
Mercredi soir, pendant qu’une foule survoltée vêtue de rouge convergeait vers la place extérieure du Centre Bell, un public animé de passions aussi intenses, mais dépourvu de jerseys, s’assemblait à la Salle Bourgie pour assister au dévoilement de la programmation 2026-2027. Après une nouvelle saison exceptionnelle en 2025-2026, l’équipe de la Salle, dirigée par Caroline Louis à la direction générale et par Olivier Godin à la direction artistique, mise sur le lien de confiance qu’elle a forgé avec son public et invite celui-ci à se « laisser surprendre ».
Toutes les grandes séries (il ne s’agit pas ici de séries éliminatoires!) sont de retour, dont Pianistes d’exception, Musique de chambre, Cordes à l’honneur, Récital vocal, Guitare et luth, Musique contemporaine, Musique d’ici et d’ailleurs, et celles accueillant les Violons du Roy et les Musicien·ne·s de l’OSM. L’importante série consacrée à l’intégrale des lieder de Schubert se poursuit pour la troisième année, ayant toujours comme objectif de culminer en 2028 à l’occasion du 200e anniversaire de son décès. La série consacrée aux musiques ancienne et baroque a pris de l’ampleur pour atteindre 14 concerts. La série Jazz, récemment offerte uniquement en formule 5 à 7, ajoute en 2026-2027 trois rendez-vous en soirée, tandis que les matinaux préféreront les cinq Matinées présentées à 11 h, offrant une programmation allant de Bach et Schubert à Rachmaninov et Kurtag.
À ces séries régulières s’ajoutent trois festivals rendant hommage à trois géants de la musique : Philip Glass, toujours prolifique à 90 ans; Pierre Mercure, remarquable pionnier de la musique et de la télévision québécoises qui aurait eu 100 ans; et l’omniprésent Beethoven, dont le 200e anniversaire de décès en 2027 pourra servir à rétablir la balance cosmique des célébrations annulées de son 250e anniversaire en 2020.
De la musique ancienne et baroque pour encadrer la saison
La saison sera lancée par un groupe de musique ancienne venu de Suisse, le Concerto di Margherita. Sous le titre L’Amour aveugle, les cinq instrumentistes-chanteurs·euses exploreront en musique les méandres et les trahisons de l’amour.
Le point final de la saison sera posé par le réputé Concerto Italiano, avec Rinaldo Alessandrini au clavecin et à la direction, avec un programme de transcriptions d’œuvres pour clavier de J. S. Bach.
Série Schubert
Après le récital du baryton Konstantin Krimmel avec le pianiste Ammiel Bushakevitz, ainsi que celui du grand spécialiste du lied Christian Immler, donné avec le pianiste Francis Perron, je me réjouis que l’Intégrale Schubert fasse une place à l’expressive mezzo-soprano Mireille Lebel, qui sera associée aux pianistes Jean Marchand et Olivier Godin pour un programme combinant Schubert et Reger. La série se poursuivra avec Thomas Dolié, accompagné d’Olivier Godin, et avec Marianne Lambert, accompagnée de Jeff Cohen, avant de culminer avec une originale Schubertiade moderne imaginée par Xavier Brossard-Ménard et l’ensemble vocal Les Rugissants, en compagnie des solistes Jacqueline Woodley et Patricia Yates, ainsi que de Francis Perron au piano.
À ne pas manquer : Gilles Vigneault mis en musique par Simon Leclerc
Une nouvelle collaboration avec le Festival international de la littérature (FIL) donnera lieu le 3 octobre à un événement unique et précieux, alors que la Salle Bourgie accueillera Gilles Vigneault. Des écrits du vénérable poète, dont certains inédits, seront mis en valeur dans un cycle de lieder pour voix et piano composé par Simon Leclerc et confié aux talents d’interprètes du baryton Hugo Laporte et du pianiste Olivier Godin. Cette rencontre musicale a le potentiel d’être aussi mythique que l’extraordinaire soirée offerte par Alanis Obomsawin et Jeremy Dutcher en janvier dernier.
