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CRITIQUE | L'insoutenable légèreté de la musique baroque italienne

Par Béatrice Cadrin le 12 janvier 2026

Pallade Musica : Vincent Lauzer, Tanya LaPerrière et Antoine Malette-Chénier. (Photo : Béatrice Cadrin)

Le concert de Pallade Musica présenté hier après-midi a été un moment de délectation et de bonheur. Le somptueux salon de la maison Louis-Joseph-Forget formait un écrin de format parfait pour une musique intime dans sa présentation, mais vive et emportée dans son expression.

Le succès de cette prestation repose principalement sur la communion d’esprit des interprètes Vincent Lauzer (flûtes à bec soprano, alto et ténor), Tanya LaPerrière (violon baroque) et Antoine Malette-Chénier (harpe triple et petite harpe). Les partitions de musique du début de la période baroque italienne sont en quelque sorte des esquisses dénudées sur lesquelles les interprètes sont invités à broder : Lauzer, LaPerrière et Malette-Chénier se prêtent au jeu avec un plaisir évident et une grande aisance, s’inspirant les uns les autres et gardant l’auditoire sur le qui-vive par leurs multiples envolées, rythmes enjoués et autres agrémens.

Avec sa résonance plus soutenue, la harpe constitue une alternative intéressante au théorbe ou au clavecin dans une fonction de continuo. De plus, les trois rangées parallèles de cordes de la harpe triple jouée par Antoine Malette-Chénier permettent d’accorder par exemple une corde sur sol dièse et et une autre sur la bémol, par exemple, offrant ainsi la possibilité d’obtenir des tierces pures. Les accords ainsi formés « scintillent » d’une façon inaccessible dans le cadre du tempérament égal.

Malette-Chénier a également joué sur une petite harpe dotée de harpions, des crochets dans le bas de l’instrument sur lesquels sont accrochées les cordes ajoutant une qualité métallique et nasillarde au son, comparable  – quoique moins forte – à la trompette de la vielle à roue.

Les œuvres de Castello, Rossi, Bassano, Taegio, Legrenzi, Trabaci, Rogniono et Fontana, ainsi qu’une courte Sarabande sur le thème DoMiSiLaDoRé composée pour le concours des Jeunesses musicales Canada durant la pandémie par Malette-Chénier ont offert à la cinquantaine d’auditeurs et auditrices une oasis de légèreté et de luminosité bienvenue par ces temps où ces qualités sont rares. Il n’a pas été nécessaire d’attendre la distribution des vins italiens offerts après le concert pour observer l’apparition de sourires détendus chez les membres du public : le transport de la musique et la maîtrise de son exécution avaient déjà accompli ce but.

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Béatrice Cadrin
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