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CRITIQUE | La Création aux GB : un spectacle raffiné combinant avec bonheur danse, musique et peinture

Par Béatrice Cadrin le 27 février 2026

Les Grands Ballets présentaient hier soir la première du ballet La Création, une chorégraphie d’Uwe Scholz sur l’oratorio de Haydn du même nom. Dans la fosse, Dina Gilbert dirige les solistes Andréanne Brisson-Paquin, Philippe Gagné et Clayton Kennedy et l’Orchestre des Grands Ballets, tandis qu’un chœur de 28 personnes est réparti sur les avancées de scène de chaque côté.

Il n’est pas étonnant d’apprendre que le chorégraphe Uwe Scholz (1958-2004) a rêvé un temps de devenir chef d’orchestre avant de se consacrer à la chorégraphie de ballet. Dans sa jeunesse, celui qui était considéré un enfant prodige a appris le piano, le chant, le violon et la guitare, parallèlement au ballet. Il est évident dans ses chorégraphies qu’elles ont été créées par quelqu’un possédant un grand amour de la musique éclairé d’une connaissance intime de ses rouages. L’équilibre entre les deux médiums manifeste un respect du langage de chacun.

À la danse et la musique s’ajoute la valorisation des œuvres de Jean-Paul Riopelle, projetées sur le fond de la scène. Il s’agit de plus qu’un simple moyen d’habiller la scène : les tableaux, dont la sélection et le jumelage soigneux sont l’œuvre du directeur artistique des GN Ivan Cavallari, s’en trouvent magnifiés – et je ne parle pas là de leur dimension agrandie, mais du souffle que leur infuse la chorégraphie, qui laisse aux œuvres visuelles la place de respirer et de rayonner. Même les costumes simples de couleurs pâles contribuent à faire briller d’autant plus les jeux de couleurs des tableaux.

Le langage de Scholz est caractérisé par un mélange de danse classique et contemporaine. La part contemporaine de l’équation reste plutôt convenue, mais apporte une touche de variété. La domination des lignes classiques magnifiquement exploitées crée des tableaux de groupe épurés. Scholz aime beaucoup (beaucoup) les arabesques et attitudes, dont le corps de ballet s’acquitte avec un bel effet. Plusieurs numéros de solistes ont un caractère plus lyrique et sont remplis de développés lents et de positions soutenues exigeantes, exécutées avec aplomb par les danseuses et danseurs solistes, en solo, en duo ou en trio. Plusieurs très beaux portés ont suscité des réactions audibles d’admiration dans la salle.

Éventuellement, l’adéquation extrême entre musique et danse devient un peu lassante : on comprend rapidement qu’une intervention de la soprano soliste au milieu d’un chœur va faire accourir une danseuse des coulisses pour ajouter sa ligne individuelle au groupe en mouvement; l’alternance des lignes vocales dans un duo soprano-ténor s’exprime par la même alternance stricte entre danseuse et danseur sur scène; les mouvements de bras saccadés accompagnant chaque syllabe du Al-le-lu-ia ont un petit côté YMCA des Village People. La Création reste, au-delà de ces moments trop « premier degré », un spectacle d’un grand raffinement visuel.

Du côté de l’exécution musicale, on a cette fois le bonheur de l’entendre avec une amplification adéquate qui n’en déforme pas complètement le résultat (contrairement à dans Blanche Neige et le miroir l’an dernier). Je ne sais pas quelle action a été prise à ce niveau pour changer le résultat ainsi, mais je l’applaudis.

Le trio vocal était formé de trois interprètes rompus aux formules de la musique baroque et classique. Après un début laissant poindre la nervosité, la basse Clayton Kennedy a retrouvé son aplomb en deuxième partie, formant un trio équilibré avec ses collègues la soprano Andréanne Brisson-Paquin et le ténor Philippe Gagné.

Dans l’orchestre, le clarinettiste Jean-François Normand et le flûtiste Jean-Philippe Tanguay se sont particulièrement distingués. Je ne peux en dire autant des violons, qui ont souffert de problèmes récurrents d’intonation et d’homogénéité. Un peu de peaufinage est de mise d’ici aux prochaines représentations.

PROCHAINES REPRÉSENTATIONS : 27 ET 28 FÉVRIER, 20 H, ET LES 28 FÉVRIER ET 1 MARS, 14 H  DÉTAILS ET BILLETS

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Béatrice Cadrin
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