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CRITIQUE | GB : Magnifique fin de saison avec Le Lac

Le Lac est présenté aux Grands Ballets canadiens jusqu'au 7 juin. (Photo : Sasha Onyshchenko)
Le Lac est présenté aux Grands Ballets canadiens jusqu’au 7 juin. (Photo : Sasha Onyshchenko)

par Mireille Cadrin

Les Grands Ballets clôturent leur saison en présentant une toute nouvelle création de leur directeur artistique, Ivan Cavallari, intitulée Le Lac. LVM a assisté à la première afin de vous partager son opinion sur ce spectacle et vous donner le goût d’assister aux prochaines représentations qui auront lieu les 29 et 30 mai, ainsi que les 4, 5, 6 et 7 juin.

De prime abord, le synopsis du ballet Le Lac ne nous avait pas impressionnée. Annoncée comme étant une version revisitée du célèbre ballet classique Le Lac des cygnes, cette création troque le royaume pour un studio de tournage de publicités pour deux parfums, Vertige noir et Cygne blanc. Voulant sortir des sentiers battus et faire quelque chose de nouveau, Ivan Cavallari est pourtant tombé dans une façon clichée de transformer de l’ancien en nouveau, soit changer le lieu d’origine pour un endroit urbain, moderne et glamour, et en racontant la rivalité entre deux protagonistes, deux femmes séduites par le même homme qui plus est. Nous nous présentions donc à la première avec une certaine réticence face à cet aspect.

Le premier acte s’est avéré correspondre à notre compréhension du synopsis, le récit versant dans le stéréotype et la facilité. Cela dit, la danse comme telle était bien réussie, mis à part le manque de synchronisme habituel du corps de ballet des Grands Ballets dès le numéro d’ouverture. Quoique le style soit clairement du ballet et non de la danse contemporaine, Ivan Cavallari a intégré de façon généralement réussie des mouvements originaux, démontrant une recherche créative intéressante. Les lignes traditionnelles côtoient de façon fluide les pas inédits, créant un tout harmonieux et gracieux. Quelques moments marquants ont volé la vedette de cette première partie : la participation impeccable de jeunes danseurs·euses dans le rôle d’élèves d’une école de ballet, l’École Impériale, ainsi que la réussite de 26 tours fouettés de la part d’Anaïs Roy dans le rôle d’Odile. Pour les moins féru·e·s de la danse, ce mouvement est considéré comme étant le plus difficile à exécuter, le but ultime de la ballerine étant de pouvoir réussir 32 tours, ce que nous n’avons jamais vu dans les représentations des Grands Ballets auxquelles nous avons assisté. 26 tours est donc un nombre très respectable!

Le deuxième acte est absolument brillant. L’histoire, qui ne nous avait pas particulièrement séduit en première partie, dépasse cette fois nos attentes. Il faut cependant avoir lu le synopsis du programme pour bien suivre. Vous apprécierez avoir pris deux minutes pour le faire pendant l’entracte puisque l’aspect créatif du chorégraphe n’en ressort que davantage lorsqu’on en comprend toutes les images et les métaphores. On y voit Odette, jouée par Rachele Buriassi le 28 mai, se faire modeler afin qu’elle corresponde exactement à ce que les designers ont en tête, la forçant ainsi à effacer sa propre personnalité, à rentrer dans un moule vide, sans vie. Elle devient un objet que les designers sculptent selon leur vision plutôt qu’un être humain à part entière. Le jeu d’acteur et d’actrice autant des designers que de Rachele Buriassi est de toute beauté et complète magistralement la chorégraphie imaginée par leur directeur artistique. Chapeau particulièrement à James Lyttle, l’un des designers, qui a saisi parfaitement son rôle et qui le rend à merveille. Cette deuxième partie inclut aussi un clin d’œil à la chorégraphie originale de Marius Petipa et Lev Ivanov, alors qu’Ivan Cavallari a conservé, au grand plaisir du public, le pas de quatre emblématique du Lac des cygnes.

 

Le célèbre Pas de quatre du Lac des cygnes, conservé dans la version Le Lac d’Ivan Cavalleri présentée aux Grands Ballets canadiens. (Photo : sasha Onyshchenko)

Du point de vue mise en scène, notons l’utilisation de rideaux entourant la scène qui, oui, servent de coulisses, mais d’une façon originale leur donnant également le rôle de décor. L’apparition d’un abri d’autobus dans le premier acte, qui revient au deuxième acte d’une façon plus imagée, fait sourire tout en étant efficace scénographiquement parlant. Cependant, l’aspect scénique qui nous a le plus plu est les écrans dans lesquels on voit Odette se faire transformer, tel·lle un·e photographe de mode utiliserait Photoshop pour modifier l’apparence d’un·e mannequin.

Sur le plan musical, l’Orchestre des Grands Ballets, sous la direction de Dina Gilbert, a eu quelques accrocs, mais nous préférons tout de même la musique vivante, incluant ces accrocs, à un enregistrement. Ivan Cavallari utilise généralement bien la musique de Tchaïkovski dans sa création, les temps forts musicaux étant la plupart du temps accompagnés de mouvements correspondant à la même énergie. Il y a quelques moments où la chorégraphie ne nous a pas semblé exploiter le potentiel de la musique autant qu’elle aurait pu l’être, mais on peut tout de même qualifier cet aspect de réussite.

C’est définitivement avec enthousiasme que nous vous recommandons d’assister à l’une des prochaines représentations de Le Lac. Les Grands Ballets mériteront certainement leur repos suite à cette magnifique fin de saison! Nous avons déjà hâte à la saison 2026-2027 qui s’annonce prometteuse vu les ballets à l’affiche!

LE 30 MAI, 20 H, DU 4 AU 6 JUIN, 20 H, ET LES 6 ET 7 JUIN, 14 H, SALLE WILFRID-PELLETIER  DÉTAILS ET BILLETS

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