables entre chaque partie.

Et on recommence, pour enfin écouter dans le calme l’oeuvre de Sibelius dans une lecture allant dans le sens logique de l’écriture du compositeur: franche, ambitieuse, éclatante, colorée, misant sur des contrastes fortement accentués par les différentes sections. L’impact global est fort. Toutefois, ce sont les moments tendres et doux – dont la transmission quasi-amoureuse est l’une des plus grandes forces de Yannick Nézet-Séguin – qui nous transportent par leur beauté. Cela s’avère un début de cycle prometteur pour l’OM, qui profitera certainement de cette aventure avec le compositeur finlandais pour devenir encore meilleur qu’il ne l’est maintenant.

Il reste encore des billets pour ce soir, mais cette fois, avec le Concerto no 3 de Rachmaninov.

LIRE AUSSI:

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Caroline Rodgers

Rédactrice en chef chez Ludwig van Montréal
Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.

Caroline Rodgers

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Caroline a découvert la musique à l'âge de 4 ans en observant un pianiste qui jouait dans un mariage. Elle a ensuite appris cet instrument et obtenu son baccalauréat en musique à l'Université Laval dans la classe de Joël Pasquier. Devenue journaliste musicale en 2009 à La Presse, où elle a signé des articles jusqu'en 2017, elle a pu marier ses deux passions: la musique et les mots. Elle est rédactrice en chef de Ludwig van Montréal.
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