Ce projet s’est trouvé facilité par l’amitié liant la directrice générale et artistique du FIL Michelle Corbeil et Gilles Vigneault. Sur un ton qui réflétait l’émoi vécu, Olivier Godin a relaté au public le privilège qu’a eu la petite équipe composée de Michelle Corbeil, de Simon Leclerc et de lui-même d’être reçue dans l’atelier de Gilles Vigneault et de l’entendre leur faire la lecture de ses plus récents poèmes.
Visites exceptionnelles
Au chapitre des visites exceptionnelles, le compositeur britannique George Benjamin sera présent en personne pour prendre part à la création canadienne de sa pièce pour piano quatre mains Divisions, qu’il interprètera aux côtés de Pierre-Laurent Aimard. Ce dernier poursuivra avec deux autres pièces du compositeur ainsi que des œuvres de Mozart, de Beethoven et de Ravel.
Le Festival Philip Glass offre l’occasion d’accueillir deux collaborateurs étroits du compositeur américain, le Quatuor Kronos dans un programme mêlant quatuors emblématiques, arrangements inédits et pièces écrites spécialement pour l’ensemble, et le contreténor Anthony Roth Constanzo, qui, accompagné du pianiste Bryan Wagorn, chantera une sélection d’extraits d’opéras et de cycles vocaux du compositeur. La programmation du festival est complétée par des prestations d’Élisabeth Pion et des Violons du Roy sous la baguette de Thomas Le Duc-Moreau et des pianistes Louise Bessette, Janelle Fung, Olivier Godin, David Jalbert et Brigitte Poulin, qui se partageront l’intégrale des Vingt études pour piano.
Trio Thibaudet-Batiashvili-Capuçon
La Salle Bourgie s’enorgueillit d’accueillir en exclusivité le trio formé du pianiste Jean-Yves Thibaudet, de la violoniste Lisa Batiashvili et du violoncelliste Gautier Capuçon, trois interprètes menant des carrières internationales de haut niveau. Ils interpréteront des trios avec piano de Chostakovitch, Debussy et Dvorak. Ce concert, déjà offert en pré-vente, suscite un vif intérêt : il est préférable de ne pas trop tarder à se procurer des billets!
Festival Pierre Mercure
Le Festival/Nouvelles Musiques et la Société de musique contemporaine du Québec s’associent à la Salle Bourgie pour célébrer le centenaire de naissance de Pierre Mercure. Malgré une vie dramatiquement écourtée par un accident d’auto, le compositeur et réalisateur a laissé une influence durable sur la vie musicale québécoise. Le 19 février, le Nouvel Ensemble moderne et des interprètes invité·e·s feront entendre une sélection des compositions musicales de Mercure, précédée d’une conférence explorant ses créations au fil des différentes étapes de sa carrière. Le lendemain, c’est son travail à l’écran qui est mis de l’avant, avec la projection au Cinéma du Musée de deux émissions de L’heure du concert, auxquelles Mercure a contribué à différents titres, ainsi que du court-métrage La forme des choses, pour lequel il a composé la musique.
Le troisième et dernier soir donnera une occasion unique d’entendre les œuvres électroacoustiques de Mercure Incandescence et Manipulations, ensuite de quoi le quatuor d’improvisation Theresa Transistor se lancera dans un remix à partir d’archives sonores, de fragments et d’extraits d’œuvres du compositeur.
Prestations musicales
Trois prestations musicales ont agrémenté la présentation de la nouvelle saison lors de l’événement de mercredi. La soprano Anna-Sophie Neher et la claveciniste Mélisande McNabney ont fait découvrir au public un extrait de la cantate profane Il Delirio amoroso de Handel, qu’elles intepréteront au complet avec leurs collègues du groupe Les Ondes le 28 février prochain. Plus tard, les membres du Masmoudi Quartette sont venus présenter un extait de leur spectacle Vibrations universelles, prévu le 6 novembre, et la présentation s’est clôt par la pièce Birdsong de Paul Motlan interprétée par le trio BR3, en anticipation de leur spectacle Hommage à Paul Motlan présenté le 6 mai.
Abonnements et billets
La billetterie est ouverte dès maintenant. Des rabais croissants sont offerts à l’achat de trois, cinq et sept concerts tandis que les billets individuels sont offerts en trois niveaux de prix, régulier, membre du Musée et 34 ans et moins.
L’ensemble de l’offre de concerts de la saison peut être exploré ici.