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ENTRETIEN | Tout ce qu'il reste : Ressentir Schubert par la danse

Par Béatrice Cadrin le 23 mars 2026

Les interprètes de Tout ce qu'il reste : Olivier Bergeron, Chloé Dumoulin, Paco Ziel et Diana Leon. (Photo : courtoisie CNA)
Les interprètes de Tout ce qu’il reste : Olivier Bergeron, Chloé Dumoulin, Paco Ziel et Diana Leon. (Photo : courtoisie CNA)

Traduire l’univers de Schubert par la danse? C’est le défi que relèvent les deux danseurs-chorégraphes de la compagnie Vias, Diana León et Paco Ziel, dans Tout ce qu’il reste, présenté les 28 et 29 mars à la Salle Bourgie. Le baryton Olivier Bergeron et la pianiste Chloé Dumoulin sont leurs complices musicaux pour ce concert-spectacle transdisciplinaire qui cherche à amener le public à s’ouvrir au ressenti et à se placer en position d’écoute profonde.

Dès leur première rencontre il y a une douzaine d’années, Diana León et Paco Ziel se sont reconnu une affinité créative. À l’époque, ils dansaient tous les deux pour d’autres compagnies et ressentaient l’impulsion d’explorer leur propre créativité. Le temps d’arrêt imposé par la pandémie a provoqué une réflexion sur leurs objectifs et leur désir de construire quelque chose pouvant évoluer avec le temps, menant à l’incorporation de Vias. En 2024, la jeune compagnie se voit remettre le Prix de la Danse de Montréal dans la catégorie Révélation.

Neuf lieder et un impromptu fournissent la trame sonore de Tout ce qu’il reste, co-production de Danse Danse, la Salle Bourgie, le CNA et le Domaine Forget. Tout le long, les rapports entre les interprètes dansants et les interprètes musicaux sont empreints de fluidité. Dans Der Wanderer, par exemple, Diana León exécute une interprétation dansée de la ligne vocale qui demeure, elle, entièrement absente. Ailleurs, tandis que la pianiste interprète un Impromptu pour piano, le baryton est invité à se joindre aux danseurs.

En entrevue, Diana León et Paco Ziel ont approfondi les motivations derrière leur approche esthétique et ce qu’ils ont trouvé en apprivoisant la musique de Schubert.

LVM : Quelle était votre relation avec la musique de Schubert avant ce projet?

PZ : Nous ne sommes pas des experts en musique classique. Ça a été pour nous un processus de découverte. Nous sommes entrés dans l’univers de Schubert, avons découvert les nuances de sa musique, comment il obtient cette symbiose entre le texte, le piano et la voix.

DL : J’ai déjà pris des leçons de chant et j’ai des notions de base en musique, mais je n’ai pas les outils pour l’analyser outre mesure. Je la ressens d’une façon plus viscérale et instinctive.

LVM : En quoi votre spectacle est-il immersif?

DL : Nous cherchons à explorer des façons d’impliquer le public d’une façon plus directe et plus active. En réfléchissant au silence et à l’étiquette de comportement en concert, nous cherchions des façons d’amplifier l’attitude de réception des membres du public. On leur demande de garder le silence à partir du moment où ils entrent dans la salle, de ne pas consulter leurs téléphones et de se placer dans un état de contemplation. On veut leur offrir un moment d’écoute profonde.

PZ : Avec nos chorégraphies, on veut rapprocher le public du ressenti émotif des lieder, on veut approfondir l’expérience de notre relation à l’art.

 

LVM : Comment le travail avec les interprètes musicaux se déroule-t-il?

PZ : C’est un honneur pour nous de travailler avec Chloé [Dumoulin] et Olivier [Bergeron] : ce sont des artistes merveilleux, très généreux et ouverts à l’expérimentation.

Tous les jours de répétition, ils font une séance de réchauffement physique où nous les préparons à utiliser leur corps et à bouger avec nous sur la scène. Ils ont appris de nouvelles façons de bouger leur corps. Inversement, ils ont été très généreux en nous enseignant les nuances de la musique de Schubert, les différences entre les lieder, les différentes façons dont une même mélodie peut exprimer des états émotifs variés, et des faits historiques.

DL : Notre approche est transdisciplinaire, plutôt qu’interdisciplinaire. Nous aimons penser au-delà des disciplines, sans s’attarder aux étiquettes voulant que nous sommes les danseurs, et eux, les musiciens. Nous portons tous la pièce.

LVM : Que signifie le titre?

PZ : Nous adorons ce titre parce qu’il est ouvert à interprétation. Moi-même, j’y perçois à chaque fois quelque chose de différent. J’adore l’intimité et la complexité émotionnelle de Schubert. Dans le contexte dans lequel nous vivons, où nous sommes surstimulés et constamment soumis à des propositions axées sur l’esthétique du clic rapide, le titre Tout ce qu’il reste se veut un rappel que passé tout ce bruit, il continue d’exister un silence intime émanant de la musique de Schubert.

DL : Je crois que les œuvres d’art les plus puissantes n’ont pas besoin d’explication. Même sans parler l’allemand, je reçois le message des lieder à travers la vibration des accords et de la mélodie. C’est ce qui me fait dire que ce sont comme des flèches qui vont droit au cœur, outrepassant l’esprit rationnel.

PZ : Pour moi, la musique de Schubert est un voyage intérieur si profond qu’il nous mène au centre de notre noirceur intérieure : en y cherchant la lumière, on trouve un espace silencieux radieux qui nous procure un sentiment de chaleur.

La création mondiale de Tout ce qu’il reste a été présentée les 13 et 14 mars au Centre Carleton Dominion-Charlmers d’Ottawa. Les présentations montréalaises ont lieu les 28 et 29 mars à la Salle Bourgie. Il ne reste cependant que peu de places disponibles pour la représentation du 29 mars.

LE 28 MARS, 19 H 30, SALLE BOURGIE  DÉTAILS ET BILLETS

LE 29 MARS, 14 H 30, SALLE BOURGIE  DÉTAILS ET BILLETS 

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Béatrice Cadrin
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