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PORTRAIT | L'Orchestre des jeunes du Québec maritime, fidèle participant au Festival de l'AOJQ

Par Béatrice Cadrin le 30 mars 2026

Des membres de l'Orchestre des jeunes du Québec maritime. (Photo : Mathieu Gosselin)
Des membres de l’Orchestre des jeunes du Québec maritime. (Photo : Mathieu Gosselin)

Le 5 avril prochain, près de 300 instrumentistes âgé·e·s de 13 à 25 ans défileront sur la scène du Théâtre Maisonneuve à l’occasion du concert-gala du Festival de l’Association des orchestres de jeunes de Québec (AOJQ). Organisé aux deux ans, ce festival offre l’occasion aux membres des orchestres de jeunes de la province d’approfondir leur art à travers le travail avec des chefs invités et les amitiés nouées avec d’autres musicien·ne·s animé·e·s de la même passion.

Les mots de Lisa Chen, violon solo de l’Orchestre des jeunes du mont Royal lors du rassemblement précédent il y a deux ans, ne pourraient être plus éloquents : « Affirmer que j’adore jouer en orchestre ainsi que de pouvoir jouer avec des merveilleuses personnes qui partagent la même passion que moi est un euphémisme. Grâce au festival AOJQ, cette célébration de la musique classique est un rappel de notre capacité à créer et à apprécier le beau. Chaque note que nous allons jouer transcende le simple fait de les exécuter, chaque interaction que nous aurons au sein de notre orchestre et entre orchestres ajoute un fil à cette trame sociale qui va bien au-delà de notre fin de semaine à la Maison symphonique. »

Alors que le Festival de l’AOJQ représente un moment fort pour les membres des orchestres de Montréal, du West Island, du mont Royal, de Laval-Laurentides, de la Montérégie, de Joliette et de Sherbrooke, il revient à un orchestre en particulier de représenter l’Est du Québec : prenant la route depuis Rimouski, l’Orchestre des jeunes du Québec maritime (OJQM) n’a depuis sa création jamais manqué une édition du festival, tenant à faire vivre à ses membres l’expérience inoubliable de ce rassemblement musical.

« Pour moi, le Festival de l’AOJQ donne accès aux jeunes à des choses que comme pédagogue, je souhaite qu’ils puissent vivre : des sections de cuivres pleines, des sections de violons d’une vingtaine de joueurs, jouer dans une grande salle de la Place des arts. En région, ça arrive une poignée de fois dans la vie des jeunes. Mais pour les jeunes, les priorités sont souvent les échanges et le côté social. Je crois que ce qui est beau, pour eux et certainement pour moi, ce sont les traces laissées par cette expérience, le fait de tisser des liens, de faire croître leur bagage musical, d’accumuler des souvenirs précieux, » explique le directeur musical James Darling.

L’OJQM

L’OJQM voit le jour en 2005 dans la foulée d’un élan de réorganisation traversant le Conservatoire de musique de Rimouski et l’orchestre professionnel de la région, l’Orchestre symphonique de l’Estuaire (OSE). Formé en collaboration avec l’École de musique du Bas-St-Laurent, celle de Rivière-du-Loup et quelques autres écoles des alentours, l’OJQM devient rapidement un acteur majeur de la formation musicale offerte aux jeunes Bas-Laurentien·ne·s, accueillant les aspirants musicien·ne·s de Rivière-du-Loup à Matane, et même à l’occasion du Nouveau-Brunswick ou de la Vallée de la Matapédia. C’est également dans ses rangs que les étudiant·e·s en musique du Conservatoire de musique de Rimouski viennent récolter leurs crédits de grand ensemble, une entente qui profite aux deux organismes

D’autres collaborations contribuent à affirmer la place de l’ensemble au sein de la communauté. À la fin février, un concert d’airs d’opéra donné en collaboration avec le Chœur de Rimouski, dirigé par Hugues Laforte-Bouchard, a touché plus de 400 personnes rassemblées dans la majestueuse Cathédrale Saint-Germain.

L’éloignement des grands centres comme Québec et Montréal apporte à la fois des avantages et des inconvénients : « On ne se sent pas en compétition, on a les coudées franches pour se développer comme on le souhaite, mais on porte aussi la responsabilité de le faire, ce qui peut être lourd. Ça fait 25 ans que je suis dans le Bas-Saint-Laurent et j’y reconnais un bel équilibre entre dynamisme et autonomie. C’est une communauté qui prend soin de ses propres organismes, ouverte sur sa région. On sent que le public est là, avec des personnes extrêmement intéressées, propulsées à leur façon par ce qui se passe sur scène. »

James Darling a le bonheur de voir ce dynamisme et ce sens de la communauté s’exprimer en arrière-scène : « Un orchestre de jeunes, c’est un terrain qui se renouvelle constamment. Il y a toujours des jeunes qui s’approprient cette mission, des parents qui s’impliquent. Oui, c’est du travail, mais je suis toujours agréablement surpris par les parents qui viennent offrir leur aide. Dans les moments de creux de vague, où je me dis, ouf, il va encore falloir faire des efforts pour se redresser, il y a toujours des parents et des jeunes familles prêts à s’impliquer. »

 

James Darling (Photo : Mathieu Gosselin)
James Darling (Photo : Mathieu Gosselin)

