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DOSSIER | Le Conseil québécois de la musique : Prix Opus et au-delà

Par Béatrice Cadrin le 6 février 2026

Prix Opus (Photo : belisle); Dominic Trudel (Photo : Maryse Boyce)

Ce dimanche 8 février, des représentant·e·s de toutes les avenues du monde de la musique de concert se rassembleront à la Salle Bourgie pour le grand gala des prix Opus, également diffusé sur le web. Décernées par le Conseil québécois de la musique (CQM), ces récompenses soulignent chaque année l’excellence de la production musicale québécoise.

Ludwig van Montréal s’est entretenu avec Dominic Trudel, directeur général du CQM, afin d’en savoir plus sur le processus d’attribution des prix et sur les autres activités de l’organisme.

Attribution des prix Opus

Le gala des prix Opus, qui en est cette année à sa 29e édition, vient couronner un minutieux processus d’évaluation constamment révisé et peaufiné afin d’être le plus équitable possible. Le mode d’évaluation varie selon s’il s’agit des catégories de concerts, d’albums et écrits ou des prix spéciaux, tout en maintenant le même souci d’intégrité : le CQM a d’ailleurs fait appel à une mathématicienne de l’Université de Montréal afin de développer des formules rigoureuses et les plus impartiales possibles.

Dans le cas des concerts, le CQM recrute une flotte d’environ 80 juges bénévoles aux compétences musicales établies et leur attribue un certain nombre de concerts dans les catégories correspondant à leur spécialité. Après avoir assisté à chaque concert, les juges consignent leur évaluation dans des fiches en ligne. Les résultats ainsi récoltés sont compilés en appliquant une pondération conçue pour corriger une partialité éventuelle ou les écarts de perception des juges.

L’évaluation des albums et écrits est également confiée à des juges, mais contrairement aux catégories de concerts où ce n’est pas possible pour une seule personne d’assister à tous les concerts d’une même catégorie, les juges des albums et écrits ont le mandat d’évaluer toutes les candidatures dans une catégorie donnée. Les juges responsables d’évaluer les écrits de l’année ont la plus grosse charge, devant s’attaquer à la lecture intégrale de plusieurs publications!

Finalement, l’évaluation des prix spéciaux (par exemple, les prix Inclusion Diversité Montréal ou les prix Impact Québec et Impact Région) se fait par un jury devant rendre un verdict unanime.

L’inscription d’événements et de publications aux prix Opus est volontaire. Au sujet des concerts dans les régions, Dominic Trudel tient à rassurer les producteurs qui hésiteraient à soumettre leurs événements : « Je pense qu’il y en a probablement qui se disent que ça ne sert à rien de se présenter contre les ensembles des grandes villes, comme l’OSM ou l’OSQ, mais les organismes de région qui participent gagnent des prix : Drummondville, par exemple, gagne des prix régulièrement. »

Même après dix ans à la barre du CQM, Dominic Trudel reste animé du même désir de s’améliorer et de représenter fidèlement la richesse des productions en musique de concert au Québec. Il y a quelques années, son équipe a fait l’exercice de tout réimaginer à partir de zéro – « Supposons qu’on mette tout à terre : si on ne faisait plus de gala, qu’est-ce qu’on ferait? » – , pour conclure que le gala et la répartition des catégories selon des critères esthétiques (par opposition à des critères de taille des ensembles ou des critères de chiffres de vente) restaient les choix les plus pertinents, tout en procédant à quelques améliorations : l’ajout de la base de données numérique a apporté une plus grande rigueur, tandis que certaines catégories ont été reformulées ou ajoutées.

Au fil des années, une augmentation notable de l’offre a permis de séparer la musique jazz des musiques du monde, autrefois combinées. De plus, la catégorie Musiques du monde a été remodelée encore plus en y retirant la musique trad québécoise, qui s’est vue accordé sa propre catégorie, le but étant d’accorder une meilleure reconnaissance aux musiques d’autres provenances.

Le Conseil québécois de la musique

Au-delà des prix Opus, le CQM a deux autres champs d’intervention : la promotion des tournées avec le service Circulation de la musique et la présentation d’une programmation de formation continue, dorénavant offerte en association avec la Guilde des musiciennes et musiciens du Québec (GMMQ). Cela fait du CQM tout à la fois un regroupement national, tel que reconnu par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), et un organisme de service. Ce deuxième statut tarde cependant à lui être accordé par le CALQ, alors que la musique est la seule discipline où ces deux fonctions sont cumulées par un même organisme. En danse, par exemple, le Regroupement québécois de la danse peut s’en remettre à La Danse sur les routes pour promouvoir les spectacles de danse auprès des promoteurs; idem pour le théâtre, où Les Voyagements prend en charge cette fonction, et non le Conseil québécois du théâtre.

Si sa passion est intacte, Dominic Trudel ne cache pas une certaine lassitude de toujours recommencer les mêmes négociations auprès des gouvernements changeants. Heureusement, le Front commun pour les arts, dont le CQM est un membre fondateur, a remporté l’an dernier une grande victoire en soutirant à la CAQ une augmentation des fonds accordés au CALQ. Sa plus récente intervention sur la place publique a été la publication le 29 janvier d’une lettre ouverte dénonçant le recul de l’enseignement de la musique à l’école. Portée par la présidente du CQM, Caroline Louis, la lettre est également cosignée par les directions des principaux orchestres symphoniques de la province et de la GMMQ, ainsi que des représentant·e·s de l’École de musique Schulich et de l’UQAM.

Dominic Trudel est bien placé pour savoir que la réalité des mondes artistiques et les modes de consommation changent. « Tout le monde nous dit qu’ils ont de la misère à arriver et cherchent comment s’adapter à ces nouvelles réalités, » expose-t-il. « On travaille avec une équipe de chercheurs·euses, pour avoir des études qui nous donneront des données probantes. Présentement, on fait circuler un sondage sur le bien-être des musicien·ne·s. »

Le CQM planche actuellement sur un grand projet, l’organisation d’États généraux de la musique. « C’est un gros contrat qu’on s’est donné. La question est large, et on essaie de la structurer, » avoue Dominic Trudel. « On veut dresser un portrait de ce qui est en train de se produire et réfléchir à comment on peut redonner de la valeur à la musique de concert pour qu’elle continue d’être vivante. »

En attendant plus de détails sur cette grande consultation, les mélomanes de partout pourront applaudir les artistes qui leur procurent des moments d’émotion et d’émerveillement, soit en se rendant en personne à la Salle Bourgie, soit en écoutant la transmission web du gala accessible à partir de la page Facebook du CQM.

LE 8 FÉVRIER, 15 H, SALLE BOURGIE ET SUR LE WEB  DÉTAILS ET BILLETS

Béatrice Cadrin
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