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ENTREVUE | Daniel Bartholomew-Poyser et Obiora déconstruisent le classicisme dans Amber

Par Béatrice Cadrin le 30 janvier 2026

Il y a deux ans, nous nous étions entretenus avec le chef Daniel Bartholomew-Poyser à l’occasion de son premier concert avec l’Ensemble Obiora. Depuis, sa carrière a continué à se développer à la vitesse Grand V, autant dans le répertoire établi qu’en nouvelle musique. Il poursuit ses engagements d’ambassadeur communautaire auprès du Toronto Symphony Orchestra, au Centre national des arts et au San Francisco Symphony, rapportant fièrement les initiatives mises en place pour rejoindre de nouveaux publics. Il porte aussi fièrement le titre de chef invité principal de l’Ensemble Obiora, preuve de la solidité du rapport qui a été établi dès leur première collaboration.

Bartholomew-Poyser est de retour à Montréal cette semaine pour répéter avec Obiora le programme du concert Amber, qu’ils présenteront samedi soir à la salle Pierre-Mercure. Nous nous sommes entretenu avec lui alors qu’il arrivait tout juste à Montréal en provenance de Londres, où il avait travaillé avec les étudiant·e·s du Royal College of Music.

Après un peu de bavardage au sujet de la température et de la beauté du silence qui s’installe quand la ville est couverte d’un « océan de blanc », Bartholomew-Poyser ne se fait pas prier pour se lancer dans une description enthousiaste de son travail sur la création au programme, celle d’une œuvre pour alto et orchestre intitulée Then the sky was amber. Dans cette œuvre, le compositeur Saman Shahi s’inspire des étapes de l’évolution d’une tornade, de la rotation et l’aspiration à la destruction qu’elle laisse derrière elle. Il a même consulté l’équipe du Northern Tornadoes Project de la Western University.

Daniel Bartholomew-Poyser est admiratif de la façon dont le compositeur a donné vie à son idée : « L’écriture est vraiment méticuleuse, avec une attention exquise au détail. Il utilise les cuivres et les bois de façon réfléchie. L’alto soliste est l’observateur qui ressent l’impact de la tornade, et l’orchestre est la tornade. Le titre fait référence à la couleur que prend le ciel après une tornade, ce moment de réflexion, ou d’évaluation, qui fait partie de l’expérience. »

Admiratif, il l’est aussi envers les musicien·ne·s d’Obiora, dont il vante le haut niveau et la motivation à donner vie à la vision du compositeur ou de la compositrice à travers tous les détails d’équilibre, de nuances, etc. Il apprécie le généreux temps de répétition alloué pour tout mettre en place et se réjouit de collaborer pour la première fois avec l’altiste canadienne réputée Sharon Wei.

À première vue, le programme est un assemblage surprenant et éclectique : la création de Shahi est entourée d’œuvres de Jacques Ibert, Igor Stravinsky, Caroline Shaw et de la Première symphonie de Haydn. Bartholomew-Poyser révèle le fil rouge qui sous-tend ces choix : « Ce sont toutes des pièces qui évoquent une vision du classicisme. On commence au tout début, avec la première symphonie du père du classicisme, Haydn, on évoque des souvenirs du classicisme avec Pulcinella, puis on a un classicisme en dissolution avec Entr’acte, qui dissout les dissonances d’une façon théâtrale et provocative. » Et le Quintette à vent de Jacques Ibert? -« Oh, ça, c’est un petit rafraîchissement épicé! Je voulais inclure quelque chose qui permette aux vents de faire les fanfarons! » … ce qui est quand même approprié juste avant de se lancer dans une dépiction musicale d’une tornade!

Est-ce vraiment pertinent de remonter jusqu’à la toute première symphonie de Haydn? « De l’or, c’est de l’or! Ce qu’on aime de Haydn est déjà là : l’humour, l’inégalité des phrases, les parcours particuliers qu’il emprunte. Cela va vous faire aimer Haydn encore plus! »

Pour attraper Daniel Bartholomew-Poyser avant qu’il ne reparte en coup de vent sur l’aile d’une tornade, rendez-vous à la salle Pierre-Mercure samedi soir!

LE 31 JANVIER, 19 H 30, SALLE PIERRE-MERCURE  DÉTAILS ET BILLETS 

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Béatrice Cadrin
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