À la tête de l’OJQM depuis les débuts, James Darling priorise l’interprétation des œuvres dans leurs versions originales, évitant de se tourner vers des arrangements. « J’essaie de doser, de ne pas submerger les élèves avec un défi inatteignable, mais je tiens à leur inculquer les bienfaits de travailler la partition telle qu’écrite. J’ai des jeunes très ouvert·e·s; ils aiment les choses fortes et rapides qui leur donne un défi technique, mais ils sont aussi prêt·e·s à plonger dans des musiques qui demandent un autre style d’écoute. »

Avant d’atteindre l’âge pour intégrer l’OJQM, les jeunes cordistes – « le nerf de la guerre pour soutenir un orchestre symphonique » – peuvent s’initier aux bases du jeu d’ensemble dans les ensembles à cordes de l’École de musique du Bas-Saint-Laurent et du Conservatoire de musique. De plus, depuis cette année, des écoles primaires ont accès à un programme inspiré d’El Sistema.

Le chef évalue que ses jeunes passent de quatre à six ans au sein de l’OJQM. « Lorsqu’ils se rendent soit à l’Orchestre symphonique des conservatoires, à l’Orchestre national des jeunes ou au Festival de l’AOJQ, ils ont ce bagage qu’ils apportent avec eux. Ce sont souvent les élèves ayant accumulé le plus de bagages en nombre d’heures de répétition. »

Comme tous les orchestres de jeunes, l’OJQM doit s’adapter pour rester pertinent pour les jeunes. « Les élèves sont plus polyvalents et ont beaucoup d’intérêts développés. Ils sont plus souvent impliqué·e·s dans des programmes comme les doubles DEC. Ça devient d’autant plus important pour moi de rester en contact avec les choses qui les motivent. »

Malgré les difficultés, certains changements sont positifs : « Depuis la pandémie, les rassemblements en personne ont une valeur ajoutée. Je crois que c’est réel pour les jeunes, qu’ils ressentent du bonheur à jouer des sports d’équipe – l’orchestre, c’est un peu un sport d’équipe, on fait ensemble quelque chose qu’on ne peut pas faire seuls. C’est une joie qui se communique naturellement. »

Le chef envisage l’avenir de l’orchestre avec confiance : « Je sens une vague qui s’en vient, j’ai l’impression que l’avenir est porteur. »

Importance de l’AOJQ et du Festival

Dans une province aussi vaste qu’est le Québec, l’AOJQ joue un rôle fédérateur important : « Ça nous donne une chance, surtout pour nous en région, de sentir qu’on n’est pas tout seuls. C’est toujours un peu difficile de mettre le doigt sur le pouls de ce qui se passe ailleurs. L’AOJQ permet d’échanger entre chef·fe·s, d’entendre comment ça va à Sherbrooke, à Laval ou dans la grande région de Montréal. C’est très pertinent, » insiste James Darling.

« C’est clair que d’avoir le Festival de l’AOJQ, avec l’opportunité de jouer à la Maison symphonique ou au Théâtre Maisonneuve, c’est une grosse « carotte », c’est quelque chose qui informe nos décisions pendant deux ans. On profite beaucoup du Festival de l’AOJQ pour initier nos jeunes aux principes d’une acoustique qui aide leur jeu. Ce qui est limitant en région, c’est le défi de trouver des salles de diffusion adéquates. Les élèves reviennent du Festival avec ce son dans la tête. »

« Je veux lancer des fleurs à Jean MacRae [présidente du conseil d’administration de l’AOJQ] et à son équipe, qui travaillent très fort pour faire valoir cet événement. »

Concert-gala de la 22e édition du Festival de l’AOJQ

Pour cette édition de l’AOJQ, les jeunes des huit orchestres participants sont réunis sous les baguettes des trois chefs invités Andrei Feher, Adam Johnson, et Simon Rivard. L’OJQM fera équipe avec l’Orchestre des jeunes du mont Royal et l’Orchestre des jeunes de Laval-Laurentides pour interpréter le premier mouvement de la Symphonie no 8 de Dvorak, ainsi que la célèbre « Danse des Chevaliers » extraite de Roméo et Juliette de Prokofiev et la Danzón no 2 de Marquez. L’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal et l’Orchestre symphonique des jeunes du West-Island s’attaqueront pour leur part à l’ouverture Le carnaval romain d’Hector Berlioz ainsi qu’à la première des Danses symphoniques de Borodine, tandis que l’Orchestre symphonique des jeunes de la Montérégie, l’Orchestre symphonique des jeunes de Joliette et l’Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke explorent différents types de danse avec la « Danse des comédiens » extraite de l’opéra La fiancée vendue de Smetana, suivie de la Danse macabre et de la Danse bacchanale de Saint-Saens.

Cet événement témoigne de la vitalité artistique de notre relève musicale et de l’engagement soutenu de celles et ceux qui œuvrent à son épanouissement. Il met en lumière l’excellence, la discipline et la passion qui animent nos jeunes musicien·ne·s, tout en favorisant le partage, l’apprentissage et le dépassement de soi. Le festival contribue ainsi de manière significative au rayonnement de la musique orchestrale et à la richesse culturelle de notre société.- Jean MacRae, présidente du conseil d’administration de l’AOJQ

LE 5 AVRIL, 14 H, THÉÂTRE MAISONNEUVE  DÉTAILS ET BILLETS

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Béatrice Cadrin
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